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É M I L E   J O U L A I N     dit    "L'Gâs Mile"

Quelques mots sur Emile Joulain
Caus' toujoûs' Gâs Mil'  : Le centenaire de sa naissance en janvier 2000
Les fill's d'la Loére 
Ein' politesse : histoire de clocher 
La chanson dés joueux d'boul's 
Les boeufs
L'temps des Avents

Vous trouverez de nombreux extraits sonores en milieu de page extraits

J'étais à l'école primaire, Emile avait déjà un beau "brin de plume". L
ui était adolescent puisque nous avions 9 ans de différence et Monsieur Peyre, notre instituteur nous lisait ses poèmes. J'ai retrouvé quelques 70 ans plus tard dans un article du Courrier de l'Ouest, pour lequel Emile était journaliste correspondant, le texte suivant :
Emile_Joulain_Primaire
Émile Joulain a également été un fervent du cinéma. Il avait compris très tôt qu'il s'agissait d'un art à part entière.  C'est au patronage que nous avons vu les premiers films muets de Charly Chaplin; Émile était au phonographe pour agrémenter les séances et créer le fond sonore. Les premiers autres films étaient "Double pattes et Patachon" ou "les croisades"... Puis le cinéma en salle vit le jour dans la commune pour disparaître beaucoup plus tard, vers 1975.
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Le patronage a été, avant tout, le lieu où il s'exprimait en public et physiquement. En effet,  les pièces de théâtre étaient de coutume et les spectateurs venaient des communes environnantes  et par fois de loin, souvent à bicyclette, même en hiver pour assister aux représentations dans la grande salle chauffée par un poêle à bois et charbon, porté au rouge, pour accueillir les gens transis. 

C'est ainsi que, jeune, il jouait mais aussi mettait en scène et cela a duré tout le temps de l'existence de ce patronage, c'est à dire jusqu'à 1965 environ. Il entraînait dans son sillage avec une équipe de "joyeux drilles" toute une population, des plus anciens aux plus jeunes;  je pense que mes cinq enfants ont dû participer à au moins une de ces représentations. Il a donc joué des vaillants "Lagardère" mais aussi des "malade imaginaire" , "Jean Valjean" , "Michel Strogoff" .... y compris des "Bossu" à l'âge où le dos voûté lui a permis d'interpréter le rôle sans artifice dorsal.

Émile Joulain a longtemps été correspondant pour le Courrier de l'Ouest et , une fois par an, à l'occasion de la nouvelle année, il écrivait une page entière consacrée à tous les commerçants et artisans de la commune sous une forme humoristique et en patois angevin, il "piquait", "caricaturait" chacun d'eux avec un sens de l'observation qui lui appartenait. Ces portraits étaient accompagnés d'une photo ancienne commentée.

voeux Emile JoulaiN

Noël 1981

voeux Emile JoulaiN

Dans celle sui suit, il questionnait les lecteurs pour retrouver des gens qui posaient sur la photographie. Ma tante y a reconnu son futur mari ( l'Oncle André). Elle lui en avait fait part, ce qui leur avait donné l'occasion de communiquer alors qu'elle n'habitait plus dans la région.

voeux Emile JoulaiN

La photo a d'ailleurs été prise juste en face de la maison de mon Oncle André que j'ai habitée pendant la guerre 14 et à côté de celle de ma future femme, fille de Narcisse, décédé de la grippe espagnole en 1918.

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Ci-dessous quelques billets

voeux Emile JoulaiN

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Extrait de " Y-a qu'un maît' " avec quelques portraits de personnes du village :  

Son domaine de prédilection était donc l'écriture : de la chronique au roman en passant par les poèmes en patois, les rimiaux, avec un thème favori : la Loire "Sa Loère" (voir la page spéciale Loire - "Les fill's d'la Loére" . Des enregistrements existent dans le commerce. Il a également écrit des chansons pour lesquelles il composait la musique, il était donc complet : auteur compositeur et interprète. 

Musique particulière, il accompagnait à l'harmonium la messe à l'église du village du 1er Janvier au 31 décembre; il fallait vraiment une mauvaise grippe pour qu'Émile ne soit pas "fidèle" au poste

La foi qui l'a accompagné tout au long de sa vie, y compris dans les moments les plus difficiles, est omniprésente dans ses textes. Il savait s'appliquer les principes de la religion sans les imposer aux autres; c'était un exemple de tolérance et de respect.

voeux Emile JoulaiN

Leçon de tolérance - la poutre et la paille - ("Tais té don' "): 

Leçon de respect et démonstration d'égalité devant la mort ("Tais té don' "): 

Métaphore sur le temps de "l'Avent" ( " L'temps dés avents"):  

Supplique du paysan - prière pour conserver la foi - ("Un coeur dé pésan") :

Il n'a pas fait de longues études; il avait un certificat d'études primaires. Il s'était rattrapé : autodidacte parfait, il avait une connaissance de toute la littérature ancienne et moderne. Sa grande culture intellectuelle ne l'a pas éloigné de la culture de la terre, il s'est servi de sa plume pour montrer sa fierté d'apartenance au monde paysan.

Le paysan poête et sensible vu par Emile  ("Un coeur dé pésan")

Il était particulièrement attaché à la nature et opposé aux changements technologiques qui la mettaient en péril ( "les massacreur de la nature") : remembrements, constructions modernes au détriment du patrimoine existant sans parler de l'Administration et ses aberrations etc.

Chanson mettant en cause le remembrement (" darrièr' la haie") : 

Retour à la nature après une visite en ville (" un pésan èvolué") :

Il a participé a une grande quantité de manifestations folkloriques, émissions radiophoniques puis de télévision un peu plus tard. Guide au château de Montgeoffroy, il a côtoyé des personnalités et des artistes qui rendaient visite au marquis de Contades. 

Il recevait des écrivains et des chanteurs compositeurs à son domicile mais sa modestie et sa proximité des hommes de la terre faisaient qu'il ne mettait jamais cela en avant. C'était un homme remarquable que le hasard a fait entrer par alliance dans ma famille. Il nous a d'ailleurs écrit une lettre  depuis la ligne Maginot en Avril 1940 pour notre mariage; lettre qui fait ressortir sa piété et son patriotisme. (Pour comprendre le sens des extraits, il faut savoir que je profitais d'une courte permission pour me marier et je devais repartir aussitôt rejoindre l'Amirauté - lire les chapitres 1939 - 1940 -).  

Ces périodes difficiles qu'il a vécues lui faisait :

- rendre hommage à ceux qui ont payé de leur vie (les cadets de Saumur 1940) :

- partager la douleur de l'éloignement dans les conflits (algérie) : 

On a souvent assimilé Emile Joulain aux rimiaux, aux carricatures, et aux histoires drôles qui vont avec. Oui c'était une partie de son registre mais il était un grand poête, reconnu par ses pairs. Hervé Bazin disait de lui  "On ne glose pas sur Joulain, on l'écoute". Il savait faire rire mais comme tout bon pôete, il savait émouvoir. Ecoutez cet extrait sur les peupliers qui changent d'aspect en fonction des saisons mais qui finissent comme une procession de deuil, écrit un soir de la deuxième guerre ... 

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