1914   -  1918


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- Billet à Monsieur Le Président de la République 11 novembre 2011 -
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Faut-il rebaptiser le 11 novembre "Date de commémoration de la grande guerre et de tous les morts pour la France"?

voir billet du 11 novembre 2009 Billet du 11 novembre 2009 voir billet du 11 novembre 2009

Billet au Président Réponse du Chef de Cabinet du Président Réponse du Ministre de la Défense et des anciens combattants

Monsieur Le Président,

Il y a deux ans, mon père (orphelin de père en 1914) vous suggérait de remplacer le nom d'armistice du calendrier français par « le jour du souvenir » (de ceux qui avaient donné leur vie, quelle que soit la nationalité, au cours de cette guerre qui devait être "la der des ders").

Aujourd'hui, mon papa, né un 11 novembre… est parti. Il m'a demandé de continuer ce qu’il considérait comme son devoir d'entretien de la mémoire, à travers son site, toujours ouvert :

http://themasq49.free.fr/index_fichiers/PapyLouis.htm

"La flamme du souvenir (de 1914 - 1918) ne s'éteindra pas", dites-vous, pour entretenir la mémoire et l'Histoire par cette journée qui désormais se commémore sans poilu et je vous en remercie, en mon nom mais surtout au nom de mon père et de ceux de mes grands-pères qui y sont décédés.

Mais vous ajoutez que désormais "cette commémoration aura plus de solennité car elle sera aussi celle de tous les morts pour la France". Les millions de civils, de militaires mobilisés et de carrière, morts entre 1914 et 1918, ne suffisent-ils pas, un siècle après, pour rendre cette commémoration suffisamment solennelle, à elle seule ? Faut-il un ancien combattant à décorer pour qu'il y ait solennité ?

La loi du 24 octobre 1922 instaurait une commémoration de la Victoire et de la Paix. Les mots « victoire » et « armistice » doivent désormais disparaître des calendriers dans l'Europe d'aujourd’hui pour laisser place au souvenir et à la Paix. 
C’est pourquoi « redonner signification à la loi de 1922 », en 2011, au sein d’une Europe unie, c'est honorer les morts de toutes les nationalités pour la Paix retrouvée après « la pire des guerres pour la France » et non honorer tous les morts et blessés de toutes les actions militaires pour la victoire et pour la paix.

En associant la commémoration de tous les morts pour la France, que vous le vouliez ou non, vous enlevez une partie de la signification de cette commémoration annuelle du 11 novembre.

Néanmoins, il faut une commémoration pour « respecter les soldats et ceux qui sont morts pour  défendre la France» sur son territoire et à l'étranger pour servir la cause de la France.

Mais votre proposition de commémorer « aussi » ceux qui se sont sacrifiés depuis, n'est pas un moyen de pérenniser l’entretien de la mémoire de la "der des ders" mais crée un amalgame propice à la confusion et à l’oubli.

Trop ou pas assez ? Pourquoi alors conserver les deux dates des 8 mai et 11 novembre au calendrier ? Je serais ancien combattant de 39/45, je penserais que votre logique conduira inéluctablement, à terme, au regroupement de ces dates. Rien ne s'opposait à ce qu'une troisième journée ( bien sur sans qu'elle soit jour férié - crise oblige -) soit déclarée la journée de tous les soldats qui sont morts pour la France ou qui ont été « meurtris dans leur chair pour avoir fait leur devoir »

Il existe des journées qui marquent certaines causes ou évènements d'importances différentes : de la solidarité, de la sécurité routière, de la femme, de la musique, des fêtes de pères , des mères , des grands mères etc ... et il faudrait « profiter » d’une commémoration existante « au cours d’une journée d’une signification si profonde » pour honorer les autres serviteurs de la France ?

Il y a peu de temps, une polémique a existé sur la nécessité de conserver une fête et/ou un défilé militaire le 14 juillet. N'était-ce pas l'occasion  d'honorer, ce jour, le 14 juillet, tous les blessés et tous les morts qui ont défendu la France ou la Paix internationale, à l'intérieur ou à l'extérieur de nos frontières, qu’ils aient été civils, policiers, gendarmes, militaires appelés ou de carrière ?

 

Merci de m’avoir lu.

 

François MILON, fils de Papy Louis et webmestre du « Site de Papy Louis ou la Traversée d’un Siècle »

Petit-fils de deux poilus décédés pour la France, l’un en 1914, l’autre en 1918

 envoi Elysee

Réponse de la Présidence :

rep_pres_rep_2011

Réponse de Monsieur Le Ministre :

Vous pouvez lire ci-dessous la réponse de Monsieur Le Ministre de la Défense et des anciens combattants.

Je suis déçu par cette réponse qui, avec la forme, fait penser à l'interview de Georges Marchais par Alain Duhamel "C'était peut-être pas votre question, oui mais c'est ma réponse !"

Le principe de la République est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple (article 2 de la Constitution française). Mais on oublie de dire que le peuple ne s'exprime presque qu'exclusivement dans les urnes (entre ces dates , on a le droit de parler, par toujours le privilège d'être entendu et compris).

lettre_ministre_2011






Commentaires :






Je crois l'avoir invité à lire cette page et la précédente .

Ce paragraphe correspond à ce que remets en question et ne m'apporte aucun élément nouveau par rapport au discours.

Concernant le "plus de solennité", je crois avoir donnée mon avis " Les millions de civils, de militaires mobilisés et de carrière, morts entre 1914 et 1918, ne suffisent-ils pas, un siècle après, pour rendre cette commémoration suffisamment solennelle, à elle seule ? Faut-il un ancien combattant à décorer pour qu'il y ait solennité ?"
Refus d'honorer la guerre : seul point d'accord.
Mais :
Si un des objectifs est de redonner pleine signification à la loi de 1922 "commémoration de la victoire et de la paix"; alors, je persiste, il y a un mot de trop : "victoire" qui ne peut être que le résultat de la guerre.

Qu'est-ce que le regroupement du 11 novembre institué en 1922 et de "tous les morts pour la France, de tous les conflits", sinon une journée unique de commémoration (c'est vrai, il reste le 8 mai; comme je le précisais, parce qu'il reste des anciens combattants à décorer)

Sur ce dernier point, beaucoup de communes avaient déjà anticipé et n'ont pas attendu la nouvelle loi pour le faire, et c'est très bien ainsi. 

Je terminerai donc en reprenant les phrases déjà écrites plus haut :

En associant la commémoration de tous les morts pour la France, que vous le vouliez ou non, vous enlevez une partie de la signification de cette commémoration annuelle du 11 novembre.

Néanmoins, il faut une commémoration spécifique pour « respecter les soldats et ceux qui sont morts pour  défendre la France» sur son territoire et à l'étranger pour servir la cause de la France.

Mais votre proposition de commémorer « aussi » ceux qui se sont sacrifiés depuis, n'est pas un moyen de pérenniser l’entretien de la mémoire de la "der des ders" mais crée un amalgame propice à la confusion et à l’oubli.

François MILON, fils de Papy Louis et webmestre du « Site de Papy Louis ou la Traversée d’un Siècle »

Petit-fils de deux poilus décédés pour la France, l’un en 1914, l’autre en 1918 ( j'oubliais, arrière grand père décédé de blessures de 1870, grand-oncle décédé pulvérisé par un obus après 4 ans de guerre en 1918, père qui a défendu la Patrie en 40 - Angleterre - Maroc, frère "appelé" en Algérie en 62 ...) 


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