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-   1928   -

LA PAIX RETROUVÉE OU LES PRÉPARATIFS A LA REVANCHE ?

Dans l'année 1928, Karl, l'un de mes camarades photographiés au jardin du mail et devant la cathédrale d'Angers a été à l'origine de l'anecdote en question. Karl était allemand et en stage d'horticulture avec moi à Angers. C'était un bon collègue d'apprentissage. Il prenait ses repas avec nous au petit restaurant ouvrier en bas de la rue du haut-pressoir. C'était notre "point de rencontre" où nous échangions lors de la pause de midi. L'un de nous était chef de culture dans un établissement tout proche et était particulièrement intéressant pour alimenter les conversations quels qu'en soient les sujets.

Ce dernier se mit, un jour, à parler de la guerre 1914/1918 et des remboursements des dommages de guerre. Karl était accompagné d'un nouveau stagiaire de son pays deux ou trois jours avant cette conversation. En nous le présentant, il nous dit :" Il ne connaît pas le Français"; de fait, il parlait en allemand avec son soi-disant camarade. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque, après qu'il ait entendu notre chef de culture réclamer nos dommages de guerre, il se retourna et lui dit en bon français : " Vous pouvez les attendre vos dommages ! Nous mettons notre argent dans de l'armement et nous aurons notre revanche !" Un stagiaire parisien, assis à proximité, lui répliqua : " Tu as de la chance qu'en France on ne te dise rien car si un français en avait dit autant en Allemagne, il aurait probablement été sanctionné !" Inutile de dire que nous n'avons jamais revu de pseudo stagiaire. Était-ce un débutant en horticulture ou un des futurs bourreaux  ? Nous en étions tous abasourdis ... Malheureusement ces propos se sont révélés exacts par la suite. En effet, les usines Krupp, Rheinmetall-Borsig avec les motorisations Daimler-Benz  fabriquaient beaucoup d'armement offensif et en particulier des chars déguisés en véhicules utilitaires pendant cette période alors que nos politiciens et nos chefs militaires (ce qui n'était pas incompatible) , si naïfs, se croyaient invincibles avec la ligne Maginot ....

Lorsque nous sommes partis de France en Juin 1940 sans que l'on puisse nous redonner une arme, départ pouvant s'assimiler à une fuite motivée partiellement par faute de matériel , ( lire juin/juillet 40 - le  18 juin -), vous vous doutez que je repensais à ce petit restaurant et à l'anecdote qui s'y rapporte. Mais nous avions la chance, dans la marine de pouvoir partir pour reformer d'autres compagnies pour d'autres opérations dans d'autres pays; mais l'infanterie qui devait parfois faire face aux chars allemands avec des baïonnettes... 

Cette volonté de croire aux alliances et à la paix qui en découle, même après des signes évidents, pour ne pas dire des faits : l'annexion de l'Autriche en premier, a duré jusqu'au jour de la déclaration de la guerre. (preuve en est : lire les articles de presse si dessous)

Autre anecdote de 1938, cette fois-ci :

A cette époque, je  chassais un peu. Un jour de 1938, croisant un camarade sur un terrain de chasse, juste après l'entrée en Autriche des Allemands, je me souviens lui avoir dit :" J'ai bien peur que nous soyons bientôt obligés de changer de type de fusil pour servir une autre cause". En effet, l'année suivante, nos épouses ont, sur ordre, porté nos fusils à la mairie du village : nous étions rappelés et mobilisés. 

Étions-nous très lucides ou faut-il penser que ceux qui nous gouvernaient ne l'étaient pas du tout ? 

Ci dessous, quelques  articles sur la même page d'un journal du 10 Août 1939 ! Appréciez vous-même le contraste entre les 3 premiers articles et le sujet sur les instructions de Hitler écrit "sous réserve" ... 

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