"Paris s'éveille" - Jacques Dutronc 1968 - : Vous pouvez suspendre ou arrêter le fond musical à l'aide de ces commandes.

LES HALLES DE PARIS  -

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 Je n'ai nullement l'intention de vous faire un cour d'histoire sur la capitale ni la prétention de vous raconter l'histoire des halles de Paris. Simplement vous faire voir quelques photographies prises par ma famille, mandataires aux halles et qui ont connu la mutation du XXème siècle du coeur de Paris à Rungis.  La première planche photographique vous permettra de mieux visualiser l'évolution au cours du XXème siècle et vous pourrez ensuite revenir en détail aux photos "grand format" ci-dessous .

fort des halles
baladeuse
camion pour l'approvisionement moyens de locomotion du milieu du XXème les halles de Paris avant 1969
LE TRANSPORT AU XXIème

RUNGIS en 2000

RAPPEL HISTORIQUE

camion pour l'approvisionement
DE L'ILE DE LA CITE A RUNGIS

Quelle que fut l'époque, l'homme a eu besoin de se nourrir. Paris, ou plus exactement Lutèce, concentrée sur l'île de la cîté, était approvisionnée au Port Saint Landry.Ce ne furent donc pas les halles de Paris qui ont connu la première migration mais le "marché lutécien".

C'est à proximité, en conservant un accès fluvial que le marché a été déplacé, sur décision de l'occupant Romain, place de l'hôtel de ville (place de Grève) et ceci pour une période allant jusqu'au XIIème siècle. Les futurs "forts des halles" (travailleurs intérimaires, dirait-on maintenant) y venaient chercher le travail : ils étaient "en grève".

Comme à chaque changement de site, ce sont : l'exiguité des lieux, la densité de population, l'urbanisation et l'hygiène qui ont motivé les déplacements.
Au XII ème, Louis VI "décentralisa" une nouvelle fois le marché pour l'implanter dans une zone de marécages asséchés non encore urbanisée : les "petits champs" ou Champeaux et c'est Philippe Auguste qui fit construire les premiers "pavillons" et le nom de halles  va apparaître avec la halle aux drapiers et aux tisserands.

Au XIIIème, sous Saint Louis, trois bâtiments furent ajoutés;  ce fut
d'ailleurs le début d'un "secteur" poisson.
Tout le moyen âge connaîtra ces infrastructures et ce marché sera également le lieu choisi par le Roi pour y installer le pilori en son centre afin que tout le monde puisse "contempler" les repris de justice (justice souvent rendue en public au même endroit) attachés et exposés sur une roue pendant plusieurs jours de marché,  visibles de toutes les directions.

Au XVIème, François Premier décidera une "réformation des halles" et ces énormes travaux durèrent une trentaine d'années pour aboutir, sous Henri II, à un secteur constitué de bâtiments fermés, à arcades autour du futur "carreau", permettant de conserver les marchandises des vendeurs.

Puis, juste avant la révolution, l'église des Saints innocents, le cimetière et le charnier des innnocents désaffectés (on pourrait presque dire "désinfectés" car sous Philippe Auguste, les cochons étaient encore "autorisés" à fouiller les tombes...) permirent l'extension des halles et, en particulier le secteur des fruits et légumes.

Trois cents ans plus tard, Napoléon considéra qu'une réforme des halles de Paris était prioritaire, il voulait en faire "le Louvre du peuple". Il ne fit pourtant construire qu'un seul bâtiment.

Ce fut sous Napoléon III et à la demande de celui-ci que le Baron Haussmann, Prefet de Paris soutint le projet étudié ensuite par Zola dans "le Ventre de Paris" publié en 1873. Ce sont ces halles que les plus anciens d'entre-nous aujourd'hui ont connu qui virent le jour.

Victor Baltard nommé architecte du projet, d'abord interrompu dans ses travaux par la révolution de 1848, entreprit la construction d'un premier bâtiment de pierre, reconnu inadapté et laid, surnommé le "Fort des Halles".
Il fut aussitôt détruit sur ordre du Prefet Haussmann qui venait d'être nommé, pour être remplacé par les fameux "pavillons Baltard" à toits de verre et à structure entièrement métallique réclamés par Napoléon III : " Ce sont des vastes parapluies qu'il me faut, rien de plus !" qu'Haussmann complètera par «Je veux du fer ! Rien que du fer !» .

Ces dix pavillons ont donc constitué un des plus grands marchés au monde, à la veille du XXème siècle, faisant dire à Gustave Eiffel : "Baltard ouvre Paris au XXème siècle".
Une voie ferrée a permis, au début du siècle, l'approvisionnement jusque dans la rue des halles (les voies étaient encore présentes après la guerre 39-45) des marchandises venant des producteurs de la proche banlieue actuelle : il y avait les trains de pois, de choux etc...

Au milieu du XXème siècle et pour les mêmes raisons, les infrastructures mais aussi l'implantation géographique recommencèrent à faire défaut.
En effet, lorsque sont évoquées les halles de Paris aujourd'hui, on a
tendance à penser à un marché couvert sous les pavillons Baltard. En fait, il faut savoir que le marché occupait plus de 30 hectares alors que les pavillons ne représentaient pas le dixième et que les immeubles/commerces de mandataires équipés de magasins fixes avec  entrepôts, voire chambres froides ou à "murir", à bananes etc ... ne représentaient que la moitié ! Ce qui veut dire qu'il y avait 15 hectares de marché sur la voie publique avant le transfert.

Jusqu'à cette époque, le marché commençait très tôt  pour finir vers 8h00 du matin; il fut décidé d'avancer cette heure pour faciliter la circulation : pour cela, les approvisionnement pouvaient se faire à partir de 23 h00 et le marché commençait à minuit pour finir vers 7h00. Cela ne suffit pas, la circulation devenait de nouveau très difficile, le marché, jusque là limité, au sud, à la rue des halles, s'étendait sur le  Boulevard Sébastopol, rue de Rivoli jusqu'à la Samaritaine, à l'est sur le pourtour  de la place du Châtelet et à l'ouest sur la rue du louvre ...

D'autre part la banlieue commençait à s'agrandir et, autant un marché central pour une ville de taille moyenne était justifié, autant générer ces "nuisances" au coeur de la ville pour des transactions de marchandises arrivées de toute la France et même plus qui repartaient se vendre au détail en banlieue ou en province semblait incohérent.



En 1953, l'apparition des marchés d'intérêt national (M.I.N.) relancèrent le débat et, en 1962, Michel Debré, à la demande du Général de Gaulle, prit la décision d'un transfert qui se fit à Rungis. Les premiers travaux commencèrent en 1964 pour une ouverture les 3 et 4 mars 1969. La viande suivra en 1973 après un passage par la Villette pour des raisons de proximité des abattoirs, dans un premier temps.
A la demande des mandataires, après une pression de deux annnées, le marché de nuit a été remplacé par le marché de jour; ce fut une révolution presque aussi importante que le changement de lieu.

Rungis devint le plus grand marché du monde de ce type et à cette date.
Les pavillons Baltard étaient donc voués à la destruction et cela fut là l'origine de polémiques et d'échanges politiques sérieux pendant plusieurs années.

1970 a été l'année de la destruction et, heureusement, le pavillon N°8 a été démonté soigneusement et reconstruit à Nogent sur Marne. Il est désormais classé monument historique en  devenant un espace contemporain polyvalent. Il contribue à la préservation du patrimoine du XIXème; on pourrait même dire que cette polémique aboutit à la prise de conscience de la nécessité de conserver ce patrimoine peut-être encore trop récent pour avoir été appréhendé de la sorte auparavant.
Le Président Pompidou fit construire un centre culturel qui porte son nom. L'esthétique est contestée, le "trou des halles" n'en finit pas de créer des polémiques jusqu'à la rénovation du métro et du RER. Ce noeud ferroviaire sera complété par le "Forum des halles", qui marie équipements de loisirs, piscine, vidéothèque, cinéma et un centre commercial qui a été (plus qu'il ne l'est à ce jour) la vitrine du prêt à porter.
Une rénovation du centre, l'adjonction d'un jardin suspendu sont actuellement à l'étude. Serions-nous entrain de recréer le "Louvre du peuple" désiré par Napoléon ?
Dans la cour du mandataire après la nuit
Camion hippomobile 1910 Après le travail de la nuit
La vente de l'ail, de l'oignon à même le sol La vente de l'ail, de l'oignon à même le sol
La vente à même le sol  Aulx et oignons jonchent le sol
La vente de l'ail, de l'oignon à même le sol place nette
Faire place nette Pose sur la baladeuse
le pesage à la balance à main (peson) la baladeuse
Le pesage au peson
Les femmes au travail 1914
le transport du cresson en manne Le cours des halles
Les mannes à cresson La vente au détail
Les pommes de terre en sac les pommes de terre
LE FORT DES HALLES
1930 - LE CARREAU
Pommes de terre La bascule
1935 PdT et Oignons Le pesage
Quand les triporteurs renversaient VUE DU MARCHE ET D' UN PAVILLON BALTARD
1960 renversement de triporteur
Vue générale
L'architecture d'un pavaillon Baltard LA DERNIERE NUIT AUX HALLES
Structure d'un pavillon Baltard La dernère nuit à Paris 1969
LA DERNIERE NUIT AUX HALLES LA DERNIERE NUIT AUX HALLES
La dernère nuit à Paris 1969 La dernère nuit à Paris 1969
RUNGIS
LA CAISSE A RUNGIS
Le changement : Rungis
La caisse à Rungis
LES ETALAGES A RUNGIS
LES ETALAGES A RUNGIS
Pavillon légumes Rungis
Pavillon fruits et légumes Rungis

LES ETALAGES A RUNGIS

J'ai été contacté par le rédacteur en chef du magazine "Champignons magazine" pour "prêter" quelques photos afin d'illustrer un article sur les champignons aux halles de Paris, dans le numéro 55 de janvier 2007. Je vous invite à découvrir cet article reproduit dans son intégralité, avec l'autorisation du rédacteur en chef.

Témoignage reçu en juin 2008 (merci à michelle) :
Je suis tombée par harsard sur votre site, j ai vécu dans le quartier des halles depuis 1948 jusqu'à son départ pour rungis (ou j'ai pleuré)que de bons souvenirs et d'émotions me reviennent :
- le jour de mon mariage les petits wagonnets étaient dans la rue,
- sous la porte cochère de l 'immeuble travaillaient des caseurs de têtes qui récupéraient les cervelles , les langues,
- je revois toujours aussi la marchande de suif qui venait récupérer cette marchandise pour les produits de beauté,
- le troc du fort des halles qui avait toujours son couteau et taillait en vrac un morceau de boeuf sur les quartiers pendus pour allez manger rue du jour, ou rue montorgueil, il payait la cuisson avec un légume et le rouge.

Mes parents travaillaient dans cette grande famille, maman à la volaille et papa chargait à bercy pour livrer dans les halles.
Enfin, après la disparition de baltard dans le trou des halles mon fils alors agé de 9 ans à tourné un film pour l O.R.T.F. à lépoque dans ce même trou et quartier en future rénovation mais qui n'avait plus rien à voir avec cette époque, (qui n'a pas vécu cela n 'a rien vu )
Salutations, Michelle.

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