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- 1932
-1939 -
En 1934, désireux de mettre en application les connaissances acquises pour moi-même, j'ai décidé de me mettre à mon compte. J'avais trouvé là une profession qui me permettait de réaliser ma passion tout en gagnant plus d'argent que comme ouvrier agricole. Comme ouvrier " spécialisé " en horticulture, je gagnais 19 Francs par journée travaillée. Or, je dépensais déjà 4,75 Francs pour déjeuner ! Heureusement que mon oncle me logeait gratuitement... A Paris, lors de mes stages, je gagnais 29 Francs par jour et ma pension quotidienne s'élevait à 24 Francs . Il ne faut pas oublier que les allocations n'existaient pas, les assurances maladie non plus, il fallait payer les médicaments et le médecin, quant aux périodes non travaillées, elles ne donnaient droit à aucune indemnité. Évidemment, la semaine "anglaise" n'existait pas non plus, nous travaillions 6 jours sur 7 et les congés payés n'existaient pas encore; les seuls jours chômés, autres que les dimanches étaient les jours fériés, et encore, pour les ouvriers en agriculture et en horticulture, il fallait se contenter du Lundi de Pâques, jour de la foire de Baugé, et le lundi de Pentecôte, jour de la foire des Rosiers sur Loire. Malgré cela, les horticulteurs rendaient "jaloux" les ouvriers agricoles car, ces derniers avaient des animaux et les dimanches et les quelques jours fériés étaient quand même "agrémentés" des soins et de la traite pour les vaches, manuelle si besoin est de le préciser, matin et soir.
C'est donc dans la propriété de ma mère, acquise en
1910 par
mon grand-père que j'ai commencé mes premières greffes, pour produire
de quoi
constituer une plantation variée de fruitiers mais aussi pour répondre
à des
besoins extérieurs. En effet, en plus de mon jardin, j'en entretenais
d'autres,
et en particulier pour des retraités et des artisans qui n'avaient pas
le temps de
s'occuper des leurs. Le travail ne manquait pas : les semis, les
plantations, la
taille des bordures de fusains, buis et autres arbustes d'ornement ou
fruitiers
ainsi que les arrosages en période sèche. A cette époque, une seule
retraitée
possédait le service d'eau pour sa maison et son jardin; c'était donc
"la valse des arrosoirs" chez les
autres. Heureusement que , pour ma part, je l'avais installé car il ne
me restait
que peu de temps pour faire l'entretien de mes propres terrains; mais,
c'est
bien connu , ce sont les "cordonniers les plus mal chaussés" .
A la saison de la taille des arbres fruitiers, et des arbustes, on me
demandait
également de planter des rosiers ou des arbres fruitiers. Lorsque
certaines variétés me manquaient, je m'approvisionnais chez un
pépiniériste chez qui j'avais travaillé mais pour le reste, il
s'agissait de plants que j'avais réalisés moi même et que j'avais
greffés.
J'ai donc exercé dans ces conditions pendant quelques années afin de vérifier la stabilité de ma situation, puis, une amie que je connaissais depuis la guerre 14 et moi, avons pris la décision de construire une famille. Celle qui devint mon épouse était ma voisine pendant la guerre 1914, elle aussi était orpheline de père en 1918 (comme beaucoup...) . Son père était décédé le dernier mois de la guerre, après avoir survécu aux quatre années terribles. La raison en fut la suivante : il avait été hospitalisé pour un problème ... dentaire avec .... des malades contagieux atteints de la grippe espagnole qui avait fait tant de ravage en 1918. Il est donc revenu de l'hôpital militaire en cercueil plombé.(voir chapitre sur la guerre 14-18)
| Ma future femme a travaillé chez ses parents quelques années avant de se consacrer à l'enseignement primaire. Contrairement à moi, elle a pu, pendant cette période, prendre quelques vacances avec eux et aussi avec des cousins de Paris qui étaient mandataires aux Halles (voir le chapitre les Halles). | ![]() |
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| Les halles de Paris | La tour Eiffel dans les années 30 | |
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Avec eux, elle a pu passer de bons moments à la capitale, mais aussi dans leur villa de banlieue, | ![]() |
| Maison de campagne | Maison de campagne | |
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Au bord de la mer à Deauville, | ![]() |
| Week end à Deauville | Week end à Deauville | |
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Sur l'Atlantique, à la Baule et au Pouliguen | ![]() |
| Les bords de l'Atlantique | La plage et les enfants | |
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| La Baule | Le Pouliguen | |
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En retour, ils aimaient
bien passer quelques jours à la campagne, c'était pour nous l'occasion
de sortir pour leur faire découvrir les environs,
c'était aussi, pour les enfants de la capitale de faire connaissance avec les animaux, |
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| Les Parisiens en Anjou | Les enfants découvrent la campagne | |
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de faire un tour en
barque sur la Loire,
ou, encore pour les enfants, d'apprendre à faire du vélo de façon moins dangereuse que sur un trottoir. |
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| Les promenades sur la Loire | Apprendre à faire du vélo | |
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Nos cousins ne se privaient pas de participer aux travaux de préparation des expéditions pour les halles ! Ils savaient ainsi la pénibilité de la tâche des cultures mais aimaient bien se fatiguer sainement .... et de jour, eux qui ne travaillaient que la nuit. | ![]() |
| Participer aux travaux | Participer aux travaux | |
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L'occasion de passer deux journées en famille. |
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| Les 24 heures du Mans | Les 24 heures du Mans | |
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| Les 24 heures du Mans | Les 24 heures du Mans | |
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Mon épouse a également eu l'occasion de faire quelques sorties avec quelques unes de ses camarades de collège, pèlerinage à Lourdes, voyage en Bretagne etc ... | ![]() |
| Lourdes | Bretagne | |
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Puis elle a exercé pendant quelques années la profession d'institutrice. Elle aimait bien cette profession et a toujours eu l'envie d'apprendre à nos enfants qui ont ainsi eu une institutrice à domicile. je dois dire que je n'ai pas beaucoup participé aux devoirs du soir... | ![]() |
| A l'école | A l'école | |
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| A l'école | A l'école | |
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1939, nous commençons à faire des projets; ma fiancée doit quitter son emploi d'institutrice pour changer du tout au tout et ceci, dans une Europe malade. Nous ne savons pas vraiment ce qui va se passer mais, malgré des nouvelles qui se veulent rassurantes, nous sentons bien que la menace est omniprésente. Un contingent a déjà été rappelé et, le 28 août, c'est à celui auquel j'appartiens qu'il est demandé, que dis-je, ordonné de partir. | ![]() |
| Exposition internationale | Le départ à la guerre... |
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