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1932 -1939 -

Au retour du service militaire, j'ai repris le travail chez mon oncle. Je me suis toutefois "offert " accompagné de Henri, ci-contre, un camarade de mon village, 5 jours de vacances pour aller visiter Paris et surtout l'exposition coloniale en 1931. 

(Ces vacances seront les seules que je prendrai jusqu'en ... 1960 pour un week-end en Bretagne puis  quelques jours en 1967 pour rendre visite à mon fils, installé dans le midi,   ... j'oubliais l'épisode de la guerre qui m'a fait découvrir le Maroc et l'Angleterre, mais dont je me serais bien passé. Par la suite, nous sommes partis quelques week-end jusqu'à une retraite, je pense, bien méritée après 47 ans d'activité sans vacances à proprement parler). 

De retour chez mon oncle Mon ami Henri
Le clou de l'exposition coloniale était le temple d'Angkor, représenté en grandeur nature en cette période où le colonialisme a atteint son apogée. Cette manifestation ayant fait vendre plus de 30 millions de tickets avait presque rivalisé en popularité avec l'exposition universelle de 1900 qui avait fait vendre 50 millions de tickets d'entrée! Vous pouvez voir ci-contre mon profil découpé aux ciseaux, par un artiste forain, dans du papier crépon sans aucune esquisse préalable. Après cette épisode colonial, nous en avons profité pour visiter la plupart des monuments de Paris et pour assister à une représentation théâtrale au Châtelet. 
Publicité pour l'exposition coloniale Mon profil fait à la main à l'exposition

En 1934,  désireux de mettre en application les connaissances acquises pour moi-même, j'ai décidé de me mettre à mon compte.   J'avais trouvé là une profession qui me permettait de réaliser ma passion tout en gagnant plus d'argent que comme ouvrier agricole. Comme ouvrier " spécialisé " en horticulture, je gagnais 19 Francs par journée travaillée. Or, je dépensais déjà 4,75 Francs pour déjeuner ! Heureusement que mon oncle me logeait gratuitement... A Paris, lors de mes stages, je gagnais 29 Francs par jour et ma pension quotidienne s'élevait à 24 Francs . Il ne faut pas oublier que les allocations n'existaient pas, les assurances maladie non plus, il fallait payer les médicaments et le médecin, quant aux  périodes non travaillées, elles ne donnaient droit à aucune indemnité. Évidemment, la semaine "anglaise" n'existait pas non plus, nous travaillions 6 jours sur 7 et les congés payés n'existaient pas encore; les seuls jours chômés, autres que les dimanches étaient les jours fériés, et encore, pour les ouvriers en agriculture et en horticulture, il fallait se contenter du Lundi de Pâques, jour de la foire de Baugé, et le lundi de Pentecôte, jour de la foire des Rosiers sur Loire. Malgré cela, les horticulteurs rendaient "jaloux" les ouvriers agricoles car, ces derniers avaient des animaux et  les dimanches et les quelques jours fériés étaient quand même "agrémentés" des soins et de la traite pour les vaches, manuelle si besoin est de le préciser, matin et soir. 

Les distractions se limitaient donc à quelques promenades du dimanche et aux manifestations locales : kermesses avec démonstration de gymnastique, fêtes du calendrier.

Concours de gymnastique Fête aux roses
 Quelquefois des assemblées communales ou  des fêtes plus importantes à Angers.
Fête coloniale locale Fête des vins de France

Nous avons même eu la visite du Président de la République en 1937

La tribune présidentielle Les officiels, M. Lebrun en tête
Mais, souvent, ces fêtes étaient des fêtes religieuses. 
Mission Procession à Béhuard
Si ma future épouse sortait un peu plus le dimanche et a pu prendre les photos ci-dessus, pour ma part, je ne sortais que peu et mes dimanches étaient plus souvent consacrés à de petits travaux de jardinage, des maquettes ou quelquefois des sorties à vélo ou à cyclomoteur avec mes camarades qui se sont mariés les uns après les autres. Le travail  de la terre est très prenant et n'attend guère et dans notre milieu, même les enfants nous accompagnaient souvent aux cultures; leurs "jeux" n'étaient pas virtuels, devant un écran!
Un ouvrier agricole Les jeux des enfants
J'ai toutefois pris un permis de chasser dans ces années là mais le gibier n'était pas ma priorité; cela me permettait d'échanger avec quelques amis chasseurs.
Le meilleur ami de l'enfant Mon permis de chasser
Ces débuts ne furent pas toujours des plus faciles : les années prometteuses se soldaient souvent par des intempéries qui remettaient tout en cause. Ce travail que j'ai choisi m'a procuré une grande liberté mais combien de contraintes et d'incertitudes...  

(voir le chapitre sur la Loire)

Les gelées Les inondations

C'est donc dans la propriété de ma mère, acquise en 1910 par mon grand-père que j'ai commencé mes premières greffes, pour produire de quoi constituer une plantation variée de fruitiers mais aussi pour répondre à des besoins extérieurs. En effet, en plus de mon jardin, j'en entretenais d'autres, et en particulier pour des retraités et des artisans qui n'avaient pas le temps de s'occuper des leurs. Le travail ne manquait pas : les semis, les plantations, la taille des bordures de fusains, buis et autres arbustes d'ornement ou fruitiers ainsi que les arrosages en période sèche. A cette époque, une seule retraitée possédait le service d'eau pour sa maison et son jardin; c'était donc "la valse des arrosoirs" chez les autres. Heureusement que , pour ma part, je l'avais installé car il ne me restait que peu de temps pour faire l'entretien de mes propres terrains; mais, c'est bien connu , ce sont les "cordonniers les plus mal chaussés" .
A la saison de la taille des arbres fruitiers, et des arbustes, on me demandait également de planter des rosiers ou des arbres fruitiers. Lorsque certaines variétés me manquaient, je m'approvisionnais chez un pépiniériste chez qui j'avais travaillé mais pour le reste, il s'agissait de plants que j'avais réalisés moi même et que j'avais greffés.

J'ai donc exercé  dans ces conditions pendant quelques années afin de vérifier la stabilité de ma situation, puis, une amie que je connaissais depuis la guerre 14 et moi, avons pris la décision de construire une famille. Celle qui devint mon épouse était ma voisine pendant la guerre 1914, elle aussi était orpheline de père en 1918 (comme beaucoup...) . Son père était décédé le dernier mois de la guerre, après avoir survécu aux quatre années terribles. La raison en fut la suivante : il avait été hospitalisé pour un problème ... dentaire avec .... des malades contagieux atteints de la grippe espagnole qui avait fait tant de ravage en 1918. Il est donc revenu de l'hôpital militaire en cercueil plombé.(voir chapitre sur la guerre 14-18)

Ma future femme a travaillé chez ses parents quelques années avant de se consacrer à l'enseignement primaire. Contrairement à moi, elle a pu, pendant cette période, prendre quelques vacances avec eux et aussi avec des cousins de Paris qui étaient mandataires aux Halles (voir le chapitre les Halles). 
Les halles de Paris La tour Eiffel dans les années 30
Avec eux, elle a pu passer de bons moments à la capitale, mais aussi dans leur villa de banlieue,
Maison de campagne Maison de campagne
Au bord de la mer à Deauville,
Week end à Deauville Week end à Deauville
Sur l'Atlantique, à la Baule et au Pouliguen  
Les bords de l'Atlantique La plage et les enfants
La Baule Le Pouliguen
En retour, ils aimaient bien passer quelques jours à la campagne, c'était pour nous l'occasion de sortir pour leur faire découvrir les environs,

c'était aussi, pour les enfants de la capitale de faire connaissance avec les animaux,

Les Parisiens en Anjou Les enfants découvrent la campagne
de faire un tour en barque sur la Loire,

 

ou, encore pour les enfants, d'apprendre à faire du vélo de façon moins dangereuse que sur un trottoir.

Les promenades sur la Loire Apprendre à faire du vélo
Nos cousins ne se privaient pas de participer aux travaux de préparation des expéditions pour les halles ! Ils savaient ainsi la pénibilité de la tâche des cultures mais aimaient bien se fatiguer sainement .... et de jour, eux qui ne travaillaient que la nuit.
Participer aux travaux Participer aux travaux

L'occasion de passer deux journées en famille.

Les 24 heures du Mans Les 24 heures du Mans

Les 24 heures du Mans Les 24 heures du Mans
Mon épouse a également eu l'occasion de faire quelques sorties avec quelques unes de ses camarades de collège, pèlerinage à Lourdes, voyage en Bretagne etc ...
Lourdes Bretagne
Puis elle a exercé pendant quelques années la profession d'institutrice. Elle aimait bien cette profession et a toujours eu l'envie d'apprendre à nos enfants qui ont ainsi eu une institutrice à domicile. je dois dire que je n'ai pas beaucoup participé aux devoirs du soir... 
A l'école A l'école
A l'école A l'école
1939, nous commençons à faire des projets; ma fiancée doit quitter son emploi d'institutrice pour changer du tout au tout et ceci, dans une Europe malade. Nous ne savons pas vraiment ce qui va se passer mais, malgré des nouvelles qui se veulent rassurantes, nous sentons bien que la menace est omniprésente. Un contingent a déjà été rappelé et, le 28 août, c'est à celui auquel j'appartiens qu'il est demandé, que dis-je, ordonné de partir.  
Exposition internationale Le départ à la guerre...

 


 

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