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CHAUFFAGE  -

EAU ( FROIDE  ET  CHAUDE )

crémaillère

Vers 1900, à la campagne, le seul moyen de chauffage utilisé était la cheminé. Je n'ai personnellement pas connu, contrairement à certains camarades d'école, le chauffage "animal" à savoir obtenu grâce à la présence des animaux de la ferme dans la maison.. En fait c'était plutôt les gens qui couchaient dans l'étable.
Chez nous,  la cheminée était équipée d'une crémaillère qui permettait de mettre la marmite ou le chaudron à bonne hauteur sur le feu. Ces marmites étaient en fonte, de plusieurs dimensions, de la plus petite à la plus grande; on pouvait y faire cuire une grosse poule ou un grand pot-au-feu. D'un côté de la cheminée, il y avait un fourneau à braises, en maçonnerie, avec deux ou trois grilles pour réchauffer les plats; une ou deux petites portes en fer en dessous permettaient de retirer les cendres. Les braises rouges étaient prélevées avec une petite pelle et une pincette spéciales : elles étaient en fer pour la cheminée de la cuisine et en cuivre dans les chambres à feu (équipées de cheminées). de plus, différents accessoires de cuisson pouvaient se trouver devant le feu de cheminée : par exemple le "cuit-pommes" qui permettait de disposer et de tourner des pommes afin de les faire cuire et dorer à souhait.

Toujours vers 1910/12, presque toutes les habitations avaient un four à pain.  Mon père, juste avant 1914, j'avais 4 ans, faisait notre propre pain. La préparation de la pâte à pain, telle qu'elle était confectionnée, ferait pâlir les services de santé d'aujourd'hui ! En effet, on pétrissait la pâte dans une huche en bois puis, afin qu'elle fermente plus vite, elle était déposée sous l'édredon du lit encore chaud...  Les boules de pâte étaient déposées à l'aide de palettes de bois. Je le revois sortant des miches de pain du four familial. Ensuite, il profitait de la chaleur de la cuisson précédente pour concocter un extra, "des bourdons" : des pommes enrobées du reste de pâte.

Pour faire la cuisine, il existait des petits fourneaux à essence ou pétrole et un plus grand et plus haut, rectangulaire, appelé "flamme bleue, qui, bien réglé, donnait à la flamme cette belle couleur. Il y en avait aussi un petit, transportable grâce à sa poignée, qui fonctionnait à l'alcool à brûler. Celui-ci servait essentiellement aux tisanes et infusions.

Les premières cuisinières à bois et charbon sont apparues juste avant la guerre 14/18 et, le commerce en était même florissant car c'était un grand progrès pour les ménagères. Des plaques chauffantes sur le dessus, un grand four et le petit réservoir d'eau chaude avec un robinet ! Pour la première fois, de l'eau chaude était disponible d'un simple geste. Toutefois, la réserve était minime et celle-ci ne permettait pas une "grande toilette".

 Aujourd'hui, prendre une douche quotidienne est devenu chose courante. Revenons en arrière de quelques .... 80 ans, ce qui correspond à l'époque à laquelle j'étais au collège, en internat. La seule toilette, à l'exception du débarbouillage quotidien, était le "bain de pieds" hebdomadaire (le samedi), à la buanderie ! A Angers, à Montgazon, en 1922, nous avons découvert les premières douches collectives, suspendues à des rampes (probablement aménagées par ou pour les soldats qui avaient occupé le collège quatre ans plus tôt : à la fin de la guerre 14/18). Quelques particuliers utilisaient déjà un "collier-douche" pour des ablutions plus confortables.

Aussi, cette "révolution" ( la douche ) s'est répandue, à la ville d'abord, puis à la campagne, et cela a contribué au confort et à l'hygiène individuels. Pour cela, les jours de lessive, c'est à dire lorsque la buanderie était réchauffée par le travail d'une journée, on profitait du feu sous le chaudron qui avait servi à la lessive pour réchauffer une grande quantité d'eau (du puits évidemment). Un seau, équipé d'une pomme d'arrosoir et d'une petite tirette permettant l'écoulement, était accroché au plafond au dessus d'un  grande bassine de zinc , plus tard en fer galvanisé. C'était agréable mais l'inconvénient majeur était le réapprovisionnement en eau avec un escabeau ... quelquefois en milieu de douche lorsque la quantité tirée avait été sous-estimée, surtout avec les enfants qui se bataillaient pour avoir droit à la première douche mais qui supportaient difficilement une présence pour ce remplissage : chez nous, ils étaient cinq et cette situation n'était pas chose rare ... 

Nous avions un "journalier" salarié agricole, employé à la journée qui remplissait une grande bassine galvanisée le matin en partant au travail pour prendre un bain le soir, grâce à l'eau chauffée au soleil. La même technique pour le bain de pieds est restée fréquente longtemps après.

Le principe même du tirage d'une cheminée nécessite des courants d'air. inutile de dire que nous avions souvent froid aux pieds. Aussi, il existait des chaufferettes en bois ou métal, ordinaires ou de luxe, en fonction de l'utilisation : à la maison, à la messe... , en voiture ! Proportionnellement, il y avait certainement moins d'accident dus au gaz carbonique : probablement parce qu'il n'existait aucune étanchéité dans les maisons; mais les incendies étaient monnaie courante.  

Malgré les édredons de plume d'oie, il ne faisait pas toujours chaud dans son lit. Afin de pallier aux grelottements, nous utilisions des bouillottes (en plomb ou en laiton) ; le joint caoutchouc n'existant pas encore, les fuites étaient au programme assez souvent. Plus couramment, on laissait dans la journée une brique de maçonnerie dans le four de la cuisinière; brique que l'on enveloppait dans un journal, le tout empaqueté d'un linge tenu par des épingles de nourrice. Lorsque nous ne brûlions pas le drap, nous nous brûlions les pieds ou nous nous piquions aux épingles.... En en parlant, j'ai encore l'odeur du journal chaud dans les narines. Dans les milieux plus aisés, la pratique de la "bassinoire" (sorte de poêlon rempli de braises passé dans le lit pour réchuffer les draps) était utilisée.











Dans les chambres, il y avait des poêles ronds, les petits et gros Godin en fonte, des Rosières, Caloric, Chauffette ....mais aussi d'autres modèles rectangulaires et émaillés de toutes couleurs pour les assortir au mobilier. Tous fonctionnaient au bois ou au charbon.

C'est seulement vers 1960 que nous avons installé le chauffage central avec une chaudière à anthracite qu'il fallait recharger avec une pelle comme les chaudières de trains ou bateaux. Le chauffage central au fuel est arrivé après : quel progrès ... fini  l'approvisionnement quotidien, il faut seulement faire remplir la cuve une ou deux fois par an. Enfin, vers 1995, lorsque le gaz naturel est arrivé dans les petits villages, ceux qui ont opté pour ce dernier changement connaissent aujourd'hui la tranquillité totale en ce qui concerne le combustible.

Parallèlement au chauffage, les premiers petits chauffe-eau de cuisine puis de salle d'eau sont apparus (gaz butane puis propane). Un peu plus tard, des chauffe-eau électriques puis la production d'eau chaude sur les chaudières de chauffage central. 

De même, l'approvisionnement en eau courante a subi une évolution qui a contribué au progrès général : en 1910, il fallait aller chercher l'eau au puits à une quinzaine de mètres de la maison ... avec un seau et une corde enroulée autour d'un axe muni d'une manivelle (moulinet) - j'ai connu également une simple perche munie d'un crochet pour retirer un seau d'eau (la plaque d'ardoise du devant du puits en était toute usée au passage de la perche et quelquefois, un seau (ein' seye) restait au fond du puits. Ensuite, la pompe manuelle ( à bras ) avec clapet de cuir a permis de puiser l'eau, dans un premier temps au dessus du puits, et, dans un deuxième temps, lorsque les canalisations de plomb sont apparues (le saturnisme n'était pas connu) à l'évier de la cuisine. Les  premiers moteurs électriques ont commencé à équiper les maisons vers 1925. Ce moteur pompait l'eau et alimentait un réservoir situé généralement dans le grenier afin de distribuer l'eau dans la maison par gravitation(et ce fut la création des cabinets de toilette et des sanitaires avec chasse d'eau). Il faut préciser que 1925 était le début pour les plus aisés; cela ne s'est généralisé, à quelques exceptions près, que vers 1965 .... il a fallu du temps pour délaisser la cabane au fond du jardin ! Enfin, le service d'eau municipal n'est arrivé dans notre village qu'en 1975.  

On pourrait résumer en disant que le confort et l'hygiène ont fait un grand pas entre les deux guerres et que la simplification due à la technique s'est opérée après la deuxième guerre.

Qu'il serait difficile de revenir en arrière aujourd'hui ...

 

chaudron

crémaillère

chaudron

cuit pomme


cuit-pommes

réchaud à alcool

flamme bleue

réchaud à alcool
flamme bleue











Collier douche











seau à douche
Collier douche
seau à douche
baignoire en zinc

chauffrette

Le luxe : la baignoire
Chaufferette





Stoker








Stoker
Stoker ordinaireBassinoire Stoker de luxe

bouillottes en étain

Bouillotte
Bouillottes en étain
Bouillotte en cuivre chromé

Bouillotte

Bouillotte
Bouillotte "obus"
Inscription "75" sur la bouillotte obus de 1914

Bassinoire


La bassinoire
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Les poêles
Les poêles








Cuisiniere_St_Michel








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La cuisinière de ma grand'mère (1920)
La cuisinière de ma grand'mère (1920)
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