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Émile   JOULAIN dit "l'Gâs Mile"

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L'phormacien  et   Lise LAURENT-MARTIN

Medicaments_Site_Papy-Louis Sans doute allez-vous reconnaitre certains médicaments (pour les plus anciens),  !

Pour la plupart, ils datent de la première moitié du XXème siècle.



La bouteille d'ETHER venant de la pharmacie dont nous allons parler plus après servait non seulement à la vente initiale mais on la remportait chez le pharmacien pour la faire remplir (bien sûr l'éther pouvait être obtenu sans ordonnance à l'époque)
Normalement utilisé comme anesthésiant (reconnu dangereux par la suite) ou éventuellement en diluant, il n'était pas rare de l'utiliser pour désinfecter ...

Le tube en alluminium était privilégié pour les conditionnements. On reconnaitra dans la partie inférieure gauche, le tube d' "aspirine usines du Rhônes"

Aspirine_Site_Papy-Louis

Ou encore le laxatif qui a fait l'objet de quelques moquerie sous le septenat de F.H. ...

Grains_de_Vals_Site_de_Papy-Louis

Peut-être allez-vous vous demander pourquoi dans les pages consacrées à Emile Joulain, nous parlons de pharmacie ?

Simplement parceque la pharmacienne du village était poétesse et que Emile JOULAIN a consacré au pharmacien (PHORMACIEN en patois) un rimiau drôle et a aussi écrit un autre rimiau mais à l'intention de la poétesse ou plutôt en hommage, après son décès . Vous trouverez ci-dessous des extraits des oeuvres de LISE LAURENT-MARTIN, de ses titres et de sa vie ainsi que le poème qu'Emile lui a consacré : "LISE".
  

Dans cette page, j'ai décidé, à la demande de certains internautes qui avaient du mal à comprendre le patois angevin, de traduire le texte et vous joindre une modeste interprétation du rimiau en mp3

LE PHORMACIEN
 
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PHARMACIEN



Dans la pharmacie qui fait le coin de la place,
Il y a depuis l'autre semaine, un préparateur
Qu'on voit en passant, à travers la glace
Et qui a l'air d'un gars qui est à la hauteur,

Vu qu'il fait deux mètres, avec sa blouse blanche ;
Toujours bien frisé, toujours frais rasé,
Quand vers une jeune fille, sur le comptoir il se penche,
On croirait toujours qu'il va la biser.

Le pharmacien est mort ; et la pharmacienne
Le laisse faire son maître entre ses bocaux ;
Comme elle est poétesse et même musicienne,
On en tend le piano, quelque part dans le local.

Ça donne des idées mélodiques au gars quand il pèse ses drogues ;
Tout comme un enfant qui rabâche ses leçons,
Tout entre ses dents, comme un monologue,
Il se dit les paroles de toutes les chansons.

Dans les Saltimbanques c'est toujours la « Valse »
Que joue la pharmacienne ; et si bien que l'autre jour,
Un client qui avait demandé des grains de Vals,
L'entend marmonner tout bas : "c'est l'amour ... »

A la pauvre petite ça donnait des idées !
Elle n'est pas la seule à reluquer le beau gars.
Il faut dire que ce sont des filles qui sont décidées
Et qui n'ont point des yeux qui regardent par en bas.

La demoiselle des postes, celle de l'épicerie,
La fille au notaire, celle du percepteur,
Elles se sont découvert un tas de maladies
Et des commissions tout le jour dans le secteur.
Elles voient sa grande fiole qui se déplace et qui bouge
Entre les autres fioles de toutes les couleurs,
Entre les bocaux verts, bleus, jaunes et rouges,
Comme les arcs-en ciel des soirs de chaleur.

Il connaît déjà toute la clientèle ;
Il appelle les hommes par leur nom, tous ;
Il dit aux bonnes femmes : « Hé, la mère un-telle,
Comment donc que ça se goupille cette sacré vieille toux ? »

-Monsieur le pharmacien, je voudrais des pilules
Pour ma pauvre grand-mère qui ne peut aller …
- Voilà mon petit gars, une boite grand modèle ;
Ne lui en donne pas plus de quatre ; elle aurait la …

- Sans lui dit le père Gustave, je déposais ma chique ;
Je toussais toutes les nuits, de jour, je ne pouvais rien faire ;
Il m'a ordonné, pour ma vieille bronchite,
Des ventouses scarifiées qui m'ont remis debout.

Pour une cataracte, une vraie saloperie,
Se plaignait depuis longtemps la pauvre mère Dubreuil.
Elle braille : « Il m'a dit, le commis de pharmacie,
Que j'avais un commencement de cathédrale dans l’œil. »

Même sans ordonnance, il donne des pommades,
Si bien que le médecin commence à faire vilain.
Comme il dit : «  Pour faire mourir les malades,
Je suis bien assez d'un pour un petit village. »

Mais les choses vont peut-être s'arranger quand même.
Le médecin a une fille qui sort de pension :
C'est l'âge où on rêve, c'est l'âge ou on aime,
Ça pourrait peut-être faire une association !

Alors le médecin retrouverait son sourire,
La fille serait bien aise et le gars d'un bon tour ;
Les sous rappliqueraient dans la même tirelire ;
Sur ce coup là tout le monde chanterait : « C'est l'amour... »

LISE LAURENT MARTIN
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Elle était amie avec ma grande tante (l'épouse de mon grand-oncle André)

Pour un petit village rural de 2000 habitants environ, Monsieur Martin et Mon grand-oncle avaient une Bugatti tous les deux ainsi que mon cousin, côté maternel  ! Si dans un village comme cela on voyait aujourd'hui 3 lamborghini, on serait ébahis !!


Sur la photo ci-contre, de gauche à droite : l'Oncle André, Lise Laurent-Martin, l'épouse de mon oncle André et le mari de Lise.




Lise Laurent Martin et ma famille
Elle fut trois fois lauréate de l'Académie Française :
Lise_Laurent-Martin_Academie
Ci-dessous, quelques-unes de ses oeuvres

Lise_Laurent-Martin_Laureate
LLM1  LLM1 LLM1
Comme le mentionne Emile dans son poème, elle adorait les animaux et se séparait rarement de sa petite chienne; ci-dessous avec Pastille en janvier 1936 :
Lise_Laurent-Martin_Pastille_1936_01
Dans son poème, Emile JOULAIN reprend des titres de ses ouvrages que je vous ai remis entre guillements dans la traduction.

Quant à la Villa perdue à laquelle Emile fait allusion, il s'agit bien sûr de son roman mais elle avait donné le nom à son petit cabanon dans lequel elle s'isolait pour écrire. Elle l'avait fait construire au bout de sa propriété, en limite des jardins de Papy-Louis, en plein bourg - ci-contre )


Combien de fois y suis-je passé à pieds ou à byciclette pour aller à l'école ... ou à la pharmacie !
Villa_perdue
En hommage à la mémoire de
Lise Laurent-Martin
délicat poète du Val d'Authion.
E.J.

LISE           


Quand j'étais à semer mes carottes,
Là-bas tout contre chez Paul Robin,
Je te voyais venir le de la petite route,
Entre les jardins que tu aimais bien.
La terre, elle était verte ou bien grise ;
Les petits oiseaux chantaient le printemps ;
T'étais en vie… c'était le bon temps,
Lise !

Tu allais à pieds, comme ça toute seule,
Ou bien te suivaient, comme leur sergent,
Quelques vieux chiens, qui avaient bonne gueule,
Comme n'en ont point toujours les gens.
Tu étais bonne jusqu'à la bêtise
D'aimer les bêtes, d'avoir pitié
Des chats perdus qu'on rejette du pied,
Lise !

Excuse moi donc si je te tutoie !
Je ne l'aurais point osé de mon vivant.
Mais vois-tu bien, Lise, la merveille,
C'est que tu es là plus en vie qu'avant.
Voilà la « Petite Vallée » sous la brise
D'avril où l'on sent encore l'hiver ;
Voilà les nuages blancs sur le pays vert,
Lise !



Voilà le « Chant des saules » dans l'étendue,
Qui souffle l'air que tu écoutais ;
Voilà les murs de ta « Villa Perdue »
Qui écoute encore ceux que tu chantais ;
Voilà le vent des prés qui vocalise
Et qui joue, comme sur un violon.
Voilà ton piano, dans le grand salon.
Lise !

Voilà les petits chemins où tu te promènes,
Entre les petites bêtes du Bon Dieu ;
Voilà notre Authion et voilà ta Maine,
Où tu vois bouger « le poisson bleu » ;
Et voilà ton courage ma payse,
Quand tu t'adressais comme il faut ,
Devant la mort, qui affûtait sa faux,
Lise !

Continue donc là-haut ta besogne,
Dans l'été où rien ne défleurit.
Comme disait ta vieille mère Sigogne,
C'est toujours des « poèmes » que tu écris,
Et moi, je rêve qu'en une autre maîtrise
Et dans le latin d'un autre pays,
tu chantes mes « Agnus Dei ».
Lise !

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Vous trouverez les oeuvres d'Emile Joulain dans toutes les bonnes librairies et en particulier le livre le plus connu "Rimiaux d'icitt', rimiaux d'laut' bord" ou Rimiaux (Atelier d'Art Philippe Petit)
(E surtout, merci Emile-André, mon presque jumiau)



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