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-  MÉMOIRES DE GUERRE

DE LA 26ème COMPAGNIE DU 12ème ESCADRON DU TRAIN 

CONVOI AXILLAIRE 34 ( CVAX 34)  -
ANNEE 1916 - 1917 - ANNEE 1918

L'année des révoltes et des mutineries. 

JANVIER

Le 2 janvier 1917, nous quittions Conty et nous allions cantonner à Eplessier à 1500 m à l’ouest de Poix.

Là, nos chevaux étaient à l’abri, les hommes dans les granges ; les sous-officiers avaient des lits, ce n’était plus la guerre. Le 6 janvier, in capacité et insouciance du Capitaine Commandant. Nous abandonnions la grande rue à l’artillerie qui était de passage ; ma section toute entière dû être mise à la corde dans un champ, à proximité du pays. Ainsi, on mettait des chevaux de l’Etat dehors, pour mettre des chevaux de l’Etat à l’abri , et cela pour un passage d’une nuit.

LES CHEVAUX

Jusqu’au 17, mauvais temps, pluie et neige. A partir de ce moment, grand froid : 15 cm de neige , le  thermomètre à 15° au dessous de zéro, pas de dégel, même en plein soleil. Le 29 à 10 heures, ordre de se tenir prêt à embarquer le 01 février. Toujours mêmes températures. En ce moment, le thermomètre était à 16 ou 17 au dessous de zéro.

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FEVRIER

Le 15 février, ordre de partir le 16 en trois trains, embarquement à Conty, débarquement à Epernay, cantonné le lendemain à Dizy Margenta (51) le surlendemain à Germigny, pays de 100 habitants.

A Germigny, c’était la Champagne , comme dans tous les pays de vin, les gens sont affables, causent librement, en un mot un bon accueil. Le pays est adossé à la montagne, il n’y a pas beaucoup de vigne et le vin se vend comme un troisième qualité pour le Champagne, cela ne vaut pas la montagne de Reims et les environs d’Epernay. J’ai vu et passé à Ay, Hautvillers , Damery, c’est superbe, c’est fait comme des jardins, comme installations de caves et celliers, c’est magnifique. Le Pays est clair, cela respire l’aisance et le propreté.

Travail à Germigny, la compagnie divisée en détachements de la 4°, 3° et seconde section, il ne reste à la Pc que les chevaux malades et les voitures inutilisables.  Une moitié de la première est partie également et ceux qui restent assurent le ravitaillement de la PC et quelques petits services à droite et à gauche .

 

MARS

Jusqu’au 20 mars, rien de particulier .

Du 20 mars au 6 avril, mauvais temps, giboulées.

 

AVRIL

REIMS

Le 6 avril, jour de vendredi saint, les boches bombardent et brûlent Reims, c’était effrayant à voir. Quatre ou cinq incendies à la fois, pendant trois jours, la ville a brûlé. Le 10, ordre de partir pour la Garenne de la Tuilerie, Moulin de Cormont. Le 11, nous étions installés. Travail pour l’intendance, une partie de la compagnie était au service routier.

LA CATHEDRALE

Evacuation du Lieutenant Hubert pour une entorse. Préparation d’une attaque dans le secteur entre Soissons et Reims, c’était fantastique. Un boche aurait dit « KOLOSSAL » .

Attaque le 16 Avril.

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L’attaque ne fût pas ce que l’on escomptait, ce fut dur, on fit 20 000 prisonniers et 100 canons mais on ne fit que quelques kilomètres en profondeur. Le 16, jour de l’attaque, 80 voitures, un officier, un adjudant, 4 sous-officiers et 5 brigadiers partaient chargés d’avoine. Le 18, ils retournaient après avoir déchargé l’avoine sur place.

Le 22 j’étais de service pour l’intendance. Le 23 la compagnie partait pour le bois au nord de Jonchery côte 100. Le 24, les détachements rentraient à la PC et le 25 en route pour un cantonnement entre Drouilly et Pringy. Le 26, en route pour un autre bivouac à 800 m de Pringy. Quatre détachements de 20 voitures chacun, un pour Luthernay, un pour Sommeville, un à Hermonville et un à Châlons le Vergeur. Le reste de la compagnie était vidé, le 30 avril , 4 saucisses brûlées par un avion boche à 13 heures : descentes en parachute. Toutes les nuits, séances d’aviation.

 

MAI

Le premier mai, départ du Lieutenant Dutertre au CVAX , bombardements dans la nuit du 7 au 8 mai, plusieurs victimes.

Presque tous les jours, combats d’avions où les nôtres avaient toujours la supériorité, ainsi, le 11 mai, trois boches abattus. Le 17 mai nous recevions l’ordre de nous tenir prêt à embarquer à partir du 20. Départ du Lieutenant Hubert le 23 Mai pour rentrer chez lui. Le 24 mai nous recevions l’ordre différent du premier, nous devions partir le 26 pour Courmas, au repos pour 15 jours et nous tenir prêts dans les 48h qui suivirent ce repos.

La compagnie entière fut dirigée vers Courmas, pays assez agréable dans un trou, il y avait des vignes : bon cru. Un CVAD occupait le village avec nous mais il avait plus de chance que nous, il était là depuis 7 mois et avait des classes 1900 et 1901.

LES FERMES AMBULANCES

Revue et inspection. Une chose à rappeler : c’est le courage de certains habitants, ne quittant leur maison qu’à la dernière extrémité : exemple – la propriétaire de la ferme Luthernay, 23 ou 24 ans, un petit bambin, son mari adjudant est mobilisé ; la ferme bombardée tout le tour et ne quitta l’endroit que quand les obus tombèrent dans la cour.

Au lieu des 45 jours de repos que nous devions avoir, ce fut dix

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JUIN

Le 5 juin à sept heures du soir, nous recevions l’ordre que la compagnie devait embarquer le 6 à 4 heures à Muizon en quatre trains. Le capitaine en permission, juste un officier qui faisait fonction de capitaine. Il partait au quatrième train, donc les trois premiers trains avaient été commandés par des sous-officiers : le premier par l’adjudant Demonteux, le deuxième par moi, le troisième par Marcilland. Direction Sommeilles près Revigny et de là Dugny sous Verdun. Détachement de 88 voitures à la disposition du Génie, cantonné dans la caserne des chasseurs près de Verdun et commandée par l’adjudant Demontaux, 3 sous-officiers : Therier, de Montigny, et moi.

Ravitaillement des tranchées à Vaux Douaumont « Aubremont » , « Garcia », (MF4 – ruines de Verdun).

Le 19 Juin, deux chevaux blessés au dépôt Marceau.

Travail normal et rien d’extraordinaire jusqu’au 26. Dans la nuit du 26, un homme blessé par un éclat d’obus à « Chamboulliac » .

Arrivée à ce moment de deux officiers, deux sous-lieutenants, un de la classe 93 et l’autre un embusqué de 22 ou 23 ans, un gosse. Le plus vieux est affecté à la première section, le jeune à la troisième section.

 

 PERMISSIONS

JUILLET

Le trois juillet, départ en permission, le 10 le détachement quitte Bevaux, rentre à la PC le 12. La compagnie s’installe à Dugny pour travaux de culture. Le 14 , bombardement de Dugny, alors la compagnie part pour le Boqueteau des Pins toujours même travail : rentrer les foins et labourer.

Le 22, bombardement de Dugny, le 23 départ de 60 voitures pour Verdun (caserne Levaux) service du Génie. Trois sous-officiers et un adjudant.

Le 30 départ de Laborie, il est évacué ; le 31 départ de Breuil (évacué)

 

 

Explosion d’un dépôt de munition à côté du fort St Michel. Par miracle, le détachement de Bejaux qui chargeait du matériel à la caserne Marceau, n’eut que la peur. 2 chevaux perdus et plusieurs harnachements.

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VERDUN

AOUT

Le 8 août, bombardement du quartier Bévaux, nous étions à même souper 5 h 45 ; j’avais été voir les camarades.

Les 12 et 13 , bombardement de Dugny, évacuation du pays par les habitants qui avaient résisté jusque là. Ils couchaient dehors dans les champs avec leurs animaux. Le plus terrible de cette soirée du 13, par un orage terrible et une pluie torrentielle de voir ces paysans dehors avec leurs animaux et voir à 700 ou 800 m, leur maison s’effondrer sous les obus. Combien à l’arrière que la guerre ne touche pas ainsi que les embusqués qui font la noce pendant qu’au front , il y  a tant de misère.

A partir du 13 au matin, bombardement intense vers la côte 304 et les bois d’Avocourt et dans la nuit du 13 au 14 de deux de nos poilus par des obus spéciaux à Haudiomont.

A ce moment, un détachement de chez nous était à Marceau attaché à un GBD et les hommes passaient les nuits à aller chercher les morts aux tranchées ; c’est honteux pour l’armée française d’envoyer chercher des malheureux, tués pour la patrie, avec des charrettes et les entasser comme du fumier. Ce qu’il y a de plus démoralisant, pour les troupes qui circulent toute la nuit, de voir à la lueur des fusées éclairantes, ces charrettes chargées de cadavres.

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TRANSPORTS DE VIVANTS ET DE MORTS

Ceux-là glissent et tombent par terre, les conducteurs sont obligés de les recharger, de les rattacher avec des cordes ; et tout cela parce qu’il y a des embusqués. Les morts devraient être transportés dans des fourgons ou voitures fermées. Personne s’en apercevrait. Et enfin malgré qu’ils soient morts, on doit avoir du respect pour eux. Ces voitures existent mais elles sont à l’arrière dans les villes, à l’abri du marmittage et embusquent des jeunes. Les gens de l’arrière qui voient ces ambulances, se figurent que si elles sont dans les villes, loin du danger, c’est qu’il y a largement ce qu’il faut .. mais il en manque au front.

AMBULANCE DE FORTUNE

Dans la nuit du 16 au 17, 5h  à suffoquer dans les gaz ; dans celle du 17 au 18 six chevaux tués et 6 blessés très grièvement (évacués). Dans celle du 18 au 19, encore un homme intoxiqué.

LES GAZ
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Le 18, la tête d’un obus de gros calibre fut projeté par l’explosion de Dugny dans notre cantonnement, elle pesait seize livres… elle est arrivée comme un obus, fauchant les branches, défonçant le marabout où mangeaient les officiers et cassant les bouteilles. Le cuisinier était à un mètre et moi à 2, 5 m, 5 ou 6 poilus à proximité (entre 15 e t20 m) ce qui prouve que l’on se ferait tuer où l’on se croit en sécurité : Dugny est à 1 km ;

Dans la nuit du 19 au 20, deux hommes pris par les gaz. Dans celle du 20 au 21, 6 chevaux intoxiqués, plusieurs blessés, quatre charrettes mises en miettes.

Les attaques des 20 , 21 et 22 ont complètement réussi.

COUCHER SOUS TERRE

Séances d’aviation toutes les nuits, les convois mitraillés et villages de l’arrière et ambulances bombardées ainsi que les bivouac … il fallait coucher sous terre.

Départ de la classe 91 ; malice du Capitaine pour ne pas renvoyer mon camarade Vergniaux, toujours incapacité et inconscience de certains officiers, toujours le gamin de 21 ans, sous-lieutenant ; de mon temps, il fallait trois ans pour faire un sous-officier, mais avec le progrès on fait de certains pistonnés que l’on veut cacher en trois mois : de là, on peut juger.

TRACTION D'UN AVION
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SEPTEMBRE

Au douze septembre, il y avait à la compagnie à partir en permission avant le 1er octobre ; on ne s’occupait pas de nous, nos tours de permissions sautaient comme si on nous avait rien dû. Ces 127 hommes ont eu trois permissions en deux ans alors que d’autres unités avaient eu 7 ou 8 permissions. C’est honteux l’injustice qui existe. Notre capitaine prenait cela tout doux ; il nous laissait faire le service du GBD et du Génie qui sont arme combattante alors que nous sommes non- combattants .

Nous étions toujours dans les secteurs d’attaques, continuellement sous la mitraille et les permissions supprimées.

Les séances d’aviation continuaient de plus belle, des villages démolis, des ambulances bombardées, des bivouacs mitraillés, des incendies partout ; telles étaient les beautés de la guerre. Impossible de voir se réaliser les circulaires et les lois dont nos législateurs nous bourraient la tête ; on ne trouvait jamais assez de papier pour écrire toutes les choses absurdes que l’on voyait.

Telle était la situation à la fin septembre 1917.

 

OCTOBRE

Au premier octobre, je partais en permission de 23 jours. Pendant ce temps, la compagnie changeai de place et bivouaquait au Chêne Gossin. A mon arrivée, il pleuvait et nous étions dans la boue jusque par-dessus les chevilles.

 

NOVEMBRE

On n’y voyait jamais le soleil, travail de semaine très dur.

Toujours des détachements pour l’avant, un autre dans les forêts à Peaubecourt. Transport d’un lot de 7000 « facines » du bois de Thierville aux carrières sud pour l’attaque du 29 novembre.

Apparition de la neige le 25 au soir puis le 27 au matin. Températures très froides et mauvais temps continuel. Départ du petit « galopin » (jeune officier) – il ne voulait point partir – il s’accrochait à toutes les branches ; mais quelqu’un de la compagnie s’était attaqué où il fallait mais il a fait comme les chats, il est retombé sur ses pattes : il est secrétaire d’un colonel d’artillerie.

 

DECEMBRE

Le premier décembre, je fus atteint d’urticaire : pendant trois jours, je ne me fis pas porter malade mais par la bêtise du Lieutenant qui voulait m’embêter parce que je ne restais pas au pansage le 4 au matin de ma visite. A ce moment, il y eut un mouvement dans la compagnie ; les pères de nombreuses familles et les plus vieilles classes qui étaient dans les CVAD furent versés dans les CVAX et les jeunes des CVAX partirent remplacer les CVAD.

Toujours la neige. Fin décembre, une circulaire paraît disant que le CVAX étant composé de territoriaux, nous ne devions pas assurer le service des tranchées ; ce travail devant être fait par les CVAD. Malgré tout on nous fit continuer jusqu’aux 9, 10 et 11 janvier.

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ANNEE 1916 - 1917 - ANNEE 1918

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