RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL                            RETOUR AU PLAN DU SITE
L'ÉCOLE  DE  POUILLÉ  -

Dans l’année 1921, j’ai passé mon certificat d’études libre et fait une année supplémentaire qui s’appelait le « cours supérieur » couronné par un diplôme « deuxième degré ».

 

année du certificat

Ensuite, en octobre 1922, je suis entré à l‘école d’agriculture de Pouillé. Nous avions cinq mois de cours agricoles plus les matières générales égales à celles des lycées pour le brevet et les cours pratiques de menuiserie, forge et bourrellerie par des maîtres ouvriers de chaque métier. La partie théorique était dispensée à Saint Urbain, bâtiment jouxtant l'école de Mongazon à Angers. L’apprentissage était rigoureux ; à titre d’exemple, aujourd’hui, c’est à dire 80 ans plus tard, je peux encore citer de mémoire la définition de la cellule. En effet, en complément aux cours généraux, nous avions ceux de botanique et entomologie une ou deux fois par semaine. Ils étaient enseignés par un professeur de l'école supérieure d'agriculture d'Angers : Monsieur Barberon. Lorsqu'il arrivait à l'étude, il faisait trois pas dans la classe et s'arrêtait en pointant du doigt l'un d'entre nous, posant cette question : "Untel"! "Qu'est-ce que la cellule ?" Il fallait aussitôt répondre : « La cellule est une petite masse de matière albuminoïde, composée d’une membrane, d’un protoplasme et d’un noyau et, dont le caractère distinctif est d’être perméable aux liquides et aux gaz » (Nous n'en étions pas encore rendus aux recherches par A.D.N. mais il devait déjà s'en douter). "C'est indispensable"! Disait-il, "car la cellule est le départ de tout être ou de toute chose". Je ne l'ai jamais oublié ..... Faites-en autant !

Urbain-Mongazon

première année 1922

De mars à octobre 1923, le programme passait par des travaux pratiques à la ferme : soins des animaux, traite des vaches (à la main bien sûr), entretien des terrains et des cultures (cours de chimie appliquée avec les premiers engrais chimiques et traitements dont celui du doryphore qui venait d’Amérique). Il ne faut pas oublier le battage des céréales avec locomobile et batteuse accompagnées d’une lieuse qui mettait la paille en bottes pour faciliter le transport et la mise en pailler.

battages

 Il y avait déjà un tracteur à la ferme école de St Georges des sept voies où nous allions par quatre ( à vélo ou en train après les vêpres : tramway pour rejoindre la gare et carriole à la gare d'arrivée pour rejoindre l'école lorsque ce n'était pas à pieds... ) pour une semaine, les uns après les autres. Nous en avons vu un deuxième à la Trappe de Belle-Fontaine. Il n’y en avait pas encore un seul  dans la vallée de l’Authion car les surfaces étaient trop petites avec les spécialités de cultures maraîchères et florales pour graines. La Beauce présentant de beaucoup plus grandes surfaces n’en possédait pas non plus.  En revanche, au Canada, ils avaient déjà les premières moissonneuses–batteuses tractées Case et Ferguson. A la ferme de Saint Georges des Sept Voies, il y avait et il y a encore, je crois, une éolienne monumentale avec, à quelques mètres, un grand bassin couvert : cette éolienne ne produisait pas d'énergie électrique, elle faisait tourner mécaniquement la pompe pour extraire l'eau du puits très profond.

De octobre 1923 à Mars 1924, le programme était identique pour les cours de deuxième année; mais après, au lieu de travailler à la ferme, j’ai demandé à être affecté au jardin où le travail m'a plu. Au lieu de reprendre la troisième année de cours agricoles, j’ai pu continuer l’horticulture avec mon chef jardinier que j’appréciais (un jardinier « quatre branches » comme pour l’entretien des châteaux  : légumes, fleurs, arbres et paysage ). 

 

Comme on peut le voir sur les photos, le jardin ainsi que les fruitiers se situaient à la place des espaces vert d'aujourd'hui (ces fruitiers ne faisaient pas l'objet de  cours; en effet, l'arboriculture n'était pas au programme et c'est pour cette raison que j'ai vite préféré le "jardin" à la ferme. Je devais savoir, du haut de mes treize ans que les bourgeons, les fleurs et les fruits l'emporteraient sur les légumes et les animaux).

 

 

J'ai fait dans cette école mes premières greffes en écusson qui se pratiquent en pépinières de juillet à septembre. Dans cette école, l'apprentissage ne se faisait pas sur des fruitiers mais sur des rosiers tiges. Le principe est le même, il n'y a que les périodes qui sont différentes.

 

 

le site aujourd'hui

cour intérieure de l'époque

façade aujourd'hui

façade de l'époque

les espaces verts d'aujourd'hui

Un couple habitait à gauche du porche et s'occupait de la ferme. En effet, si les élèves travaillaient à la ferme, il subsistait des travaux, en particulier auprès des animaux qui devaient être soignés et nourris tous les jours, évidemment. Ce couple assurait donc le suivi de ces soins. D'autre part, le jardinier qui, en plus de sa mission pédagogique, entretenait le jardin ou du moins ce qui n'était pas fait par les élèves, habitait à droite du porche.

l'entrée côté ferme

Durant les deux années pendant lesquelles j'ai travaillé au jardin, le chef jardinier me donnait l'heure afin d'assurer les sonneries à la cloche de la chapelle. Je me souviens très bien que je prenais place, pour les offices, dans les bancs de droite. 

Nous fleurissions cet autel avant la messe grâce aux fleurs du jardin.

La chapelle de l'époque

Évidemment, tous les élèves, y compris ceux résidant à Angers étaient internes; nous disions pensionnaires. 

Les dortoirs

J'ai personnellement planté cette vigne vierge en façade de l'école. Elle avait recouvert la totalité de la façade en 75 ans et a été enlevée il y a 3 ou 4 ans. J'ai pu le constater moi-même aux dernières "portes ouvertes" auxquelles il m'arrive d'aller pour voir les transformations et évolutions de cette école qui fut à l'origine de ma vocation.

La vigne vierge que j'avais plantée.

cultures alternatives