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1939 1939 1940
PERIODE SUIVANTE ALBUM 40/45
PERIODE
SUIVANTE
ALBUM
1940/1945
appel du 18 juin 1940
Affiche de l'appel du Général de Gaulle ( le contenu du texte nous a été communiqué par la radio dans les foyers de soldats auxquels nous avions accès pendant les sorties en quartier libre).
I - Le rappel du contingent Le rappel du contingent
II - Drôle de guerre Drôle du guerre
III - A l'amirauté A l'Amirauté
IV - VOUS Y ETES De l'Angleterre au Maroc
V - Correspondance aux Armées La correspondance aux armées
VI - La démobilisation La démobilisation

A l'amirauté  IV - 1940 De l'Angleterre au MarocCORRESPONDANCE AUX ARMEES

ou départ pour un ou des pays inconnus


CLIQUEZ SUR LES DATES CI-DESSOUS (autres que la "période bleue" qui fait l'objet du chapitre à l' AMIRAUTE)

JUIN 1940

 

JUILLET 1940

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3 4 5 6 7 8 9 8 9 10 11 12 13 14
10 11 12 13 14 15 16 15 16 17 18 19 20 21
17 18 19 20 21 22 23 22 23 24 25 26 27 28
24 25 26 27 28 29 30 29 30 31        
L Ma Me J V S D L Ma Me J V S D

Légende des couleurs

  Période passée à l'Amirauté : à Maintenon, au château Coty, à escorter le train Amiral jusqu'à Brest.
  Préparatifs pour quitter le France à Brest
  Traversée de Brest à Falmouth (Angleterre)
  En Angleterre
  Traversée de l'Angleterre au Maroc ( Swansea  à  Casablanca )
  Au Maroc




Brest avant 1940
La ville de Brest
avant 1940


Lundi 17 Juin :

Détails de la journée sur la page (cliquez sur la vignette):

Passer entre les bombes, "re"-formation en compagnies ... pour quoi, pour où ? Que deviennent leurs familles ?

Rencontre avec des rescapés de Dunkerque, du front de mer et de Cherbourg.

Nuits presque blanche (par le manque de sommeil et par les tirs de DCA et bombardements)
Bombardement par la luftwafe du Lancastria...Bombardements à Lorient... drames ayant touché des anciens camarades de garde etc...
VOIR LA VIDEO DE BREST 64 ANS APRES : (2004)

Le Foch et Le Bourrasque

Mardi 18 Juin :

Le départ pour l'Angleterre : "fuite cauchemardesque".

Lire le détail sur la page (cliquez sur les vignettes de bateaux).


Appel du 18 Juin 1940 De Gaulle Mardi 18 Juin :

C'est aussi le jour de" l'appel" du Général de Gaulle . Ils ne l'apprendront que vers le 25 après le deuxième, celui du 22.

Cliquez sur la vignette pour accéder au contenu. 


Jumelles
(sans lien)

 Mercredi 19 Juin :

Tenter de se reposer, il le faut bien. Certains préfèreront la cale ..... sur des tas de caisses de munitions ... pour sa part, il a choisi un tas de cailloux (pourquoi des cailloux dans ce bateau alors que les munitions suffisaient amplement comme lest pour l'équilibrer ?). Puis ,c'est le réveil en pleine mer. Leur bateau est équipé d'un canon de 75 et d'une mitrailleuse contre avions. Plusieurs marins y sont de garde durant la nuit. Louis assure son "quart" à l'avant en guettant pour tenter de déceler mines ou  périscopes de sous-marins avec des jumelles. C'est donc lui qui aperçoit le premier les côtes anglaises dans la matinée.
"TERRE...TERRE!"

En soirée, quand nous ils arrivent en baie de Falmouth La mer est plus houleuse. Ils mouillent un peu au large puis ils entrent dans la baie pour la nuit après une autorisation de la direction du port.



Jeudi 20 Juin :

Ils embarquent sur le Camaret vers 10 heures (ils ne sont pas les bienvenus à terre) afin de regagner le cargo Médoc en pleine mer. Le transbordement est très mouvementé par une forte houle : les hommes doivent sauter d'un bastingage à l'autre au moment précis où les bateaux se trouvent à la même hauteur. Les bagages sont quant à eux transbordés à l'aide de filins..... Ils déjeunent à bord et appareillent  vers midi. Aux environs de 16 heures, ils arrivent à Portsmouth par beau temps. Les falaises roses de la côte anglaise sont magnifiques au soleil couchant.



Vendredi 21 Juin :

Réveil à 6heures pour préparer la cale avant en poste de couchage.


Samedi 22 Juin

Réveil à 7 heures; la brume est épaisse et la pluie prend la relève jusqu'au soir où le temps s'éclaircit enfin. Pendant ce temps, ils sont cantonnés à l'abri dans la cale avant. Un ravitaillement anglais (pain brioché, chocolat et quelques conserves ) leur remonte le moral et le physique. Depuis le pont, ils aperçoivent un bateau et échangent quelques mots avec des réfugiés français venant de Bayonne et fuyant les allemands ! Sont-ils donc rendus à Bayonne ? ..... Et leurs familles, que deviennent-elles ? Vont-ils retourner pour les sauver,  pour les défendre ?...

l'appel du 22 Juin 1940
Appel du 18 Juin 1940 De Gaulle
Samedi 22 juin :

C'est aussi le jour du deuxième  "appel" du Général de Gaulle . Ils ne l'apprendront que vers le 25, comme pour celui du 18.

Cliquez sur la vignette pour accéder au contenu. 


Dimanche 23 Juin :

Réveil à 7 heures, breakfast et embarquement sur un bateau de plaisance anglais vers 10 heures pour aller à quai. Un rassemblement est effectué près du port, dans un terrain, avec d'autres compagnies. Vers 14 heures, le trajet du port est repris et ils sont "invités" à poursuivre leur périple en train pour une direction de nouveau inconnue. Toutefois, du thé et du corned-beef leur sont apportés. Le train s'ébranle et , après un arrêt en gares de départ et régulatrice de Bristol qui leur permet un ravitaillement par la croix rouge, ils continuons dans la nuit.


Le champ de courses
de Liverpool
le champ de courses de Liverpool

Lundi 24 Juin :

Liverpool : Premiers réels contacts avec l'armée britannique ... 

Liverpool cathédrale

Mardi 25 et jours suivants :

Organisation à Liverpool : détails en cliquant sur les vignettes (3 liens identiques page Liverpool)

Liverpool
Liverpool
Dimanche 30 Juin :

Des nouvelles pour l'avenir (proche)  - cliquez sur la vignette - bas de page suivante



Lundi 1er Juillet 1940 :

Réveil à 6 heures, après les préparatifs d'usage, l'ajout d'une couverture roulée à nos bagages, nous partons pour la gare de Liverpool où nous prenons le train vers 8heures 30. Le temps est beau, nous supposons que la mer sera de même. Nous arrivons  à Swansea vers 16 heures et ne débarquons que vers 17 h30 pour un ravitaillement de .....biscuits et corned-beef. A 20 h 30 , nous embarquons sur le cargo anglais "Bactria" et nous prenons possession de la cale ....

convoi militaire et civil
(pas de lien)

Mardi 2 Juillet :

Nous appareillons vers 4 heures du matin pour former un convoi avec d'autres cargos de troupe et des cargos de charbon venant de Cardiff : 22 bateaux en tout. Nous sortons en pleine mer pour prendre, ensuite, la direction du Sud. La mer est belle; un nommé Brion, un tourangeau, se flatte d'avoir fait tout son service embarqué sans avoir eu le mal de mer .... je n'en dis pas autant.

 

Mercredi 3 Juillet :

Une forte houle caractérise les 24 heures qui vont suivre; il y a de grands creux, c'est vraiment très impressionnant pour un marin novice comme moi ! L'avant du bateau sur une vague, l'arrière dans un creux et le contraire ensuite .... c'est la balançoire . Comme si cela ne suffisait pas, il faut y rajouter le roulis en même temps et là, cela devient insupportable. Mon copain Brion est le premier à déchanter... il est malade "comme un chien"; il restera couché dans la cale jusqu'à l'entrée en rade de Casablanca. Quelques-uns seulement en font de même dont l'officier major de la compagnie. Pour ma part, je ne m'éloigne pas trop du bastingage et vous en comprenez les raisons ... le cœur un peu soulevé et l'appétit coupé; pas trop à l'aise non plus pour dormir , évidemment. Heureusement, au bout de 24 heures, le calme revient.




Mers el kébir
Voir les vidéos
Le bombardement
de nos navires
par les Anglais
à
Mers El Kébir
1300 morts

Jeudi 4 au Lundi 8 :

Un de nos marins qui parle assez bien la langue anglaise monte régulièrement avec les officiers du bateau pour faire le point. Il nous rapporte à quelle latitude nous nous trouvons, naviguant à 200 milles des côtes environ. Chaque jour, nous savons donc que nous sommes à hauteur de Brest, St Nazaire, Les sables, Bordeaux, Bayonne. Malgré cela, les journées sont monotones. Les plus heureux sont les joueurs de cartes, ils peuvent s'en donner à cœur-joie. Le reste du temps, pour tromper l'inquiétude, nous parlons bien souvent "du pays". Le matin du 4 Juillet, ce marin qui monte à la passerelle nous rapporte qu'il vient d'entendre à la radio que les Anglais ont bombardé la flotte française qui était ancrée à Mers El Kébir, en Algérie et qu'il doit y avoir plusieurs de nos plus beaux bateaux coulés et de nombreux morts (nous l'avons su au Maroc : 1300 morts). Nous ne savons plus quoi penser, outrés par ce comportement des Anglais... Hier encore, ils nous demandaient de rejoindre leurs rangs en enfreignant les règles militaires françaises et aujourd'hui en coulant nos navires et en tirant sur des alliés! Nous sommes à ce moment précis à bord de LEURS  bateaux, ces Anglais nous emmènent sur LEURS cargos d'Angleterre au Maroc et LEUR flotte coule une partie de la NOTRE ! Que veut dire ce double jeu ? Il me faudra beaucoup de temps pour mieux "comprendre" la décision de W.Churchill . A partir de ce jour, il est vrai que nous ne respectons plus vraiment  la réserve de vivre propre à l'équipage (pommes de terre et oignons) et nous accommodons le corned-beef et le thé. Tout cela n'améliore pas vraiment l'ambiance à bord mais c'est la seule vengeance qui nous est permise à ce moment car nous ressentons ce besoin de nous "venger" de cette trahison (même si les méthodes utilisées relèvent plus de l'école primaire).

Nous laissons bifurquer à bâbord la moitié du convoi (les charbonniers qui se rendent au Portugal, au nord et au sud ). Certains de nos camarades sont des marins pêcheurs et ils nous avaient dit que nous verrions des poissons volants au Cap St Vincent ce qui est vrai.

Nous nous demandons depuis le départ si l'hydravion qui nous survole ponctuellement et le torpilleur qui dépasse et remonte le convoi régulièrement protègent les marins français ou la cargaison de charbon anglais ? A l'annonce de la tragédie de Mers El Kébir, les doutes deviennent convictions.


Mardi 9 Juillet :

Après huit jours ...... et huit nuits sur le Bactria, nous arrivons en vue des côtes du Maroc. A 9 heures, nous sommes face à Casablanca et des avions et des torpilleurs viennent à notre rencontre pour nous escorter jusqu'à la grande rade du port où nous arrivons sur un grand banc de sardines qui miroitent au soleil sous une légère houle, c'est superbe ! Un chalutier sort du port et un pêcheur autochtone debout à l'arrière du bateau nous salue en criant "Ah ! y'en a pas bon Madame la France" .... Et, cette compassion sincère est à l'image de ce que nous rencontrerons auprès de la population marocaine dans les jours à venir. L'après midi, c'est l'heure de la visite des cargos Anglais pour l'arraisonnement et le soir, nous entrons dans le port pour y mouiller et ......dormir.


Mercredi 10 Juillet :

Le matin, nous attendons avec impatience le débarquement, enfin notre débarquement. Peu avant midi, un chaland de vivres nous parvient avec de la nourriture , de la VRAIE nourriture ; la première fois depuis le départ de Brest . Quelle joie de laisser le thé au lait et le "singe" de côté. L'après-midi, nous débarquons enfin du Bactria par vedettes et chalands sur le paquebot "Asie" (des Chargeurs Réunis) et nous nous installons dans les chambres de 3° classe. Nos officiers, conscient de la tension éprouvée pendant ce voyage nous donnent la permission de faire une sortie à terre à condition de revenir avant minuit par la dernière vedette. Nous étions partagés entre le désir de retrouver des couchettes et l'envie de marcher sur le plancher des vaches. nous sommes allés passer la soirée à Casablanca et , le retour au paquebot s'est bien effectué par la dernière vedette mais de façon un peu bruyante car certains marins avaient eu plus soif en une soirée que pendant les huit derniers jours.


Jeudi 11 Juillet : et vendredi 12

A 8 heures un appel est fait sur le pont et nos officiers ne manquent pas de nous réprimander pour le chahut de la nuit. En  effet, le bateau voisin du notre n'était autre que le célèbre Massilia qui abritait nombre de parlementaires influents, diplomates et responsables du gouvernement français en exil arrivés de Bordeaux quelques jours auparavant . Nous avions perturbé le sommeil de ces autorités et des consignes nous sont données pour ne pas reproduire ce genre de vacarme.

Nous utilisons le temps libre de ces deux jours pour écrire à nos familles car aucune nouvelle n'a pu être transmise depuis 1 mois et ceci réciproquement. Évidemment, nous ne savons pas ce que l'on attend de nous.... Allons-nous reformer des compagnies pour reprendre le combat en France ? Est-ce que le sabordage de la marine française va remettre en cause notre participation à la défense du pays ? La marine va-t-elle suivre les ordres d'arrêts d'hostilités ou allons-nous rester en méditerranée ? L'important est de faire savoir que nous sommes vivants pour l'instant et attendre une réponse dans le même sens.

Trajet aller Maroc Juillet 1940

trajet aller au Maroc

Samedi 13 Juillet :

On nous demande de nous préparer pour rejoindre "un cantonnement". Les préparatifs ont lieu dans la matinée et à midi et demie , nous embarquons à bord d'un train dit "8 chevaux en long ou 40 hommes" soit constitué de wagons à bestiaux avec deux bottes de paille par wagon et un citron par homme pour se désaltérer. Le départ a lieu à 14 heures et nous passons par Fadhala, Bou-znika, Skirat, Famara, Rabat 17 heures 45 ravitaillement, Salé,(fortifications à la sortie de la ville) Sidi bou knadel, Sidi Taybi, (chênes liège) Fort Lyautey (vignobles) arrêt 19 h 45 pour un "potage" et départ 20 h 45 pour Petit Jean, Sidi Kacem, arrêt à 23 h 30 où nous dormons sur les quais.

La maison du gouverneur El Hadjeb

La maison du Gouverneur

El Hadjeb

Dimanche 14 Juillet : 

On nous réveille à 5 h30 , nous sommes un peu transis par la fraîcheur du matin. Nous partons pour Bab Tisra (sol indigène), Oued Ramane (plantations et cygognes) , Sidi Embareck, Aïm Kerma, Moulay Idriss, Arezira, et nous arrivons enfin à Meknès à 8 h30. La gare est pavoisée de drapeaux français pour la fête nationale française. Ce sont, comme en France des dames de la Croix Rouge qui nous accueillent pour le café comme tout au long du voyage pour les autres ravitaillements. Puis, des "cars nous prennent" à la gare pour nous conduire à El Hajeb, dans un camp de la Légion Étrangère. L'après-midi, à l'aubette, nous prenons possession de nos baraquements (pour moi c'est le numéro 13) et de nos couchages puis on nous donne la permission de sortir en ville d'El Hadjeb. Là, une fusion de population militaire française, berbère et locale et un mélange de moyens de locomotion nous surprennent (ânes, dromadaires, voitures plus ou moins anciennes...), c'est très curieux.


Le Foyer militaire El Hadjeb Juillet 1940

Le Foyer militaire

Du 15 au 21 Juillet :

Dans un premier temps, nous ne savons pas si nous allons reprendre le combat, attendre les forces alliées (qui sont nos alliés ...?) , revenir en France ... La vie au camp s'organise donc, la nourriture est correcte et suffisante, la sieste obligatoire. En effet, les nuits sont très fraîches pour ne pas dire froides (vers 4 heures du matin, les couvertures sont nécessaires) mais les journées sont extrêmement chaudes dès 8heures du matin. Nous bassinons le sable au milieu des baraquements, à l'aide de bidons d'eau, pour donner un peu de fraîcheur. 


courrier depuis El Hadjeb 19 Juillet 1940


Du 21 Juillet au 11 Août :

Quelques jours de grande incertitude avant que les ordres consécutifs à  l'Armistice nous soient transmis.

23 juillet départ de Brion et Raffin pour une autre compagnie ?

25 paye de la 4° compagnie (pas de quoi faire la fête...)

29 L'Évènement : La première lettre de France arrive, elle est pour un copain de Basse Goulaine de Loire Atlantique. L'été est si "pourri" que le blé germe dans les "quignons" (tas de blé en bouts de champs) . Nous reprenons espoir pour tous les nôtres à partir de ce moment.

J'écris une lettrre à ma femme et une autre à mon copain Brèche parti sur Agadir.

courrier depuis El Hadjeb 22 Juillet 1940


<= A gauche et à droite (même lien) les cartes que j'envoyais après un mois de "silence radio", cartes qui se voulaient optimistes et rassurantes.=>
Les peupliers à El Hajeb
Peu de temps après, nous apprenons par les officiers que nous allons être démobilisés conformément aux accords : les allemands ayant demandé que les soldats et matelots en service rentrent dans leurs foyers , "la marine devant être démilitarisée".  

Au bord de l'Atlas, à la limite du désert, je ne pensais pas trouver comme en Anjou ... des peupliers. C'est d'ailleurs le café des peupliers qui deviendra notre QG pour nous désaltérer pendant ce mois.
Le café des Peupliers El Hajeb
un camarade et moi el hajeb juillet 1940
Nous vivons donc presque trois semaines d'oisiveté (nous avons un peu honte par rapport aux nouvelles qui nous arrivent sporadiquement de France). Le  10 Août, la nouvelle tombe : le départ est annoncé pour le 11, c'est la démobilisation.


voir la suite dans le chapitre : LA DÉMOBILISATION
camarades à el hajeb juillet 1940

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