1914   -  Pupille de la Nation   - 1918

RETOUR PAGE PUPILLE DE LA NATION

RETOUR AU SOMMAIRE DU SITE     France   RETOUR AU PLAN DU SITE

- Album Mon Oncle Désiré -
précédente                            RETOUR PAGE ALBUM ONCLE DESIRE                        suivante

1917 - Août   :  Courrier de famille, Extraits du JMO17 (journal des marches et opérations), nouvelles du monde,  
                          les premières conséquences du gaz moutarde.   

Nouvelle_bataille_Verdun_1917_Gaz_moutarde_Ph_Illustration  

COURRIERS :
1917_08_extraits_courriers_Site_de Papy_Louis

Mazé le 5 Août 1917



Ma chère soeur,



_____
...
Nous avons eu de 
l'eau en quantité.
_________


...tonton René
doit être retourné à sa
ville sans avoir pu
faire une grande avance
dans les travaux, vu
le malheureux temps de
la semaine, tonton Joseph
est peut-être arrivé
le remplacer, ce qui ne
te déplairait sans doute
pas, je ne lui ai
pas fait réponse, car
il me semble qu'il ne
tardera pas à être au
pays et là nous pourrons
nous dire bonjour plus
agréablement que sur le
papier


_______



… nous nous unissons
pour t'embrasser bien
fort. Aurevoir
Ernestine



De ma grand mère (mère de Papy-Louis) à sa belle sœur
:





Il semblerait que le mois d'août de 1917 n'était pas "estival" ! 




Les femmes attendent toujours , à défaut de la fin de la guerre, au moins les permissions pour que les hommes fassent avancer les plus gros travaux des champs qui n'auront pas pu être faits par elles seules.

On remarque que ma grand-mère espère voir Désiré (appelé par son deuxième prénom : Joseph) bientôt. Elle ne doit pas avoir connaissance de son progrmme dont nous parlerons plus bas
1917_08_extraits_courriers_Site_de Papy_Louis
Vendredi 10 Août 1917


Cher frère,




Je viens de recevoir aujourd'hui ta
lettre du 6 Aout qui me fit bien
plasir. Comme tu le dis toi-même
vos nouvelles tardaient un peu
malgré cela je ne me tourmentais
pas de plus sachant que tu
étais permissionnaire. Même
d'après ce que tu expliques il
me semble que tu sois assez bien
arrivé sauf dans la dernière
partie du séjour où le temps
se gâtait. Le moment se trouvait
des plus favorables pour profiter
d'une permisssion surtout qu'elle
fut une surprise aussi bien pour
toi qu'à la maison. Le foin












se fit, se rentra, dans de bonnes
conditions. La récolte se fit
à peu près mais elle n'est
pas toutefois garantie. Je
crois que malheureusement il
en est ainsi un peu partout.




Cela t’empêchât de rendre les
services à ceux qui vous avaient
donné un peu d'aide. Le temps
se trouvant mauvais et la
permission arrivait à sa limite
extrême. J'ai eu des nouvelles de
Leroyer par son beau-frère Émile
Décorce qui est venu nous
rejoindre et qui est à la 19ème Cie.
Leroyer est resté au dépôt divionnaire
même je souhaite qu'il y
reste le plus longtemps possible.
Vous avez profité de l'occasion 












pour aller pousser une petite
visite à Mazé. Le voyage se
passât dans de bonnes conditions
puisque vous y arriviez un
jour de fête, le jour des prix.
Forcément, le petit neveu aura
étéé content vu qu'il fut bien
récompensé. Jen pense que la
santé est parfaite par là. Je
m'attends à recevoir bientôt
des leurs, voilà un certain
temps que je n'ai rien eu.







Dans mes dernières lettres, je dis
mes dernières probablement
tu n'as pas du voir la
plus récente car tu devais
être reparti je laissais à
espérer ma venue prochaine
encore une fois il faut déchanter.









J'ai donc écrit et prévenu Jeanne
que les permes étaient supprimées
jusqu'à quand ? Leroyer a dû
avoir un brin de conversation
avec vous ainsi que Boutreux. Donc
bref la dessus la raison de
suppression tu la vois maintenant
à nous le champ de course, quel
honneur pour des embusqués
de vieille souche. J'en reviens à
ma petite perme que je croyais
tenir au bout de mes 3 mois
qui est remise aux calendes. Sur
ce, je pourrais répondre à ton
invitation qui ne me déplairait
pas loin de là. Quand je
pourrai te renseigner au sujet
du départ et des moyens de
l'entrevue, je le ferai aussitôt.





Mon grand oncle à son frère :







La lettre commence, comme à l'habitude par un point sur les dernières correspondances et les permissions en cours ou à venir.










C'est aussi l'occasion de faire un point sur les travaux à l'exploitation et sur les cultures.














La météo, évoquée par ailleurs, montre les raisons de l'inquiétude à propos de la qualité et du rendement.








Ils n'attendaient pas les décrets pris par les Préfets dans chaque département pour aider les amis et voisins mais le faisaient spontanément (quand la météo et la durée des permissions le permettaient) ...




Désiré ne dit pas pourquoi il souhaite à son ami de rester le plus longtemps possible au dépôt mais en consultant le J.M.O, on le comprend mieux : il ne fait pas bon en première ligne en cette année 1917 !













Nous avions vu le mois dernier que la remise des prix se faisait fin juillet ce qui laisse à penser que les écoliers n'étaient pas, comme aujourd'hui, renvoyés dans leurs foyers - ou dans la rue - dès la mi-juin !

Papy-Louis avait donc bien travaillé à l'école !












Dans le courrier précédent, sa belle-soeur (la mère de Papy-Louis) hésitait à écrire, croyant  voir Désiré plus tôt en permission... chancun attendait l'autre sans connaitre les raisons de leur silence ( le portable n'était pas là pour informer la famille ! )













Toujours en consultant le J.M.O., nous comprenons mieux pourquoi les permissions sont repoussées et même supprimées.





A l'exception de ces quelques allusions au "champ d'horreur" à défaut de champ d'honneur, il fait même un peu d'humour en parlant de champ de course.
Quand on voit le nombre de blessés et de tués dans son régiment au mois d'août, il en est à se demander comment ils pouvaient garder espoir et surtout ni se plaindre, ni inquiéter la famille !
1917_08_extraits_courriers_Site_de Papy_Louis Bonjour, bonne santé, bonne chance. reçois mes meilleures amitiés D.M.
Un petit mot sur le mauvais temps, nous en savons quelquechose. Je t'assure qu'il est impossible de se faire une idée de l'état des tranchées surtout à cette saison, de véritables terrassiers. Quoi, un petit séjour pour les partisans de la grande affaire dans des conditions analogues, en verrait-on le point désiré arriver au plus vite.
Comme le relate le JMO, le 11 Août, les pluies rendaient les tranchées impraticables.

Il dit à son frère, à mots couverts, combien il aimerait voir les responsables de cette guerre interminable goûter à cet inconfort pour, peut-être se résigner à trouver une solution...
1917_08_extraits_courriers_Site_de Papy_Louis
Samedi 11 Août 1917


Chère soeur,



J'ai reçu hier la lettre de René
me donnant de vos nouvelles. Je
vois que la permission est finie
puisque la lettre me vient de
Paris. Il me parle t'avoir surpris
un peu n'ayant pas été prévenu
assez vite. Je ne peux arriver à en
faire autant, à présent que tu
as reçu ma dernière lettre te
disant que les permissions étaient
et sont encore supprimées, il me
faut donc attendre je ne sais
combien de temps. J'espère
toujours le plus tôt possible et
je le dirai aussitôt que je le









pourrai. René paraît assez
content de la sienne, le foin
est fait, rentré, la récolte
terminée mais je vois que
le temps est aussi mauvais
chez vous qu'ici. Pour vous il
vous donne de la peine, vous
fait faire le travail plusieurs fois.
Pour nous, il nous fait souffrir
car on est dans la boue
jusqu'au cul, dans les tranchées
à cette saison c'est étonnant.
Cet hiver, je ne sais comment
il faudra faire. Vous avez
profité de l'occasion pour
aller à Mazé vous êtes arrivés un
jour de fête, le jour des prix.
Le filleul a dû être content
car René dit qu'il a été
bien récompensé.











……..
Tu avais parlé autrefois
des pommes de terre qui étaient
belles mais elles vont pourrir à
la suite de mauvais
temps. Vous n'avez pu rendre
les services que les Bodins
vous ont donnés puisque le
temps ne le voulait pas. Il
aurait fallut qu'il en fut
autrement, tout le monde
aurait été content de voir la
récolte rentrée. Puis, enfin,
pour vous, moins de peine
aussi, c'est comme la guerre
pour les soldats, vous êtes las
de ne pas en voir la fin de
tout ce travail. Je termine te
souhaitant le bonjour une
bonne santé, bon courage. Reçois
les meilleures amitiés d'un frère. 

DM Signaleur 6ème B.on 335e Régt.
s.p. 156


De Désiré à sa belle-sœur :


















"L'espoir fait vivre" ... espère-t-il vraiment ou veut-il rassurer et ne pas inquiéter plus ?










On retrouve les détails concernant les cultures et donnés à son frère, dans la lettre précédente.






Ce passage bien que banalisé au milieu du courrier est inconcevable, surtout quand on sait que ces conditions de vie, ou de survie, sont supportées depuis trois années !
On pourrait imaginer la colère et la révolte, d'ailleurs on comprend les mutineries de cette année 1917 ... mais non, il anticipe et envisage, néanmoins avec appréhension, la saison hivernale .
Quel courage !


Il arrive quand même à se réjouir pour le petit Papy-Louis et ses prix.













Et puis, comme pour se raccrocher à quelque chose ou pour encourager les femmes qui assurent les travaux de l'exploitation, il fait de nouveau un point sur ce qui est fait et reste à réaliser.







Mais, parlant de la météo, il compatis en pensant aux difficultés que rencontrent les femmes seules aux champs et le parallèle est fait puis il se retrouve face à son triste sort ...




1917_08_extraits_courriers_Site_de Papy_Louis
Mazé le 19 Août 1917

                          Ma chère sœur,


_______
....Nous allons bien en
ce moment, mais Louis a
été une semaine mal portant
et retenu au lit par un
abcès dans l'oreille qui le
faisait beaucoup souffrir
mais le voilà guéri et
pense à la promenade.
J'ai donné quelques nouvelles
à tonton Joseph ces jours,
car je vois que sa permission
n'a pas été si prompte
qu'il ne le croyait, quel
vilain métier que celui
de soldat et quels ennuis
il faut avoir, enfin, c'est
ça et rien à faire.
J'espère que tonton René
se porte bien et toi
toujours solide surtout
en ce moment de travaux
fatigants, tu dois battre
le blé sans doute, nous
nous livrons des charretées
de carottes et arrachons les
oignons, il nous faudrait
bien du temps sec pour ces
travaux et c'est ce qui
ne se prépare guère, car
le temps n'est pas souvent
favorable, enfin espérons
que nous y arriverons.



















___________
......Je te dis aurevoir
et tout le monde
s'unit à moi pour
t'embrasser bien fort.
A bientôt j'espère.
Ernestine.

De ma grand-mère (mère de Papy-Louis) à sa belle-sœur :






Peut-être est-ce là la raison de la surdité qui touchera Papy-Louis dès ses trente ans, en 1940, il ne m'en a jamais parlé.







Ma grand-mère apprend seulement que les permissions de son beau-frère sont supprimées mais n'en connaît pas la raison encore.






La description des travaux que réalisent les femmes, aux champs, est ici assez éloquente !
1917_08_extraits_courriers_Site_de Papy_Louis
22 Août 1917



                    Cher frère et sœur,


Je viens de recevoir aujourd'hui
même ta lettre du 18 dernier.
Je te remercie des bonnes
nouvelles qu'elle m'apporte.

_________

Je vois que la santé
ne laisse rien à désirer ce
ne serait pas le moment non
plus avec ta permission. Je
crois que plusieurs raisons
sont faites pour t'avancer ce
qui vaut mieux que d'être
comme moi obligé de toujours
espérer. Si tu arrives un peu
plus tôt que tu le croyais, ce
n'empêchera pas d'être en
retard pour sauver la
récolte qui est assez
endommagée partout. Mais
enfin le travail ne manque
jamais sans l'aide que tu
apportes ne déplaît pas à
Jeanne, sans compter le
plaisir d'être ensemble. Pour
promettre te trouver
avec moi, c'est toujours aussi
problématique. Pourtant je
t'assure que je me plairais
mieux en permission qu'où
je suis. J'ai espoir d'être
bientôt au plus creux car















on en voit ici en ce moment
des vertes et des pas mures.
D'autres viendront nous y
remplacer sans aucun regret
le repos nous serait très utile
la fatigue et les privations
ne nous sont pas inconnues.
En termes militaires, je puis
dire que l'on se décolle, pour
mon compte, j'ai maigri
sans toutefois être ni
malade ni trop bien portant.
Je serai content de faire un
tour au pays pour passer
un bout de vacances avec le
neveu et la belle-sœur mais
elles se passent déjà vite.








__________

si seulement on donnait une
solution à toutes les classes de
RAT comme tu le comprends !
Ce serait à souhaiter même
encore s'il fallait attendre
quelque peu. Je termine en
vous priant de souhaiter
aux parents et amis un bonjour
de ma part. A vous deux, je
vous serre la main en
attendant l'occasion de se
voir bientôt, bonjour et bonne
santé. Votre frère

Désiré Milon Signaleur au 335e Régt.6ème Bat.on 
secteur postal 156
De Désiré à son frère en permission et à sa belle sœur  :














Même s'il s'intéresse à ce qui se passe à la maison et surtout aux champs, on ressent bien à travers ce courrier qu'il est fatigué, pour ne pas dire épuisé et que le moral, si bon habituellement, est atteint.




































Il ne parle même plus du conflit interminable mais aimerait au moins être temporairement remplacé dans cette si pénible besogne, dans un contexte d'insalubrité et de restrictions.






Cela fait un mois que les Allemands utilisent des gaz moutarde et on sait depuis que même sans être intoxiqués, les poilus ressentaient des symptômes de fatigue que cela altérait l'état de santé générale.


Il aimerait tant voir son neveu et filleul, lui qui n'aura pas le temps de fonder une famille puisqu'il ne lui reste plus que 8 mois à vivre...










Il semble ici se baser sur des rumeurs de démobilisation de certains réservistes ayant effectué un certain nombre d'années mais, là encore, il n'y aura pas droit !





Cette lettre est la dernière avant son hospitalisation.
Le JMO ci-dessous montre qu'il a été "blessé" le 28 août. Il n'en parle pas dans les courriers de septembre, écrits pourtant depuis l'hôpital.

Il devait donc probablement avoir été gazé lors de la relève du 6ème bataillon et avoir des séquelles d'ordre digestif qui ont justifié cette période de soins puisqu'il ne parlera que de "maladie intestinale" dans sa première lettre de septembre 1917. (cela n'aurait pas justifié une mention "blessé" au JMO).
1917_08_extraits_courriers_Site_de Papy_Louis Mazé le 24 Août 1917




                                   Ma chère sœur,

__________
....... le mois
de septembre approche et
le soldat sera bientôt au
pays, ce dont il sera heureux.


__________
......... Louis
se trouve tout rétabli et
songe dur aux vacances,
... chez tonton Louis vont
bien aussi, j'ai été les
voir dimanche.
Je termine te disant
aurevoir et t'embrassant
de tout cœur.
Ernestine.
De ma grand-mère (mère de Papy-Louis) à sa belle-sœur :







René va sans doute revenir quelques jours pour une permission. Il continuera probablement le travail inachevé en août.






Papy-Louis semble guéri  ;-)


haut


août  1917
Extraits du parcours
du 335ème Régiment d'infanterie
Désiré (6ème Bataillon du 335ème)
  
(archives du site "mémoires des hommes")
Comme le mois passé,  "La bataille de Verdun" qui a duré  quasiment toute l'année 1916, se prolonge puisque 8 mois plus tard, à quelques kilomètres de Verdun,  les conditions sont difficiles.
Le Mort-Homme et le Bois des Corbeaux redeviennent français en août après des combats acharnés.
___________

Non seulement ils se battaient, ils enduraient la boue et les bruits sans interruption mais il fallait se déplacer, le plus souvent à pieds, 





plus rarement, en auto.








De retour en première ligne !
extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08
.... Le PC du 6ème bataillon ... font mouvement de Seigneulles sur Foucaucourt. Départ à 23 h. Arrivée le 8 août vers 4h. Le capitaine Guignard prend le commandement.

8 AOUT










..... Le 6ème Bataillon (Desnos) s'embarque en auto vers 21 h à Seigneulles et débarque à Méricourt le 9 août vers 1 h






9 AOUT
Le 6ème bataillon (Desnos) quitte le camp des Pommiers-Sud vers 18h et relève en première ligne dans le secteur des Rieux le bataillon "Thomas" du 16èRI. Relève terminée à 22h30. La CHR du 335è relève en même temps la CHR du 16è RI.
extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08
Sous-Secteur de gauche : Sous-secteur des Rieux
PC du Lieutenant Colonel Keller Commandant le Sous-secteur : R 4
En première ligne 6ème bataillon du 335è, ...
6è CM : en position






A quoi, à qui,  pensent-ils  ?





On retrouve la description du courrier de Désiré du 11 Août :
"Pour nous, il nous fait souffrir
car on est dans la boue
jusqu'au cul, dans les tranchées
à cette saison c'est étonnant.
Cet hiver, je ne sais comment
il faudra faire."



Les avions et les chars vont faire évoluer ces combats.

Par ailleurs, les gaz dits "moutarde" qui sont apparus en juillet commencent à se généraliser et les poilus, manquant d'équipements efficaces, sont souvent intoxiqués.

Les JMO commencent à faire état des "intoxiqués" parmi les blessés.

(lien vers wikipedia)








On peut l'attendre en permission... La citation prouve bien s'il en était besoin que l'activité était intense et ne permettait pas le repos.














Est-ce volontaire ou une erreur de hausse ? Il ne fait pas bon en première ligne !

















Pas de chance, Désiré reste en ligne !



Ils n'ont certainement pas fermé l'oeil pendant ces 72h !

extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08

11 AOUT
L'occupation du secteur est rendue pénible par les pluies des derniers jours : la boue rend difficilement praticables les tranchées et boyaux. Dans la matinée, en visitant les premières lignes, le Lt Colonel Bastien est blessé à la tête par balle et évacué
Pertes : 10 blessés dont 1 officier




12 AOUT
Activité plus grande des deux artilleries. Le beau temps permet la sortie de nombreux avions. Pertes 4 blessés.
13 AOUT
Très grande activité de l'artillerie. Pendant la soirée et une grande partie de la nuit, l'ennemi bombarde la forêt de Hesse et les ravins au Nord de cette forêt avec des obus toxiques : un assez grand nombre d'hommes sont intoxiqués.
Pertes : 1 tué et 10 blessés.
extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08




....
16 AOUT
Même situation, mêmes cantonnements. Grande activité de l'artillerie malgré le mauvais temps.
Le 6ème bataillon est cité à l'ordre de l'Armée.
Pertes : 1 tué + 4 blessés.
17 AOUT
Même situation, mêmes cantonnements. Le beau temps étant revenu, l'artillerie et l'aviation se montrent très actives. Un avion français s'abat en flammes vers le boyau des Trois Ormes entre le Ravin de Nouë et le Ravin de Béthaincourt. Pertes : 3 tués dont un officier... et 13 blessés dont 11 intoxiqués.








18 AOUT


Artillerie et aviation très actives. De 17h à 18h, simulacre d'attaque par notre artillerie et nos mitrailleuses chargées du tir indirect. Au cours de la nuit du 18 au 19, notre artillerie déclenche plusieurs violents tirs de barrage sur nos premières lignes. Vers 20 h le Lieutenant colonel Colombat commandant le 16è RI arrive au PC R4. Dans la soirée les mouvements ci-après sont exécutés :
Les pionniers du 335è sont relevés vers 23h par
extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08
ceux du 16èRI et vont cantonner au Fer à Cheval...











..... Le 6ème bataillon se trouve ainsi regroupé aux Fontenelles, sauf la 6ème CM restée restée en ligne. Pertes : 3 tués + 11 blessés dont 9 intoxiqués.


19 AOUT
A 8h le Lieutenant Colonel Colombat cdt le 16è RI prend le commandement du Sous-Secteur des Rieux. Très grande activité de notre artillerie pendant toute la journée et toute la nuit. Vive réaction de l'artillerie ennemie : bombardement intense de la forêt et des ravins par obus asphyxiants. Le temps est beau et l'aviation se montre très active. Dans la nuit du 19 au 20 août, les mouvements suivants sont effectués : tous les éléments du 335è en ligne aux Rieux sont relevés vers minuit par le 16è RI. Le front du Sous-Secteur des Rieux étant tenu par deux bataillons de ce régiment (troupes d'assaut) ....
extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08
.....



... Le 6ème Btn, entièrement regroupé aux Fontenelles et aux Eventaux, y est maintenu. ...




..... D'une façon générale, relève rendue très difficile par suite des zones de gaz à traverser.
Pertes : 77 Blessés dont 67 intoxiqués.



20 AOUT
Jour J Attaque à 4h40. Par ordre de la 25 DI, le 6ème Btn,  alerté à 7h30 quitte les Fontenelles à 8h et se porte à la Barricade.. .













... A 14h , la 23è Cie et  ... se portent sur l'ouvrage des Rieux contre-attaqués violemment vers le Bois Carré. A 16h 18, la 22è Cie et ... sont poussées vers le même point, les éléments










Le nombre (déclaré) d'intoxiqués est impressionnant ! On imagine bien que les autres n'ont pas respiré que de l'oxygène !!
extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08
sont à la disposition du Btn Grapin du 16è RI, très éprouvé. La 21è Cie et ... se portent de la ... Wilson à la Barricade. A la nuit, la 23è Cie, Capitaine ... , donnant une nouvelle preuve
de son entrain, contre-attaque avec succès dans la réégion de la "Marmite de la Sorcière" et permet de rétablir la ligne 2117 - 2416 conquise le matin, puis perdue par le 16è RI qui, fortement éprouvé, avait été obligé de se retirer sur la ligne 2417 - 2216. Le Commandant Grapin apprécie de la façon suivant le rôle joué par la 23è Cie : "La 23è Cie, sous le commandement du Capitaine, a brillamment contribué à la contre offensive de la nuit du 19 au 20 , et entraîné par son chef, malgré des pertes sensibles, a atteint d'un seul bond l'objectif fixé. Elle s'est organisée sur le terrain dans des conditions difficiles, réalisant toutes le conditions indiquées. J'estime que le Capitaine a bien mérité une récompense".  Le Chef de Btn Cdt le 2è Btn Signé Grapin. ...








Heureusement que le Capitaine a eu une "récompense" ... mais cela ne fera pas revenir les pauvres poilus qui y ont laissé la vie ... pour conquérir "d'un bond" le terrain perdu le matin et repris l'après-midi !!

Quand on pense qu'après avoir vécu des situations comme celles-ci, les malheureux désespérés, qui préféraient s'automutiler, se voyaient passer par les armes !




















Les poilus et leurs supérieurs, découvrent que les gaz stagnent et par conséquent sont extrèmement dangereux pour ceux qui se trouvent dans les seuls abris possibles. De ce fait, il leur faut changer de zone et deviennent des proies faciles, surtout pour les premières lignes.
















Oui, "un peu" dur pour les braves gens !!!
extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08
21 AOUT

Situation inchangée pour le 6è Btn. Organisation du terrain conquis.
Dans la nuit du 21 au 22 août, le 5è Btn, au Ravin de Fontenelles est soumis à un violent bombardement par obus toxiques, accompagné d'un bombardement d'obus de 150. La nappe gazeuse qui stagne dans le Ravin est très dense et indispose un grand nombre d'hommes. Le 5è Btn se trouve réduit à 170 hommes valides. Vers minuit, pour sortir de la nappe délétère, qui devient insupportable, le 5è Btn se porte sur la croupe à l'ouest du Ravin de la Buanthe et ne rentre que vers 4h à ses emplacements.
Pertes: 11 tués + 31 blessés dont 12 intoxiqués.












22 AOUT
Situation inchangée pour le 6è Btn Le Lt Colonel Colombat Cdt le 16è RI , à la disposition duquel se trouve ce Btn, écrit au Lt Colonel Cdt le 335 è :
" Vos poilus sont de bien braves gens. Je suis très honoré de les avoir sous mes ordres. C'est un peu dur mais haut les cœurs" ....
extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08
Vers 20 h, le 4è Btn quitte le camp de Bretagne pour aller relever le 6è Btn dans le quartier des Rieux. Le Colonel Cdt .... ayant donné contre-ordre pour cette relève, le 4è Btn est disposé comme suit ....











... Sans changement pour le 6è Btn .
Pertes 8 blessés (par intoxication).  
26 AOUT
Dans la soirée, relève du 6è Btn ...


Ordre et contre-ordre, sans cela, l'Armée ne serait pas ce qu'elle est.











extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08
.... Relève terminée vers 24 h . Le 6è Btn va cantonner aux abris de Bretagne.
Pertes 3 blessés (par intoxication)

27 AOUT
Même situation, mêmes cantonnements.
28 AOUT
Au camp du Fer à Cheval qui n'a cessé d'être bombardé depuis que des éléments du régiment y cantonnent, un obus tue six hommes et en blesse 7. A 18 h, le Rgt reçoit l'ordre de départ pour les éléments non en première ligne.
......




..... Le 6è Btn quitte le camp de Bretagne vers 20 h 15. Le mouvement se fait à pieds. Cantonnement à l'arrivée.
...
Pertes : 6 tués + 11 blessés dont 4 intoxiqués. ...
extrait_JMO_Memoire_des_hommes_1917_08  11ème page du JOURNAL DES MARCHES ET OPERATIONS
Soit 371 tués ou blessés pour le seul mois d'août 1917 au 335ème RI !

Tu auras tenu tout le mois d'août, Désiré, pour être le dernier blessé de la liste !

Comme je le précise plus haut, il n'a sans doute pas voulu inquiéter sa famille et n'a pas parlé dans les courriers de cette évacuation. Ce n'est qu'au mois de septembre qu'il écrira depuis l'hôpital et parlera de problèmes intestinaux.


haut


Et pendant ce temps, en france et dans le monde :
La France n'est pas la seule à connaître les mutineries. En Août 1917, la Cour martiale prononce 5 condamnations à mort à la suite de mutineries dans la flotteallemande.
La Chine déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie, le 14 août.
On se bat aussi en Italie : Isonzo .
Le Pape Benoît XV appelle pour la paix à toutes les forces de part et d'autre.
Tant que la Belgique n'aura pas recouvré sa souveraineté, les Anglais et les Français s'opposent à toute remise en question de la déclaration de guerre contre l'Allemagne.



haut


cultures alternatives