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La
première fois que j'ai
entendu les ondes, c'était pendant la première
guerre
mondiale. Cela devait être en 1917 ou 1918. Mon Oncle
André s'était procuré un poste de
télégraphie en morse qu'il avait relié
à la
ligne téléphonique de la maison (mon
grand-père
possédait le numéro 8 de la commune pour son
commerce).
Il me faisait écouter les bips à
l'écouteur et je
ne comprenais rien à cette mélodie. Quand il
reprenait
l'écouteur d'une main, il écrivait de l'autre et
je me
demandais bien comment il pouvait écrire un texte en
entendant
cette musique.
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le front en 14
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Pendant ce temps, mon autre oncle : Désiré,
avait été affecté également dans les
télétransmissions et avait fabriqué lui-même
son propre poste à galène au front.
Vers 1920,
mon oncle André a acheté un poste à
lampes chez un
électricien de Corné. Ce fut donc la
première fois
que des voix étrangères entrèrent dans
la maison.
C'est à cette occasion que le "tonton Victor", un
grand-oncle
qui avait fait la guerre de 1870, déclara en entendant des
paroles sortir du haut parleur en forme d'entonnoir :
" C'est diabolique" ! |
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Les accessoires : haut parleurs, écouteurs,
cadres,
dispositifs de réception sur secteurs ... étaient
autant
à la mode que les ipod ou eeepc d'aujourd'hui !
Les
premières "douilles voleuses" apparaissaient mais aussi les "douilles
bouchon intercept" pour permettre l'écoute aux moins privilégiés qui ne
pouvaient pas tendre une antenne de 50 ou 80 mètres... |
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En 1929, pendant mes stages d'horticulture
à La Celle Saint Cloud, j'ai
acheté dans un petit magasin mon premier poste qui
était
un poste à galène. Etant près de la
Tour Eiffel
qui diffusait déjà des programmes, je pouvais me
contenter d'une antenne triple de 5 mètres de long,
installée entre deux arbres, sur ma terrasse. Ainsi, je
pouvais
écouter "radio tour Eiffel" et y suivre des concerts et des
pièces de théatre. De retour à Angers, en 1930, j'étais
désormais
à 300 km de la capitale et il me fallait une autre
antenne. J'en ai donc intallé une qui partait de la fixation
de
la cheminée jusqu'à un poteau situé
à 70
mètres environ au milieu du jardin. Heureusement que
j'étais plus souple qu'aujourd'hui pour grimper sur le toit
de
la maison. |
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De retour en Anjou,
très
vite je me suis lassé de la galène qu'il fallait
"accorder et j'ai acheté un poste d'occasion à
six lampes
que le vendeur avait tansformé à trois lampes et
une
batterie de 4 volt . |
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Ensuite, entre 1935
et 1939,
j'ai acheté neuf un poste à trois lampes sans
accus. Ma
mère et ma grand-mère s'en sont servi pendant la
guerre.
La publicité commençait à proposer des
postes de
plus en plus fidèles dans la retransmission des sons.
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Puis, de poste
à lampes en
poste à lampes, nous avons suivi l'évolution de
la
technique en fonction des possiblités
matérielles. Il
faut dire que cela n'était point donné et
représentait un budget non négligeable.
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C'est seulement
entre 1960 et
1970 que, grâce aux enfants, nous avons découvert
le
"transistor" car ces postes récepteurs à
transistors ont
tout de suite porté le nom du composant qui leur permettait
cette mobilité par abandon des lampes. Ainsi,
grâce au
"cadre" (bobine sur ferrite), aux piles et aux semi-conducteurs, la
radio pouvait nous accompagner dans les travaux extérieurs.
Malheureusement pour moi, ce fut la période où
mon
ouïe baissa ne me permit plus d'écouter de
façon
aussi assidue. |
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