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CENTENAIRE DE LA GRANDE GUERRE 1914 - 1918
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1917 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
1918 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre

Avril 1915 : Le contenu de cette page aurait également pu prendre place dans l'album de l'un des oncles survivants à cette date puisqu'elle contient essentiellement des correspondances entre frères et sœurs :

Une permission, même de courte durée, qui la refuserait ? 

1915_04_permission_site_papy_louis

André dans la Somme

Extraits des Journaux de Marches et Opérations (JMO ) qui précisent les noms de ces villages.

Voir aussi les photos sur  mois précédent et plus encore sur l'album photos spécifique)

Nous n'en sommes qu'au 9 ème mois de guerre,

il y en aura 51 mois au total ! 


1915_04_JMO_64RI_Mem_des_H

et pourtant, les Journaux de Marches et Opérations (JMO ) décrivent banalement, de façon répétitive les journées comme :

"journée calme" ou "même situation" 

avec en observations  

"quelques obus sur tout le secteur", 

ou 

"canonnade intense sur tout le secteur" !

comme si la pluie d'obus était devenue normale ....

1915_04_JMO_64RI_Mem_des_H

René :

Il continue d'inscrire sur son petit carnet tout ce qu'il fait et ce qu'il voit. En voici quelques extraits et je vous invite à découvrir ces notes : que de détails sur la vie dans les villages et les quartiers des villes traversés nous sont livrés. Ce que l'on a du mal à savoir c'est la ou les raisons de ces précisions : laisser une trace s'il ne revient pas, son étonnement, lui qui n'avait pratiquement jamais voyagé, à l'exception des manœuvres militaires pendant ses "périodes", tromper l'ennui ? Sans doute un peu de tout cela. 

Il découvre que son lieu d'arrivée est à proximité de la capitale pour, dans un premier temps, monter des gardes. Néanmoins, le moindre espace temps, il l'emploie à découvrir les alentours.

1915_04_notes_Rene_site_papy_louis

Dans les archives, il y avait également ce verso de lettre avec des nom et des affectations. Deux possibilités : comme il a également fait de l'accompagnement de blessés,il s'agit peut-être d'une liste au cas où ou bien, comme quand plus tard Papy-Louis est parti pour l'Angleterre et le Maroc en 1940, des noms échangés avant une mission périlleuse pour éventuellement prévenir les familles .
Une coïncidence, un nom figure ici et c'est celui qu'un habitant d'un village voisin d'Angers en 1914 et pour lequel l'Oncle André a participé à l'enterrement et a pris une photo de la tombe. Le petit neveu de ce poilu avait été content de retrouver, grâce au site, la photo de la tombe de son grand-oncle !

1915_04_Notes_site_papy_louis

Désiré :
Il est toujours dans la région à 20 km au sud de Metz
et le conon est toujours la musique habituelle ...

(extrait du JMO Mémoire des Hommes)
1915_04_JMO_extrait

Correspondances de famille :



Dans ce premier courrier du
6 Avril 1915

Désiré écrit à son frère René en précisant, comme ils le font tous, qu'ils sont contents d'avoir eu des nouvelles et s'empressent d'y répondre.


Il ne veut pas trop l'inquiéter mais comme lui connaît le "métier" depuis 9 mois, il reconnaît bien le signe d'une autre affectation que simplement locale, donc d'un départ probable.



Et puis c'est l'énumération des connaissances, camarades qui sont tués ou blessés ...



Enfin, il évoque lui aussi la mobilisation prochaine de la classe 1916  (à ce moment 19 ans)
1915_04_06_courrier_site_papy_louis
1915_04_09_courrier_site_papy_louis 9 Avril 1915 La mère de Papy-Louis à sa belle-sœur :

Les nouvelles  ne sont pas réjouissantes... Il fallait s'en douter depuis que sa mère parlait du froid et des difficulté pour le petit Louis de parcourir les 10 km aller-retour pour se rendre à l'école, le voilà malade et cela semble sérieux.

Au début, le médecin croit à une rougeole mais il diagnostique ensuite une pneumonie ....

Evidemment, les médicaments ne sont pas ceux d'aujourd'hui et en particulier l'absence antibiotiques mais ressemble plus à ceux du XVII ou XVIIIème siècle !!! Voyez par vous-mêmes :

Extrait de REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE, XXXII, N° 265, JUIN 1985.
et merci au site https://www.persee.fr/doc/pharm qui publie cet extrait :
Dans cet ouvrage, on lit à la rubrique « Vésicatoires » : « Avoir soin de bien nettoyer la place où l'on veut l'appliquer, le serrer sur la peau, l'y fixer au moyen de sparadrap et retenir le tout au moyen d'une serviette. Un vésicatoire a produit son effet quand, en le soulevant, on aperçoit une ou plusieurs grosses cloques. Dans ce cas, on soulève le vésicatoire, on perce la cloque pour permettre au liquide qui s'y trouve de s'écouler et on fait un pansement, soit au cérat, soit à sec. Il faut de dix à douze heures pour obtenir l'effet ci-dessus indiqué ».
le vésicatoire est employé, soit sous forme d'emplâtre, soit sous forme de sparadrap vésicatoire. L'emplâtre vésicatoire est formé de poudre de cantharides incorporée à des matières résineuses. Le sparadrap vésicatoire est ce même emplâtre étalé sur l'envers d'une toile cirée. Le mode d'emploi est sensiblement le même que celui donné précédemment, avec cependant une précision supplémentaire : « il est possible d'entretenir la suppuration en remplaçant la vaseline par une pommade épispastique » (irritante).
Les vésicatoires énumérés sont :
— celui de Trousseau, formé d'extrait éthéré de cantharides étalé sur une rondelle de papier ;
— le vésicatoire dit magistral : fait de pâte de poudre de cantharides mêlée à de la farine et à du vinaigre ;
— le vésicatoire ammoniacal de Darck (ou vésicatoire au verre de montre), constitué d'un disque d'étoffe humecté avec de l'ammoniaque, puis recouvert d'un verre de montre ou d'une pièce de monnaie empêchant la volatilisation de l'ammoniaque ;
— enfin, les fameuses Mouches de Milan : « On se sert beaucoup en Italie et dans le midi de la France de la composition emplastique suivante : résine élémi, styrax liquide, cire jaune, camphre et cantharides en poudre fine. La dimension des écussons varie de 25 à 40 mm... C'est le plus souvent sur du taffetas noir ou vert qu'on prépare les mouches de Milan... Elles sont employées comme dérivatifs contre les fluxions, les douleurs de tête, les maux d'yeux, les rhumatismes. On place sur l'endroit désigné une ou plusieurs mouches que l'on recouvre d'une compresse... Elles se détachent d'elles- mêmes ».
Dorvault qualifie aussi les vésicatoires d'« exutoires, agents précieux de révulsion dont on fait un fréquent usage ».
Ils étaient aussi utilisés dans l'armée. Dans le Formulaire pharmaceutique à l'usage des hôpitaux militaires de la République française de l'An II (1794)

La mère de Papy-Louis à son beau-frère René
Le 11 Avril 1915

Elle expose au mari maintenant, les problèmes de santé du petit Louis, les souffrances qu'il endure ....

Que c'est dur d'être impuissant devant la souffrance d'un enfant et qui plus est qui réclame son père qui vient de mourir !






Le manque nouvelles de la part d'André ajoute de l'angoisse à l'inquiétude omniprésente. 


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Puis le 13 Avril,  Désiré écrit à sa belle sœur (femme de René)


Evidemment le sujet principal est la maladie du petit Louis qui pèse encore plus sur les épaules de sa mère souffrante .


André serait redevenu un adepte du service vélocipédique !

La mère de Papy-Louis récupère la montre de son défunt mari . Pourquoi n'était-elle pas dans les effets personnel transmis précédemment ??  Peut-être que tout ce qui était assimilable à de l'argent était suivi différemment puisqu'elle recevra les trois sous qu'il avait en poche encore plus tard ...



Les travaux à l'exploitation sont forcément faits à minima car les femmes ne peuvent pas tout faire !



La Typhoïde : 4ème vaccination !! Et apparemment des effets secondaires !







Incroyable malgré tout cela, l'espoir qui fait vivre ou survivre.
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Le 16 Avril 1915 La mère de Papy-Louis donne des nouvelles du petit Louis à sa marraine.

Les soins (toujours les mêmes ) sont très douloureux (on s'en doute un peu à la lecture de l'article scientifique ci-dessus)

La pauvre femme qui pense en permanence à son mari décédé et qui a l'impression de perdre son enfant et en plus le fait souffrir pour le soigner....








Les nouvelles des uns et des autres sont aussitôt transmises, c'est aussi la raison de leurs courriers rapprochés, éviter une perte d'information.







1915_04_21_courrier_site_papy_louis

Ouf, le 21 Avril 1915 La mère de Papy-Louis donne enfin des nouvelles optimistes à sa belle sœur. Il va mieux et est en voie de guérison.

Le petit Louis va commencer à se lever.

Bien sûr, il faut remettre tout cela dans le contexte, le chauffage c'est le poêle et encore il aura peut-être été allumé dans la chambre pour la circonstance car toute la maison n'était pas chauffée de jour et de nuit et le chauffage central n'existait pas !





Dans la journée, La mère de Papy-Louis aide à l'exploitation qui se trouve à côté de sa propre maison à 5 km et c'est en s'y rendant qu'elle a apparemment eu un problème avec le cheval : une congestion... Comme quoi cela ne touche pas que les humains !

Le hongreur, c'est celui qui louera une petit maison au bourg pour que l'école ne soit pas trop loin, juste après la guerre.


Elle a dû mal comprendre car André n'était pas photographe pour l'armée et ne faisait que les quelques clichés qui sont à la page spécifique uniquement pour lui. Ou alors, il ne voulait pas dire ce qu'il traversait afin de ne pas inquiéter la famille. Ils faisaient souvent cela et on voulait bien croire même si l'inquiétude était toujours de mise...
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Le 23 Avril 1915, Désiré apprend que son frère aîné René rejoint la capitale pour un nouveau " travail ".


Il avait eu des nouvelles par le bouche à oreille de camarade en camarade!



Pour une fois un mot lui échappe et il dit "tu pourrais quitter ton secteur pour un plus vilain" . C'est assez rare qu'il donne dans le pessimisme.






Tout le monde se préoccupe de la santé de Louis évidemment.






On apprend que Désiré est en "forêt" . Dans une autre lettre, de la mère de Papy-Louis elle dit même dans des souterrains. Sans doute des Sapes ou Gourbis.
1915_04_25_courrier_site_papy_louis

25 Avril 1915
Louis va enfin mieux et va bientôt "mettre le nez dehors".
L'alerte aura été sévère.

Elle réclame du courrier pour rompre la solitude.


Voilà les nouvelles du "souterrain" sont dans ce courrier.

On voit bien à travers ces lignes que le moral est sur le fil et qu'ils ont vraiment besoin de ces liens.








Elle va retourner dans sa maison à 5 km du bourg (et Papy-Louis reprendra le chemin de l'école à pieds ... heureusement que la saison froide va se terminer)
En effet, pendant la maladie du petit Louis, elle habitait chez ses parents à  la maison du bourg qui avait été achetée par le grand-père de Papy-Louis pour y exercer son travail de pépiniériste sans crainte des inondations (voir le chapitre correspondant )


Elle dit avoir reçu les quelques francs que Louis père avait sur lui lors de son décès. Ce devait donc ête une procédure spéciale. ....          
1915_04_28_courrier_site_papy_louis Le mois se termine avec une lettre de Désiré, le cadet à René, l'aîné.

Il parle essentiellement de la nouvelle affectation de son frère et espère qu'il ne sera pas plus près du front mais dans la capitale et ses environs il y a des risques quand même, nous le verrons dans les chapitres suivants.


Le manque de nouvelles est toujours évoqué dès que quelques jours se passent, ils pensent tous et toujours au pire !





Il sera donc resté au moins 15 jours dans ces bois .... préparer un assaut, surprendre l'ennemi ? creuser pour mettre des charges sous les tranchées d'en face ? Aucune précision.



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