1914   -  Pupille de la Nation   - 1918

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- Album Mon Oncle Désiré -
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1917 - Novembre   : 

1917_11_Chars

Les premières attaques surprises des chars britanniques dans le Nord,  Courrier de famille et extrait du Journal des Marches et Opérations (J.M.O.) du 335ème RI, 

1917_11_Chars Dans la région de-Quentin et sur un front large de plusieurs dizaines de kilomètres, les Anglais ont surpris les armées allemandes en place.

En effet, jusqu'alors, les préparatifs d'une attaque d'envergure, et en particulier par les tirs préalables d'artillerie, permettait aux ennemis de se douter et de se préparer à une riposte.

Ce ne fut pas le cas dans cette deuxième quinzaine de novembre où les anglais ont poussé loin les lignes entre Bapaume et Cambrai.

On peut considérer qu'il s'agit, comme ce le fut pour l'aviation, d'un tournant dans le conflit.





















Collection personnelle L'Illustration  1917
1917_11_Chars

Courrier de Désiré :

Courrier_1917_11_01_D_a_R_extrait_Site_de_papy_Louis

Jeudi 1er Novembre 1917

Cher frère,

Je m'étonne de ton silence je t'avais écrit à mon passage à Commantre je n'ai pas eu de réponse. 


Je ne sais si ma lettre ou la tienne s'est égarée. Au dépôt cela arrive encore assez souvent.

Aujourd'hui je profite de la Toussaint du repos qui nous est donné à ce sujet et vu les conditions. 

Jxxxxxx pendant ma permission déjà reprendre mon ancienne place je viens donc te dire car j'y suis rentré depuis ce matin et qu'à l'avenir il faudra repasser tes lettres comme autrefois .

.......

Désiré Milon signaleur 6ème bataillon 335ème Régiment d'Infanterie Secteur postal 156.

Désiré à René (frères)


Quelques jours de silence et l'inquiétude arrive ... On y lit bien toute l'importance du courrier.


Il y aurait donc eu une sorte de trève aussi à la Toussaint ?

Désiré nous annonce qu'il revient à son poste et avec tous les risques que celui-ci comporte !
Courrier_1917_11_01_R_a_D_extrait_Site_papy_Louis

1er Novembre 1917

demain, je crois que ça ira mais la saison n'est pas bien chaude, ça serait meilleur si c'était le printemps, par exemple ce qui me déplaît le plus c'est que pour les semailles il ne faut compter sur moi, peut-être que je n'aurai de permission qu'au bout de 4 mois on a pris les dates quand on est arrivé au 58ème Territ à Étampes. Tu ne t'étonneras pas si j'ai attendu un peu pour t'écrire. Je suis en bonne santé et souhaite que tu sois de même, je t'écrirai demain ou après-demain. Voici ma nouvelle adresse que je te donne en t'embrassant.

Milon René Gardin P.G. groupe 26 à Echarcon par Mennecy Seine et Oise.

Carte postale Etampes René à Désiré (frères)

Cette carte devait être la suite d'une lettre qui l'accompagnait.

René se désole de ne pouvoir obtenir une permission avant 4 mois !
Les coups de main sont pensés dans une temporalité très courte qui ne dépasse que très rarement l'heure ou la demi-heure. Le principe est d'engager un combat rapide sur un lieu précis sans laisser le temps à l'ennemi de s'organiser et de se défendre. Il est souvent complété par un "nettoyage" des tranchées y compris au lance-flammeCourrier_1917_11_09_E_a_R_extraits_Site_de_papy_Louis

Mazé l e 9 Nbre 1917

Mon cher frère,

Je m'empresse de te remercier de tes bons souhaits de fête et à mon tour je te prie d'accepter les miens car la Saint René arrive lundi prochain, tu ne t'en doutes pas et j'espère que ma lettre t'arrivera à temps pour t'apporter tout e que je souhaite de meilleur pour toi en ce jour. Saint René te protégera des mauvais jours et te donnera chance et bonheur, espérant que tu ne t'éloigneras pas de nous et que plus tôt tu reviendras près de Jeanne  

J'ai reçu des nouvelles de Joseph voilà plusieurs jours, il disait être sur le point de quitter le dépôt pour rejoindre son ancienne place, il n'en était pas bien ravi, et je me doute pas que ces changements ne sont pas agréables surtout en ce moment et comme je vois la santé n'est pas encore très solide.

Espérons qu'il restera éloigné des lignes ennemies et qu'il pourra se soigner un peu.

Je vais te dire au revoir et bonne santé. Louis n'oublie plus tonton René, il lui souhaite une

« Bonne fête, un bon baiser de Louis ».

Je t'embrasse 

Ernestine.

Lettre Ernestine à René
(beau-frère)






La fête est l'occasion de mettre sous la protection du Saint-patron en souahitant un retour toujours espéré...


















On retrouve ici la même information que dans le courrier précédent, à savoir que Désiré est retourné à son poste (malheureusement tout près du front encore)

La référence à sa santé, que l'on retrouve dans le courrier de Désiré ci-dessous, doit certainement une conséquence du gazage de foin septembre et de l'hospitalisation qui en a suivi ...








"Papy-Louis", alors encore le petit Louis de 8 ans, rajoute quelques mots, sous la dictée probablement.
Courrier_1917_11_13_D_a_R_extraits_Site_de_papy_Louis

Mardi 13 Novembre 1917

Cher frère,

C'est hier soir que j'ai reçu ta lettre 6 Novembre. Le temps commençait à me durer, j'étais sans nouvelles de toi depuis le moment où nous nous sommes quittés. Je t'ai écrit deux lettres une à mon passage à Commantre , après j'ai attendu , mon séjour ne fut pas long au dépôt, le sachant d'avance, j'aurais pu quand même te faire connaître de mes nouvelles. Aussitôt mon changement je t'ai écrit une deuxième lettre le 1er Novembre même . Je vois que tu ne l'avais pas reçu le 6 puisque tu ne m'en dis rien.

Quoi que les nouvelles que tu me fais part soient bonnes elles pourraient être meilleures. Tu as quitté Paris si seulement c'était pour le pays natal. Mail il n'en est rien ; d'un métier tu changes pour un autre pas meilleur je crois. Tu ne parais pas fixé au niveau de la subsistance ou de l'affectation. Vos prédécesseurs étaient-ils de chez vous et depuis combien de temps y étaient-ils ?

Faire le garde chiourme chez des patrons qui n'ont rien d'intéressant, il me semble, enfin, la saison est mauvaise, peu de choses agréables à envisager. Enfin, c'est peut-être aussi bon qu'autre chose une fois habitué. Ce qui est le plus sensible c'est la permission de semailles qui  aurait pu ne pas tarder avec en plus la perspective d'attendre quatre mois avant d'y retourner.

... toi aussi. A part cela, le mauvais temps ne se passe pas, les semailles vont être difficiles à faire et tardives aussi. Le travail ne manque guère dans ces conditions mais cela est tous les ans avec ce cauchemar qui ne finit pas davantage. Je compte lui faire réponse aussitôt la tienne terminée.

...quelques jours. Dans ma dernière lettre, je te disais avoir quitté le dépôt et repris la même place ainsi qu'étant à la même adresse. Quant à la santé, je ne me plains pas pour le moment, je ne souffre pas, les douleurs de reins ont cessé à peu près.

J'ai maintenant bon appétit la force revient quelque peu, j'en ai besoin, je ne suis pas si costaud qu'auparavant mais avec le temps, la bonne mine sera de retour.

Ce qui me manque au tableau pour un bon rendement à toutes ces questions, c'est le régime. Enfin dans la vie de soldat qu'est-ce qui ne manque pas. A quand la fin du drame pourtant que choses intéressantes pour édifier le poilu.



Je termine ma lettre en te disant bonjour, bonne santé, bonne chance bon courage en attendant ta réponse avec plaisir reçois les meilleures amitiés d'un frère.

D.Milon signaleur 6ème Bton335è Rgt secteur postal 156

Lettre Désiré à René (frère)






Quelques retards dans les échanges postaux et l'inquiétude grandit... chancun sait que le silence peut être synonyme de mauvaise nouvelle !










Il semblerait donc que René, plus âgé ait été placé quelques temps chez un "patron" (était-ce pour des tâches en rapport avec l'armée ou pour aider un pistonné pendant que les travaux de sa propre ferme réclamaient des bras ??








Désiré ne rentre pas dans les détails maison comprend bien qu'il lui souhaite de rester à l'abri des lignes que lui côtoie tous les jours ...








Et puis il faut encourager la seule femme restée pour tous les travaux de l'exploitation !








Désiré confirme bien son retour en première position et essaye de rassurer la famille quaant à son état de santé. On constate que les reins auraient été touchés aussi et que l'état général est plus faible. Il avait dû être sérieusement gazé fin septembre ...









Quelle résonnance cette phrase !
Courrier_1917_11_27_D_a_R_extraits_Site_papy_Louis

27-11-1917

Cher frère,

.....

En plus, je fais pour l'heure la place de cycliste de bataillon, j'ai moins de temps à perdre, je pars le matin, rentre le soir. J'ai fait pendant quelques jours plus de vingt kilomètres, les routes sont on ne peut plus mauvaises, il faut se défier des dérapages qui sont fréquents avec ce terrain, ce temps et le roulage intensif qui s'y fait. J'ai moins de chxxxxx à faire à présent plus que de la route car auparavant il fallait mener la bécane par l'oreille quand il ne fallait pas la porter. 

Quand le copain rentrera, je lui repasserai sans regret la machine et le métier. Pourtant j'ai là l'occasion de me promener puis celle de me tirer d'une petite affaire qui n'aura rien d'agréable, mes camarades y étant partis, moi je suis resté pour la raison expliquée. J'ai été très heureux de te lire et de te savoir en excellente santé. Tu prends peu à peu dans ton nouveau métier bien que les Abbxxx te donnent du fil à retordre, ils font de la misère partout ces cochons-là, quand donc nous les connaitrons plus. C'est un sale métier l'arrachage qui ne prendra pas de valeur avec la saison pourtant il a fait quelques beaux jours. Heureusement que la cuisine est à peu près puisqu'il y a de quoi faire seulement c'est mal présenté.

Comme maison patrons plutôt il aurait été possible de mieux tomber d'après tes dires. Enfin si ce changement aurait pu être plus heureux, il aurait pu être aussi plus mauvais.

Si comme les prédécesseurs, tu y passes quatre mois, c'est autant de pris, la guerre peut se terminer, d'autres solutions peuvent surgir d'ici-là. Sans doute une permission pour les semailles n'aurait déplut à personne. Je viens de recevoir de Jeanne qui dit que c'est terminé tout de même avec un peu de fatigue et l'espoir de réussir, le temps étant assez favorable, reste la semence.

 

Je termine en te disant bonjour, bonne santé, bon courage , les meilleures amitiés d'un frère qui ne t'oublie pas.

Désiré Milon, signaleur 6ème Bataillon 33ème Regt. Secteur postal 156.

Lettre Désiré à René



Le voici donc, comme l'Oncle André, cyclopédiste estafette !

1917_11_Routes_Site_de_papy_Louis
On imagine l'état des routes (quand routes il y avait !)



Malgré tout, il essaie de montrer un avantage à la fonction (au moins celui d'échapper à la première ligne; mais pas pour longtemps)

"me tirer d'une petite affaire" .... quand on lit ce que subissent les camarades de premières lignes (JMO nov_1917)




















Ils sont toujours dans l'espoir d'une fin de conflit et, heureusement, se raccrochent à leurs travaux d'exploitation pour avoir une raison de vivre et d'espérer.

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Journal des marches et opérations novembre 1917 (mémoire des hommes)

JMO_memoire des hommes_Site_de_papy_Louis
16 Novembre :  A 7 heures, l'artillerie du secteur, renforcée d'artillerie lourde commence des tirs de destruction sur le boyau de la "Sarre", la tranchée "Maros" et la tranchée des "Vochèbres"
Pendant la nuit, un détachement de la 18ème chargé de l'opération et commandé par le lieutenant "Chatillon" (comprenant un sous-lieutenant "Dubois" 1 adjudant, 4 sergents, Caporaux et soldats est venu cantonner dans le quartier M-60.
A 16h30, le détachement sort de la tranchée "Richard" qui sert de parallèle de départ et se porte très franchement en avant en traversant nos réseaux par des brèches qui ont été préalablement pratiquées. Le mouvement est vigoureusement appuyé par un barrage roulant et un tir d'encagement (*) de l'artillerie et par un tir très nourri de la batterie Stokes en positions dans la tranchée "Gournaris" Les trois groupes formant le détachement abordent bravement la première ligne allemande, évacuée à la suite de de notre bombardement, et poussent jusqu'à la deuxième tranchée. Ils incendient plusieurs abris et s'emparent d'une mitrailleuse qui est ramenée dans nos lignes. Le lieutenant "Chobillon" commandant le détachement s'élance avec les hommes de son groupe à la poursuite de quelques Allemands et disparaît à 17h35, une fusée signale la fin de l'opération.
17 Novembre : Même situation. Mêmes cantonnements, les travaux de réfection des tranchées détruites par le bombardement sont poussés activement.
18 Novembre : A 4h un détachement composé de 62 hommes de la 21ème compagnie descend à "Loand" pour y faire des répétitions en vue d'un nouveau coup de main.
19 Novembre : Activité un peu plus grande de l'artillerie ennemie.
20 Novembre : Plus grande activité de l'artillerie allemande. Vers 5h violente canonnade vers le "Tréban" et la gauche du secteur. Bombardement assez vif et prolongé entre 14h et 16h vers la même région.
21 Novembre : Dans la soirée, une patrouille de la 13ème compagnie s'avance en avant de nos réseaux et rapporte une patte d'épaule trouvée sur un cadavre de soldat allemand. L'ordre de bataille sen trouve confirmé : "100?" Régiment.
22 Novembre : Dans la soirée, relève du 335ème dans le sous-secteur du "Mont Sans Nan" par le 334ème R.I. Mouvement terminé à 2h (le 23 nov). L'emplacement des unités, une fois la relève achevée est le suivant...
(*) - TIR D'ENCAGEMENT : il consiste en un tir de saturation extrêmement précis et serré sur une zone occupée par l'ennemi. CE dernier est isolé et ne peut ni recevoir d'aide ni évacuer !s dégâts considérables.
(**) - COUP DE MAIN : Les coups de main sont pensés dans une temporalité très courte qui ne dépasse que très rarement l'heure ou la demi-heure. Le principe est d'engager un combat rapide sur un lieu précis sans laisser le temps à l'ennemi de s'organiser et de se défendre. Il est souvent complété par un "nettoyage" des tranchées y compris au lance-flamme

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