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Son carnet (3 pages et mourir 2/3 ) :   /
Historique du 135ème Régiment d'infanterie  (3ème partie) /4:

Journal de mon père septembre 1914
Deuxième page du carnet rapporté à ma mère après son décès :

"Du 9 septembre au 15, on a entendu le canon du matin au soir et même la nuit mais le 14 septembre, le canon allemmand a donné sur nous une quinzaine de coups dont trois nous ont fait replier. Ils sont tombés entre 30 et 60 mètres de nous.Du 14 au 19, 3 nuits au bivouac, 2 nuits de garde, aux Petites Loges et le 20 au matin, on  a fait la cuisine dans une maison défoncée par le canon à Prosnes, en attendant notre position.

le 135 RI sur la route

 Le soir, on a commencé à rentrer dans les tranchées. Nous sommes commes les ours, on ne voyage que la nuit pour prendre les positions. Le 22 septembre au 23, nuit claire et froide, journée belle, soleil chaud, toujours dans les trous. La nuit du 24, fait tranchées, près des pruscôts. Le matin, gelés, rentrés au bivouac une heure avant le jour et ordre de prendre position vers 7 heures."

3ème extrait de l'historique
 

Le 9, au matin, violente canonnade ; le régiment est engagé cote 166 (N. de FÈRE-CHAMPENOISE) et bientôt le combat devient très meurtrier. L’artillerie ennemie se démasque subitement, prenant nos mitrailleuses d’enfilade, elle les contraint à se replier malgré une héroïque résistance. Le lieutenant-colonel GRAUX et son adjoint le capitaine PONS sont blessés et faits prisonniers. Le colonel GRAUX parvint à regagner nos lignes la nuit suivante, le capitaine PONS était mort quelques heures après sa blessure. Tous les chefs de bataillon sont tués ou blessés, c’est le capitaine SANCERET qui commande le régiment. Les hommes sans ravitaillement depuis 2 jours, sans eau, sont exténués. Le 10, la marche reprend vers FÈRE-CHAMPENOISE, sous le commandement du commandant DELETOILE, qui rentre de convalescence. L’ennemi a laissé de nombreux cadavres sur le terrain. On retrouve les corps des commandants NOBLET et PONS qui sont inhumés à FÈRE-CHAMPENOISE. Nous retraversons la Marne à CONDÉ-SUR-MARNE.
Le 12 nous atteignons les GRANDES-LOGES, où les puits sont contaminés ; le 13, nous ramassons quelques traînards ennemis à MOURMELON-LE-PETIT. Le quart du régiment traverse PROSNES et reprend le contact avec l’ennemi qui tient les hauteurs de MORONVILLIERS. Malgré de violents feux d’artillerie et de mousqueterie nous conservons le village de PROSNES. Le commandant DELETOILE est blessé, le capitaine ABBADIE prend le commandement du régiment. C’est le commencement de la période de stabilisation et de l’interminable guerre de tranchées, qui convient mal à notre caractère audacieux, mais à laquelle nous sommes obligés de nous plier, jusqu’au jour où nos moyens d’attaque deviendront supérieurs aux moyens de défense de l’ennemi.

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