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Son carnet (3 pages et mourir 3/3 ) :   /
Historique du 135ème Régiment d'infanterie  (4ème partie) /4:

Journal de mon père septembre 1914

Fiche militairecliquez

30/03/1884 - 07/10/1914

Troisième et dernière feuille rapportée à ma mère après son décès :
"Ordre de prendre position vers 7 heures. Mouvement très dangereux. On a commencé à monter la crête d'environ 200  mètres. Aussitôt le canon noua a envoyé des projectiles pendant toute la journée mais grâce à des trous d'obus percutants....pour s'y mettre... on aurait été criblés... Au nombre de 30 hommes dans trois trous. Une meule de paille prit feu, 3 hommes auprès ont été obligés de fuir. La nuit du 25 : couchés à 11 heures et la journée de repos. Toujours beau, toujours à Prosnes. Le 26 au matin, belle gelée, journée très chaude, nous sommes dans les sapins sous la nuée de balle et d'obus. Je suis en plein soleil, dans un trou comme abri, journée sérieuse, on est à 500 mètres de nos trous d'obus du 24 septembre..............Je dois avoir été blessé le 27, dimanche. De Prosnes on m'a amené..."
(le crayon s'est arrêté, la phrase reste inachevée...)
Historique
Le 26 septembre, les Allemands tentent en vain de nous reprendre le village de PROSNES, quelque uns de leurs éléments parviennent jusqu’au moulin à 2 ou 300 mètres du village; mais une résistance héroïque et plusieurs retours offensifs nous permettent de conserver entièrement nos positions.

  Le 135ème jouit ensuite d’un repos bien gagné, le premier depuis la mobilisation, puis il reprend les lignes au nord de THUISY, où il reste jusqu’au 20 octobre. 

Malheureusement, mon père n'aura pas la chance de bénéficier de ce repos bien mérité car il rendra son dernier souffle à l'ambulance de Mourmelon le 07 Octobre, faute de soins.

fin de l'historique du 135ème RI - sous les illustrations.

L'image ci-dessus est extraite du journal L'Illustration du 26 septembre 1914, la journée que mon père qualifie de "sérieuse" dans son carnet.

L'Illustration 26 septembre 1914

En bas de page, les derniers instants de Grand'Papy-Louis

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suite et fin de l' Historique du 135ème Régiment d'infanterie

A ce moment la 18ème division d’infanterie est regroupée pour aller en Belgique, où les Allemands viennent de déclencher leur fameuse attaque sur CALAIS. Le 22 octobre, le régiment embarque à MOURMELON et débarque le lendemain à HAZEBROUCK et BAILLEUL, d’où il est transporté rapidement en auto-camions jusqu’à YPRES. L’ennemi faisant des efforts de plus en plus violents pour atteindre la mer, il fallait se hâter pour lui barrer le passage. C’est à cette époque que le régiment a trouvé un des plus mauvais secteurs de toute la campagne. Le terrain n’est plus qu’un vaste bourbier coupé par des tranchées et des boyaux presque remplis d’eau, par lesquels le ravitaillement est presque impossible ; la température, s’abaissant de plus en plus, vient augmenter encore la souffrance physique de nos glorieux « Poilus ».

Le 25 octobre, le 135ème en liaison avec le 114ème attaque et s’empare de ZONNEBECKE, malgré la violence de l’artillerie et la forte résistance de l’infanterie allemande. Le régiment fait une centaine de prisonniers et prend plusieurs mitrailleuses ; le lendemain 26 et surlendemain 27, nous poursuivons notre avance et dépassons la route de ZONNEBECKE-BECELAERE. Dures journées pour le 135ème qui perd le Colonel MAURY tué en avant de nos lignes. La bataille fait rage, l’ennemi veut à tout prix s’emparer d’YPRES chaque jour et renouvelle ses attaques, mais le 135ème tient bon malgré les pertes cruelles qu’il éprouve. Le commandant de SOLNINIHAC, qui a remplacé le colonel MAURY, est blessé ; le commandant MARIANI prend le commandement du régiment jusqu’à l’arrivée du commandant COLLIARD, qui est tué presque aussitôt. Pendant trois semaines, le régiment reste dans la fournaise de l’YSER. Les compagnies n’ont plus que quelques dizaines d’hommes, transis, affamés, boueux et déguenillés, qui se battent comme des lions. Le 12 novembre nouvelle attaque allemande, d’une rare violence ; grâce au brouillard notre première ligne tombe entre leurs mains, mais le 92ème régiment d’infanterie, composé de troupes fraîches, rétablit la situation dès le lendemain. Le 135ème tient la position jusqu’au 21 novembre grâce aux renforts de la classe 14 qui arrivent. Après quatre jours de repos à l’ouest d’YPRES, le régiment remonte en secteur sous le commandement du colonel AUDIAT-THIRY, sur la ligne HOOGE-ZILLEBECKE .

ANNEE 1915

Au début de l’année, le régiment ne prend part qu’à quelques opérations de détails dans les secteurs nord-est d’YPRES. Le 25 avril, après trois semaines de repos à l’ouest d’Arras, le 135ème part par alerte en auto-camions et débarque en Belgique vers LIZERNE. L’ennemi ayant passé le canal de FURNES à YPRES grâce à l’emploi de gaz asphyxiants, est parvenu à installer une tête de pont à STEENSTRAETE. La brigade CODET et le 135ème ont pour mission de reprendre ce terrain. Le 26, une première attaque reste sans succès ; dans la nuit du 26 au 27, une seconde est aussi infructueuse, ce n’est que le 27 que les Allemands sont forcés de repasser le canal. Le colonel AUDIAT-THIRY avait été tué au cours des opérations, le capitaine BALEDENT, qui l’avait remplacé, avait subi le même sort, et successivement le commandant NACQUART, les capitaines TOURLET et ABBADIE sont blessés. Après les intérims du commandant PORTIER et du capitaine RICHET, le colonel GABON prend le commandement du régiment.

Le 135ème est relevé au début de mai et revient vers ARRAS. Le 10, il monte dans le seceur de BERTHONVAL-NEUVILLE-SAINT-VAAST et y reste deux mois. Le 15 juin, le commandant NICLOUX est nommé au commandement du régiment. Après deux mois de repos et d’instruction le 135ème prend le secteur d’AGNY le 29 août. Le 25 septembre, il attaque les positions allemandes en trois vagues successives ; et malgré la fatigue de quatre journées de travaux et de préparations, il pénètre dans les premières et deuxièmes lignes ennemies, mais les régiments voisins ne progressent pas et le 135ème est bientôt débordé, malgré l’héroïsme de ses soldats. Les trois chefs de bataillon de la VERRERIE, LACOSTE et RICHET sont tués en entraînant leur bataillon. La journée nous coûte 38 officiers et 1 162 hommes. Mais les Allemands ont énormément souffert. Le 37ème régiment de Landwehr allemand, qui résista à l’attaque du 135ème, fut cité à l’ordre des armées allemandes « pour avoir subi le choc le plus impétueux de l’offensive, sur ce point du front ».

Le village de Loos ayant été enlevé par les Anglais, le 9ème corps d’armée est chargé de l’organisation des nouvelles lignes, le 135ème passe l’hiver 1915-16 jusqu’au premier jour de janvier dans ce secteur ou l’activité ennemie se traduit par de violents bombardements et de continuels combats d’avant-postes.

ANNEE 1916

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Après une période d’instruction au camp de SAINT-RIQUIER, le régiment par en février au bois en HACHE, près d’AIX-NOULETTE. Le 21, il subit la contre-attaque allemande de GIVENCHY, diversion aux attaques de VERDUN. Du 3 au 8 mars, occupation du secteur de la côte 109 (SOUCHEZ) dans des conditions pénibles. Après quinze jours de repos à BERCK-PLAGE, le régiment gagne par étapes MONTDIDIER. Le 18 avril, le 9ème corps d’armée est embarqué en auto-camions pour VERDUN.

Le 21 avril, le 135ème est en seconde ligne à la cote 304. Le 27 il passe en première ligne au bois e CAMARD et dans le ravin d’AVOCOURT. Sa mission se borne à des travaux d’organisation défensive sous un bombardement terrible. Le 3 mai, il est relevé. L 5, à peine arrivé au cantonnement, « alerte », sur le régiment remonte dans le même secteur rendu méconnaissable en deux jours par le bombardement. Le 6 mai, les 2ème et 3ème bataillons doivent relever en première ligne deux bataillons décimés du 66ème. Seules trois compagnies peuvent avoir des guides. Le terrain bouleversé permet à peine de se reconnaître. Le bombardement est d’une intensité effrayante et nous cause des pertes énormes. Le 66ème, affaibli, n’ayant pu empêcher de fortes patrouilles allemandes de pénétrer dans nos lignes, notre relève en de nombreux points est accueillie à coups de fusils, et plusieurs groupes sont faits prisonniers, entre autres, les liaisons des 2ème et 3ème bataillons. Dans la journée du 7, l’effort ennemi redouble, nos pertes sont cruelles, le bombardement bouleverse tellement le terrain que les communications sont impossibles. Néanmoins le 114ème parvient à monter en ligne, et malgré ces effroyables feux d’artillerie, nous tenons les positions que nous réussissons même à consolider. VERDUN coûte au régiment 31 officiers, 979 hommes. Le 10 mai, le 135ème est relevé et part au repos dans la région de SAINT-DIZIER, VITRY LE FRANÇOIS, où il reste une vingtaine de jours. Le 2 juin, il monte en secteur à la BUTTE DE SOUAIN, ferme de Navarin, il devait y rester trois mois; lutte à la grenade, alerte continuelle, mais aucune action offensive sérieuse. La première quinzaine de septembre est passée au repos vers ARCY SUR AUBE et après une courte période d’instruction au camp de MAILLY, le régiment retourne vers les plaines de la Somme, où notre offensive se poursuit sans relâche. Le 8 octobre, sous les ordres du colonel RICHARD, le 135ème prend les lignes près de COMBLES, face à SAILLY SAILLISEL. Le 10 octobre, le 3ème et le 1er bataillons attaquent et gagnent du terrain. Le 12, la progression continue mais dans des conditions très difficiles, les régiments qui nous encadrent arrêtés par des feux de mitrailleuses très violents ne suivent pas, et les deux bataillons isolés et menacés reçoivent l’ordre de regagner leurs anciennes tranchées. Le 13 au matin, le 77ème vient relever les deux bataillons d’attaque. Le 2ème bataillon seul reste en secteur et la 7ème compagnie parvient à progresser dans la nuit du 15 octobre.

ANNEE 1917

Le régiment remonte en secteur à BOUCHAVESNES, où il arrête un coup de main ennemi. Le 14 janvier, le 135ème quitte la 18ème division d’infanterie et passe à la 152ème, c’est avec cette nouvelle division d’infanterie qu’il prend les lignes de BIACHES, la MAISONNETTE. Après quatre mois dans les secteurs de la Somme, secteurs très pénibles à cause de l’état du terrain qui n’est qu’un vaste bourbier, le 135ème alerté subitement part en chemin de fer et débarque à SAINT MENEHOULD. Après quelques jours d’attente dans cette région, il s’achemine vers le camp de MAILLY pour y faire une période d’instruction en vue de l’offensive d’avril.

Au début d’avril, le 9ème corps d’armée est dirigé vers la Marne, puis vers la Vesle. Le 16 avril, la 152ème division d’infanterie est dirigée sur HERMENON-VILLE, et doit faire partie des troupes d’exploitation du succès. Le 135ème, sous les ordres du colonel CAMORS, est prêt à toute éventualité. Le 17, le 1er bataillon est poussé en soutien de la 41ème division d’infanterie sur LOIVRE. Le 23, le 2ème et 3ème bataillons vont relever les Russes, très durement éprouvés, dans le secteur de COURCY, devant BRIMONT. Le 28 avril, le 1er bataillon qui a rallié le reste du régiment, passe la canal de l’Aisne et s’empare de 300 mètres de tranchées. Après un court repos, le 135ème se retrouve en réserve de la 152ème brigade (41ème division d’infanterie) les 4 et 5 mai, devant BERMERICOURT. Puis, successivement en ligne dans le secteur de VILLERS-FRANQUEUX du 19 au 22 mai, et dans le secteur de BERRY AU BAC LA NEUVILLE après un repos de trois semaines à CUMIÈRES.

Du 10 au 27 août, instruction au camp de SAFFAIS. Du mois d’août à la fin de l’année, le 135ème tient les secteurs de DOMJEVIN et de la forêt de PARROY.

ANNÉE 1918

Le 12 janvier, sous les ordres du colonel RÉGNIER-VIGOUROUX, le régiment revient dans la région de SAFFAIS-ROSIÈRES aux SALINES et y reste jusqu’à la fin du mois. Il part ensuite effectuer des travaux sur la deuxième position dans le secteur de HOEVILLE, REMEREVILLE, COURBESSAUX. Le 20 février, le lieutenant CAILLEAULT, commandant les trois compagnies marocaines, prend part au coup de main de MONTCEL-SUR-SEILLE ; Le 23 mars, le régiment est alerté et transporté en auto dans la région de BACCARAT pour parer à toute éventualité Alerté pendant trois jours, le 135ème fait mouvement le 28 vers CHARMES.

Le 30, embarquement à CHARMES. Dans la nuit du 31 au 1er avril, débarquement à GANNES et BRETEUIL. La 152ème division d’infanterie a pour mission de faire face à un ennemi qui tenterait de s’infiltrer entre les 1ère et 3ème armée sur la ligne SAINT-MORAINVILLERS-MAIGNELAY. Le 4 avril, l’ennemi attaque fortement la 1ère armée. Le 135ème reste alerté sur son emplacement de combat. Le 14 et 15, il va occuper le secteur d’ESCLAINVILLERS où il restera jusqu’au 30 mai ; malgré les tirs d’obus toxiques, malgré un coup de main allemand sur la 9ème compagnie, ce qui lui vaut une citation, malgré la fatigue et l’épuisement le régiment tient. L’aviation allemande est particulièrement active, mais nous avons le plaisir de voir plusieurs avions tomber dans nos lignes ; l’un deux est descendu par le mitrailleurs ROGER, de la C.M. 3 et un autre par BASSET Léon, de la même compagnie. Le 10 mai, appuyé par les feux du 2ème bataillon et de la C. M. I. le 135ème enlève brillamment le parc de GRIVESNES. Du 23 au 25, le 2ème bataillon perd une grande partie de son effectif dans le bois de COULLEMELLE, sous des tirs violents d’obus à gaz. Dans la nuit du 1er au 2 juin, le 272ème régiment d’infanterie vient nous relever. Dans la nuit du 2 au 3, le 135ème se porte à BRUNVILLIERS-LA-MOTTE, bientôt l’offensive allemande se déclenche après une préparation d’artillerie par obus toxiques sur tout le front de la 3ème armée. Les Allemands avancent rapidement. Le 135ème fait partie des troupes d’élite placées sous le commandement du général MANGIN, pour briser l’attaque ennemie qui devrait ouvrir la porte de PARIS.

Le 11 juin, à 10 h 30, le régiment montant sur la croupe de MERY franchit la base de départ, ses trois bataillons en profondeur dans l’ordre 3ème, 2ème, 1er, 1 500 mètres nous séparent de l’ennemi bien protégé par un barrage de gros calibres. Le régiment reformé dernièrement avec un gros renfort de jeunes de la classe 18 se montre d’une bravoure indomptable.

L’ennemi qui se voit enlever l’initiative du combat oppose une résistance acharnée, malgré de violents tirs de mitrailleuses, malgré les feux de barrages, malgré la destruction de nos chars d’assaut qui sont en grand nombre la proie des flammes, MERY est dépassé vers 14 heures. Nos troupes tiennent bon, les contre-attaques furieuses des Allemands se brisent sur la barrière désormais infranchissable de l’armée MANGIN. PARIS est sauvé. – Grosses pertes le 11 au 3ème bataillon dont le commandant est blessé vers midi. Le 2ème bataillon vient relever le 3ème au début de la nuit du 11 a 12. L’ennemi contre-attaque les 12 et 13. Le 2ème bataillon est cité à l’ordre du corps d’armée avec le motif suivant :

« A peine reconstitué, le 2ème bataillon du 135ème régiment d’infanterie a pris part avec entrain, sous le commandement du capitaine de la ROCQUE, à la puissante attaque du 11 juin, et résiste très brillamment, le 13, à de nombreuses contre-attaques, conservant le terrain conquis et causant à un ennemi très supérieur en nombre de très graves pertes. »

Après ce coup terrible, le régiment part au repos dans la région de CAMPRENY-BONVILLIERS ; Le 6 juillet il remonte en ligne près de GRIVESNES. Dans la nuit du 21 au 22 il se porte dans les bois de MONTGIVAL, ALLONGE et FOUCHON. Le 23, à 5 h 45, ave un élan superbe, le 135ème attaque AUBVILLIERS, le 2ème bataillon face au village, le 1er au nord et le 3ème en soutien. A 6 h 25, après de durs combats le village est occupé par le 2ème bataillon. Le 1er bataillon, de son côté, enlève trois lignes de tranchées permettant l’avance du régiment voisin, 380 prisonniers, 12 officiers, dont en E. M. de bataillon, une grande quantité de matériel, tel est le tableau de cette belle journée qui vaut au 135ème une citation à l’ordre de l’armée :

« Sous le commandement du lieutenant-colonel REGNIER-VIGOUROUX, dont l’action personnelle fut pour une large part dans le succès du 23 juillet 1918, a enlevé en moins de trois heures, sur une profondeur de 3 kilomètres, toutes les organisations ennemies couronnées par le village fortifié d’AUBVILLIERS, s’y est maintenu malgré les violents efforts de l’ennemi, faisant 380 prisonniers, dont 12 officiers, et capturant un important matériel de guerre dont 5 canons de 77, 3 canons lance-bombes, 10 minenwerfers légers et 39 mitrailleuses. Avait déjà pris une part glorieuse à la contre-offensive des 11, 12 et 13 juin 1918, en enlevant les positions ennemies au nord de MERY et en s’y maintenant malgré les terribles contre-attaques ».

Le 135ème fait partie ensuite des troupes de poursuite, place qu’il tiendra avec honneur jusqu’à l’armistice.

Le 9 août, à 12 h 45, le 135ème, 2ème bataillon en tête se porte à l’attaque du bois RAOUL LEMAIRE et du parc de DEVENESCOURT. Malgré des efforts répétés, le bois RAOUL LEMAIRE ne peut être atteint avant la nuit à cause du nombre considérable de mitrailleuses ennemies. Le lieutenant SIFFROY est tué glorieusement en entraînant sa section. Le lieutenant PAUMARET a la cuisse brisée, et continue à encourager ses hommes. Le matin du 10, le 1er bataillon reprend l’attaque à son compte et après un court mais violent bombardement s’empare du bois RAOUL LEMAIRE, du parc, du château et même du village de DAVENESCOURT, faisant de nombreux prisonniers. Continuant son avance, il atteint BECQUIGNY, passe l’Avre, prend le bois de la FAMILLE, MARQUIVILLIERS, mais ne peut en déboucher. Le 11, l’attaque reprend, le 1er bataillon s’empare d’ARMANCOURT. Le 135ème avance toujours et, le 16, toute l’ancienne position française est entre nos mains, mais LAUCOURT hérissé de mitrailleuses est défendu énergiquement. Le 17, après une attaque infructueuse avec chars d’assaut où la 7ème compagnie et le lieutenant DELATTRE se sont fait remarquer par leur audace et leur courage, le 135ème, aux abords du village, n’est relevé que le 23 août et part dans la région de CROISSY.

De telles qualités de mordant et d’endurance valent au régiment une citation à l’ordre de la première armée :

« Sous le commandement du lieutenant-colonel REGNIER-VIGOUROUX, après avoir, du 8 au 9 août, rompu la résistance de l’ennemi, s’est emparé de plusieurs positions fortifiées et de villages, a réalisé une avance de 12 kilomètres, capturant près de 200 prisonniers, 150 mitrailleuses et un très important matériel. N’a cessé, jusqu’au 23 août, de combattre, donnant ainsi les preuves d’un magnifique entrain et de la plus grande vaillance.»

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La 7ème compagnie est également citée à l’ordre de l’armée.

Enlevé en auto-camions, le 135ème débarque le 3 septembre à RETHONVILLIERS. Le 3ème bataillon prend immédiatement les avant-poste, le pont de QUIQUERY et marche sur OFFOY. Le 5, au petit jour, par une action audacieuse et d’une extrême rapidité, la 10ème compagnie et des éléments de la 9ème et de la 11ème, durement éprouvée la veille, s’empare du passage de la Somme à OFFOY. Malgré de violentes contre-attaques des Allemands, le 6, la tête de pont est suffisamment élargie pour permettre le passage de toute la 152ème division d’infanterie. Le 3ème bataillon est cité à l’ordre du corps d’armée.

« Le 5 septembre 1918, le 3ème bataillon du 135ème régiment d’infanterie, sous le commandement du chef de bataillon HOLL, a enlevé brillamment et par surprise un village formant tête de pont après avoir traversé une rivière et un canal sur une passerelle improvisée A conservé le terrain conquis malgré deux fortes contre-attaques précédées de bombardements d’une violence extrême avec obus explosifs et toxiques. »

La poursuite continue rapide, ce sont successivement RANCOURT, VILLERS-SAINT-CHRISTOPHE, AUBIGNY, BRAY-SAINT-CHRISTOPHE, qui tombent malgré de vies résistances. Le 7, le 1er bataillon attaque HAPPENCOURT qui ne tombe que le 8 à 17 heures, après une lutte acharnée à la grenade.

Le régiment passe alors en réserve de division d’infanterie. Le 17, il reçoit l’ordre d’attaquer la cote 102. Après 30 minutes de préparation d’artillerie, le 2ème bataillon s’élance mais se trouve arrêté, en arrivant aux fils de fer ennemis, par des mitrailleuses qui le déciment rapidement. Le 18 l’attaque reprend sur un plus large front, menée par les trois bataillons. Les mitrailleuses arrêtent à nouveau nos hommes qui arrivent néanmoins à s’emparer, par infiltration, de CASTRES et des lisières ouest de CONTESCOURT, marchant vers les cotes 102 et 103 qui sont dépassées le lendemain. Dans la nuit du 29 au 30, le 135ème se prépare à attaquer un système de tranchées au nord de la route CASTRES-URVILLERS, mais les Allemands n’attendent pas le choc et se replient jusqu’à la ligne HINDENBURG, ligne formidable protégée par des réseaux épais et intacts, des mitrailleuses sous abris bétonnés et qui nécessitera une grosse dépense d’artillerie avant de tomber entre nos mains. Le régiment relevé dans la nuit de 3 au 4 octobre part au repos vers DURY.

A partir du 16 octobre, le 135ème est à la disposition de la 15ème division d’infanterie. Dans la nuit du 16 au 17, les 1er et 3ème bataillons prennent les lignes devant la corne sud de BERNOVILLE et le cote 153.

Le 17, l’attaque se déclanche, mais arrêtée par les feux de mitrailleuses, nos vagues d’assaut restent toute la journée en butte à des tirs d’artillerie très meurtriers.

Le 18, la poursuite reprend à 5 h 30 et nos vagues collant au barrage arrivent jusqu’à la route de BERNOVILLE, où elles se heurtent à des réseaux intacts, nos pertes sont lourdes. A 14 heures, le 114ème, ayant pris BERNOVILLE et AISONVILLE, une action est ordonnée en direction du sud-est. Le 2me bataillon surprend l’ennemi par son attaque soudaine et lui fait 150 prisonniers. Le régiment est récompensé par un grand nombre de citations à l’armée, dont une à son chef, le commandant CONSCIENCE, et une autre au 2ème bataillon.

« Sous le commandement habile et ardent du chef d’escadron de la ROCQUE, a attaqué par surprise, en la tournant, une position ennemie fortement organisée et défendue, s’en est emparée, a pris une centaine d’Allemands et deux canons, puis a exécuté un changement de pont difficile et a entamé la poursuite. »

A partir du 26 octobre, le régiment se tient prêt à prendre part à la grande offensive de la 1ère armée, c’est-à-dire forcer le canal de la Sambre à l’Oise. L’opération présente des difficultés qui paraissent insurmontables A l’heure fixée cependant, le 1er bataillon, utilisant quatre passerelles lancées par le génie, franchit le canal et élargissant son action s’empare de deux lignes de tranchées. A force d’énergie, le régiment passe sur la rive est. Le 3ème bataillon s’empare de la ferme de Jérusalem et pousse dans la direction d’IRON qu’il ne peut atteindre dans la soirée. Le 5, au matin, le 3ème bataillon s’emparait d’IRON ainsi que de quelques prisonniers et d’un important matériel. Le 135ème passe ensuite réserve de division d’infanterie. Pour sa brillante conduite, le 1er bataillon est cité à l’ordre du corps d’armée :

« Le 4 novembre 1918, devant HANNAPES, sous l’habile et énergique direction de son chef, le commandant CHATEIGNON, a réalisé le passage de vive force du canal de la Sambre à l’Oise, malgré une défense acharnée d’un ennemi auquel il a fait 90 prisonniers et pris 8 mitrailleuses lourdes, 17 légères et 1 minenwerfer. »

A la suite de cette série de faits d’armes, le 135ème est cité pour la 3ème fois à l’ordre de l’armée :

« Le 4 novembre 1918, sous le commandement du Colonel REGNIER-VIGOUROUX, a forcé le passage du canal de la Sambre à l’Oise, au sud d’HANNAPES, triomphant grâce à la superbe énergie du Commandant CHATEIGNON, commandant les unités de tête, de la défense acharnée de l’ennemi, a progressé au cours de la journée du lendemain de plus de 4 kilomètres, enlevant tous les objectifs assignés y compris le village d’IRON et capturant : 167 prisonniers, 61 mitrailleuses et 7 canons. »

Bientôt d’armistice était signé, le 11 novembre, à 11 heures du matin, la grande souffrance, les privations, l’horrible cauchemar, le voisinage constant de la mort, tout cela n’était plus que de l’histoire.

Le 135ème redescend alors à pied de la frontière belge jusque dans la région de BEAUVAIS, qu’il devait quitter le 10 décembre pour entrer en Lorraine, et passer ensuite dan l’armée d’occupation en attendant la signature de la paix. Le 1er mai 1919, le Colonel REGNIER-VIGOUROUX est obligé de se séparer du 135ème qu’il a conduit continuellement à la gloire, le Lieutenant-Colonel BOISSELET prend le commandement du Régiment.

Nous ne saurions terminer ce petit exposé de l’historique du 135ème, sans adresser à nos camarades tombés sous les plis du drapeau, l’hommage de notre éternelle reconnaissance et de nos sentiments les plus émus. Gloire aux combattants du 135ème morts pour la France, ils furent les premiers artisans de la victoire et c’est grâce à leur martyre que nous avons retrouvé nos provinces perdues, libéré notre sol envahi et assuré le triomphe de la justice et du droit sur la barbarie teutonne.

Merci à Marie-Paule et au site du chtimiste que je vous invite à visiter.

PRECISION : Gran'Papy-Louis appartenait au 135ème RI / 36ème BI / 18ème Division d'infanterie et faisait face aux 12 et 19 ème CAR  (Korpsbereiche) de la 3ème armée allemande.

Mettez ces deux textes en parallèle et constatez les similitudes de la situation militaire mais comme le bilan est oh combien différent .....
Carnet de Grand'Papy-Louis (Communiqué officiel du 27 septembre, 23 heures)
"Le 26 au matin, belle gelée, journée très chaude, nous sommes dans les sapins sous la nuée de balle et d'obus. Je suis en plein soleil, dans un trou comme abri, journée sérieuse, on est à 500 mètres de nos trous d'obus du 24 septembre.
....
Je dois avoir été blessé le 27, dimanche. De Prosnes on m'a amené...".
Le crayon de bois s'est arrêté d'écrire sur le petit carnet, la phrase restera à jamais inachevée... et  l'agonie durera 10 longues journées avant qu'il décède, faute de soins chirurgicaux, à l'ambulance de  Moumelon-le-petit dans la Marne.
Il se confirme que dans la nuit du 25 au 26 et jusque dans la journée du 27, nuit et jour, les Allemands n'ont cessé de renouveler, sur tout le front, des attaques d'une violence inouïe, dans un ensemble qui dénote des instructions du haut commandement de chercher la solution de la bataille.

Non seulement ils n'y sont pas parvenus, mais, au cours de l'action, nous avons pris un drapeau, des canons et fait de nombreux prisonniers. Le drapeau a été enlevé à l’ennemi par 1e 24‘ régiment d’infanterie coloniale. Tous nos commandants d'armée signalent que le moral de nos troupes, malgré les fatigues résultant de cette lutte ininterrompue reste excellent, et qu’i1s ont même du mal à les retenir dans leur désir d'aller aborder l'ennemi abrité dans des organisations défensives.
On perd une vie. On prend un drapeau.

Il n'aura pas eu l'occasion de recevoir, par la voie hiérarchique, ces splendides phrases ..... de M. Poincaré !!!

LA VISITE DU PRESIDENT AUX QUARTIERS GENERAUX

Le 5 octobre, 1e Président de la. République, accompagné du président du Conseil et du ministre de la, guerre, a rendu visite aux armées sur le front. Le 7 octobre, il a visité 1e camp retranché de Paris.
A l’issue de ces visites, M. Poincaré a télégraphie à M. Millerand :

« Mon cher Ministre,

La visite que nous venons de rendre aux armées a été profondément émouvante.
Jamais ne se sont épanouies plus complètement que dans la guerre actuelle les impérissables vertus militaires qui ont fait depuis de longs siècles 1a force de notre race et la grandeur de notre pays, et la vue de ces troupes magnifiques, synthèse vivante de l’énergie nationale, éveille dans l'esprit les souvenirs les plus glorieux de notre histoire.
Elles ont autant d'endurance que de flamme, autant d’opiniâtreté que d’élan ; elles savent que la victoire ne sera pas seulement le prix de la bravoure, mais celui de la persévérance et de la ténacité, et les nombreux succès qu'elles ont déjà remportés et qu'elles ont dus à une heureuse alliance de ces qualités diverses leur ont inspiré une légitime confiance dans le triomphe définitif.
Elles ont des officiers résolus, fiers eux-mêmes de les conduire au feu, sous les ordres de généraux qui ont fait leurs preuves sur les champs de bataille, et sous le commandement suprême d'un chef dont la méthode et l’impassibilité sont un objet d'admiration pour tous ceux qui le voient a l’œuvre.
Je vous serais reconnaissant, mon cher Ministre, de vouloir bien transmettre mes nouvelles et très vives félicitations au général en chef, aux: commandants d'armées, aux commandants de corps, à tous les officiers, sous-officiers et soldats. Tous, ils servent la France avec le même dévouement ; tous, ils méritent sa gratitude la plus ardente.
Croyez, mon cher Ministre, à mes sentiments les plus dévoués.»

Signé : POINCARE.

Communiqués pendant cette période d'agonie :

Déjà 10 jours que la cathédrale de Reims a été bombardée pour la première fois (19/09). La construction des tranchées a commencé. Le carnage commence.

Précision : le bombardement de la commune de Prosnes n'avait laissé que 7 maisons debout ce mois-ci ....

Papy-Louis se rappelait, sur place, en 2001, les ruines qu'il avait vues en 1920.

28 Septembre 1914


Le 28 septembre commençait le siège d'Anvers par les Allemands.

Fait divers du 28/09/14 : La presse informe qu'il y a toujours des opportunistes ! Des bouchers se faisaient

passer pour des officiels et réquisitionnaient des bêtes à bas prix pour revendre la viande à l'armée !

29 Septembre 1914


Le 29 septembre s'engage au sud de Varsovie, la bataille de la Vistule. (cela faisait 19 divisions allemandes

en moins à l'ouest...)

30 Septembre 1914


"Communiqué officiel du 30 septembre 15 heures :
A notre aile gauche, au nord de la Somme, l'action continue à se développer de plus en plus, vers le nord.
Entre l'Oise et l'Aisne, l'ennemi a prononcé une vigoureuse attaque sur tracy-le-Mont, au nord-est de la forêt  de l'Aigle, et a été repoussé avec de fortes pertes.
Au centre : Accalmie sur le front qui s'étend de Reims à la Meuse.
Entre l'Argonne et Meuse : Nous avons légèrement progressé.
En Woëvre : violents combats : nos troupes ont avancé sur plusieurs points, notamment à l'est de Saint-Mihiel.
A notre aile droite (Lorraine et Vosges) : pas de modification.
En Galicie : Les tentatives de sortie de la garnison de Przemys ont échoué. Les armées autrichiennes continuent à battre en retraite en désordre, perdant de nombreux prisonniers, des canons et du matériel.
Au col d'Ozsok (sud de Przemys, dans les Carpathes) : un détachement russe a défait une brigade hongroise et pénétré en Hongrie.

Communiqué officiel du 30 septembre, 23 heures :
La situation générale est satisfaisante. Aucune modification sensible du front en Woëvre méridionale, ou nous avons occupé Seicheprey et poussé sur les pentes du Rupt-de-Mad".

 01 Octobre 1914 

(Communiqué officiel du I" octobre, 15 heures). - Pas de modification dans la situation d'ensemble.
Nous avons progressé cependant a notre gauche, au nord de la Somme, et à notre droite, en Woevre méridionale. 

(Communiqué oiïiciel du 1°’ octobre, 23 heures). - Rien de particulier à signaler, sauf dans la région de Roye, où une violente action a heureusement
tourné pour nous, et dans l'Argonne, où nous avons fait quelques progrès nouveaux. 

L'impression générale reste satisfaisante.

On imagine combien il doit être difficile de lire  "impression générale satisfaisante" quand on vient d'apprendre la mort au champ "d'horreur" de son mari, son fils, son père !....

02 Octobre 1914 

(Communiqué officiel du 2 octobre, 15 heures). - A notre aile gauche, le bataille continue très violente, notamment dans la. région de Roye, où les Allemands paraissent avoir concentré des forces importantes. L'action s'étend de plus en plus vers le nord ; le front de combat se prolonge actuellement jusque dans la région au sud d’Arras.
Sur la Meuse, les Allemands ont tenté de jeter, près de Saint-Mihiel, un pont qui a été détruit cette nuit.
En Woëvre. - Notre offensive continue, elle progresse pas à. pas, notannnent dans la région entre Apremont et Saint-Milhiel.
Sur tout le reste du front. - Il n'a été tenté, de part et d'autre, que des opérations partielles.

(Communiqué officiel du 2 octobre. 23 heures). - A notre aile gauche. Un de nos détachements, qui débouchait d'Arras, a. légèrement reculé, à l'est et au nord de cette ville.
Au nord de la Somme. - Nous avons progressé en avant d'Albert.
Entre Roye et Lassigny. - L'ennemi a prononcé de violentes attaques qui se sont brisées contre notre résistance.
Calme sur le reste du front. - On signale qu'aux abords de Saint-Mihiel, il ne reste plus d'ennemis sur la rive gauche de la Meuse.

03 Octobre 1914

(Communiqué officiel du 3 octobre, 15 heures). - A notre aile gauche. -
L'action violente engagée depuis. hier continue, en particulier dans la région de Roye. où nous avons repousse toutes les attaques, bien que. sur cette partie du front, l'ennemi ait été renforcé par de nouveaux prélèvements opérés sur le centre de sa ligne.
Au centre. - Rien a signaler de Reims à l'Argonne.
Dans l'Argonne. - Le XVIème corps allemand (armée du Kronprinz), qui avait essayé de se glisser dans le bois de la Grurie, a été refoulé au nord de la route Varennes-La Harazée-Vienne-la-Ville.
En Woëvre. Dans les Hauts de Meuse. - Notre progression est toujours lente, mais continue.
En Belgique. _ Les Allemands bombardant le front sud-est de la place d'Anvers, sans avoir pu obtenir encore d'effets considérables sur les ouvrages ; ils ont prononcé plusieurs attaques d'infanterie qui ont été repoussées.
En Russie. - Une armée allemande, forte de quatre corps d’armée, établie entre la frontière de la Prusse Orientale et le Niémen a eu son aile gauche rejetée sur Mariamplo et Suwalki. Au centre, la ville d'Augustow a été prise par les Russes. A l'aile droite allemande la lutte continue autour de la place d'Ossowetz (entre Lyck et Bjelostoc).
En Galicie. - Les arrière-gardes autrichiennes reculent en désordre au delà de la Vistule.
En Bosnie. - Les colonnes serbes et montenegrines s'avancent sur Sarajevo.

(Communiqué officiel du 3 octobre, 23 heures). - Aucun détail nouveau à signaler. L'impression générale est favorable.

04 Octobre 1914

(Communiqué officiel du 4 octobre, 15 heures). - A notre aile gauche. - Après avoir repoussé toutes les attaques ennemies, nous avons repris l'offensive sur plusieurs points ; sur les autres, nos positions sont sensiblement maintenues.
Au centre. - Rien à signaler jusqu’a l'Argonne. _
Dans l'Argonne. nous avons refoulé l'ennemi vers le nord.
Dans la Woëvre méridionale, nous progressons, mais très lentement.
A notre droite (Lorraine et Vosges). - Rien de nouveau.

(Communiqué officiel du 4 octobre, 23 heures). - A notre aile gauche. - La lutte bat son plein dans la région d'Arras, sans qu'aucune décision n'ait été encore obtenue. L'action a été moins violente entre la vallée supérieure de l'Ancre et ‘la Somme et entre la Somme et l'0ise.
Nous avons progressé dans la région de Soissons où des tranchées ont été prises.
Sur tout le reste du front, l'accalmie déjà signalée persiste.
En Woëvre. - Nous avons fait quelques progrès entre Apremont et la Meuse et sur le Rupt-de-Mad.

05 Octobre 1914

(Communiqué officiel du 5 octobre, 15 heures). - A notre aile gauche - Au nord de l‘0ise, la bataille continue très violente et son résultat reste indécis ; nous avons dû, sur certains points, céder du terrain.
Sur le reste du front. - Rien de changé.
En Russie. - Après une bataille qui a duré dix jours, l'armée allemande qui opérait entre la frontière de la Prusse orientale et le Niemen a été battue sur toute
la ligne et effectue sa retraite en abandonnant un nombreux matériel. Elle a complètement évacué le territoire des gouvernements de Suwalki et de Lomja.

(Communiqué officiel du 5 octobre, 23 heures). - La situation générale est stationnaire.
A notre aile gauche. - L'action dure toujours.
Dans l'Argonne et sur les Hauts de Meuse. - Nous avons repoussé des attaques de nuit et de jour.
Le grand-duc Nicolas a adressé au ministre de la guerre, pour être communiqué au général Joffre, un télégramme annonçant la victoire d'Augustow.
Le général Joflre a envoyé, en son nom et au nom de l'armée française, ses plus vives félicitations au généralissime de l'armée amie et alliée, pour sa victoire remportée, gage de succès futurs.

 06 Octobre 1914 


(Communiqué officiel du 6 octobre. 15 heures)- A notre aile gafuche- Le front prend une extension de plus en plus grande. Des masses de cavalerie allemande très importantes sont signalées aux environs de Lille, précédant des éléments ennemis qui font un mouvement par la région nord de la ligne Tourcoingy-Armentières.
Autour d'Arras et sur la. rive droite de la Somme, la situation se maintient sensiblement. Entre la Somme et l’Oise, il y a eu des alternatives d'avance et de recul. Près de Lassigny, l’ennemi a tenté une attaque importante qui a. échoué. Sur la rive dnoite de l'Aisne, au nord de Soissons, nous avons avancé légèrement. Avec la coopération très efficace de l'armée britannique, nous avons réalisé quelques progrès dans la régionde Berry-au-Bac.
Sur le reste du front, rien à signaler.
En Belgique. - Les forces belges qui défendent Anvers ont occupé solidement la ligne de Rupel et de la Nethe, contre laquelle les attaques allemandes ont échoué.

(Communiqué officiel du 6 octobre. 23 heures). - Les caractéristiques de la situation restent les mêmes.
A notre aile gauche. - Au nord de l'Oise, action de plus en plus violente.
Au centre. - Calme relatif.
Un peu de terrain a été gagné dans la partie nord des Hauts de Meuse.

07 Octobre 1914

Pendant que les plus hautes autorités, à l'abri à Bordeaux, continuent de déverser, à travers les communiqués, les propagandes les plus fantaisistes en tentant de faire croire au petit peuple, la victoire prochaine, la supériorité militaire, les nombreuses victimes presque unilatérales,
communiqué 07/10/1914

Belle lettre !

M. Raymond Poincaré vient d'adresser à M. Millerand 1a lettre suivante :

« Mon cher Ministre,
Nos vaillantes armées ont, de nouveau, donné, dans les quatre dernières journées de combat, des preuves éclatantes de leur bravoure et de leur entrain.
L’idée stratégique que le général commandant en chef avait conçue avec tant de clairvoyance et réalisée avec tant de sang-froid, de méthode et de résolution, s'est traduite, dans les opérations récentes, par une tactique impeccable.
Loin d'être fatiguées par de longues semaines de marches et de batailles incessantes, nos troupes ont montré plus d'endurance et de mordant que jamais.
Avec 1e vigoureux concours de nos alliés anglais, elles ont refoulé l'ennemi à l’Est de Paris, et les brillants succès qu‘el1es ont remportés, les magnifiques qualités qu'elles ont déployées sont 1e gage certain des victoires définitives.
Je vous prie, mon cher Ministre, de vouloir bien transmettre au général commandant en chef, aux officiers et aux soldats, avec l’expression émue de mon admiration et avec mes vœux les plus ardents, les félicitations et les encouragements du Gouvernement de la République
Croyez, mon cher Ministre, à mes sentiments affectueux et dévoués. »

Ou encore cela qui datait du 02 septembre :

Cette situation impose au Président de la République et au Gouvernement une décision douloureuse. Pour veiller au salut de la nation, les Pouvoirs publics ont le devoir de s'éloigner, pour l'instant, de la ville de Paris.
Sous le commandement d'un chef éminent, une armée française, pleine de courage et d'entrain, défendra, contre l'envahisseur, la capitale et sa patriotique population.
Mais la guerre doit se poursuivre en même temps sur le reste du territoire.
Sans paix ni trêve, sans arrêt ni défaillance, continuera la lutte sacrée pour l’honneur de la nation et pour la réparation du droit violé.
Aucune de nos armées n'est entamée ; si quelques-unes d'entre elles ont subi des pertes trop sensibles, les vides ont été immédiatement comblés par les dépôts et l'appel des recrues nous assure, pour demain, de nouvelles ressources en hommes et en énergies.

Comparé à cela  ! :
Le 6 septembre, le général commandant en chef les armées françaises adressait l'ordre du jour suivant à ses troupes :
« Une troupe qui ne peut plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place, plutôt que de reculer.
Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée. »
Raymond Poincaré.

Mais côté Allemand, la propagande était similaire ! :

Général-lieutenant Tulff von Tscheppe und Weidenhach à Vitry-le-François, le 7 septembre, à 10 h 50.

« Le but poursuivi par nos marches longues et pénibles est atteint. Les principales forces françaises ont du accepter le combat, après s'être continuellement repliées. Une grande décision est indiscutablement proche. Demain, donc, la totalité des forces de l'armée allemande, ainsi que toutes celles de notre corps d'armée, devront être engagées, sur toute la Ligne allant de Paris à Verdun pour sauver le bien-être et l'honneur de l’Allemagne.
J’attends de chaque officier et soldat malgré les combats durs et héroïques de ces derniers jours, qu'il accomplisse son devoir entièrement et jusqu'au dernier souffle. »


 Pendant ce temps, donc, le père de Papy-Louis rendait son dernier souffle, par manque de soins chirurgicaux, à l'âge de trente ans.
Nous pensons à toi "Grand'Papy-Louis"
Fiche militaire

(voir les communiqués des premiers mois de 1914 - actualisation en cours)

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