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L'ÉCOLE  DE  POUILLÉ  - 

1922_Pouillé 49

Dans l’année 1921, à à peine 12 ans, il avait passé mon certificat d’études libre puis fait une année supplémentaire qui s’appelait le « cours supérieur » couronné par un diplôme « deuxième degré ».

 

année du certificat

Ensuite, en octobre 1922, à 13 ans, Papy-Louis est entré à l‘école d’agriculture de Pouillé. Ils avaient cinq mois de cours agricoles plus les matières générales égales à celles des lycées pour le brevet et les cours pratiques de menuiserie, forge et bourrellerie par des maîtres ouvriers de chaque métier. La partie théorique était dispensée à Saint Urbain, bâtiment jouxtant l'école de Mongazon à Angers. L’apprentissage était rigoureux ; à titre d’exemple, 80 ans plus tard, il pouvait encore citer de mémoire la définition de la cellule. En effet, en complément aux cours généraux, ils avaient ceux de botanique et entomologie une ou deux fois par semaine. Ils étaient enseignés par un professeur de l'école supérieure d'agriculture d'Angers : Monsieur Barberon. Lorsqu'il arrivait à l'étude, il faisait trois pas dans la classe et s'arrêtait en pointant du doigt l'un d'entre eux, posant cette question : "Untel"! "Qu'est-ce que la cellule ?" Il fallait aussitôt répondre : « La cellule est une petite masse de matière albuminoïde, composée d’une membrane, d’un protoplasme et d’un noyau et, dont le caractère distinctif est d’être perméable aux liquides et aux gaz » (Ils n'en étaient pas encore rendus aux recherches par A.D.N. mais il devait déjà s'en douter). "C'est indispensable"! Disait-il, "car la cellule est le départ de tout être ou de toute chose". Papy-Louis ne l'avait jamais oublié ..... Faites-en autant !

Urbain-Mongazon

première année 1922

De mars à octobre 1923, le programme passait par des travaux pratiques à la ferme : soins des animaux, traite des vaches (à la main bien sûr), entretien des terrains et des cultures (cours de chimie appliquée avec les premiers engrais chimiques et traitements dont celui du doryphore qui venait d’Amérique). Il ne faut pas oublier le battage des céréales avec locomobile et batteuse accompagnées d’une lieuse qui mettait la paille en bottes pour faciliter le transport et la mise en pailler.

battages

 Il y avait déjà un tracteur à la "ferme école" de St Georges-des-sept-voies où ils allaient par quatre ( à vélo ou en train après les vêpres : tramway pour rejoindre la gare et carriole à la gare d'arrivée pour rejoindre l'école lorsque ce n'était pas à pieds... ) pour une semaine, les uns après les autres. Ils en avaient vu un deuxième à la Trappe de Belle-Fontaine. Il n’y en avait pas encore un seul  dans la vallée de l’Authion car les surfaces étaient trop petites avec les spécialités de cultures maraîchères et florales pour graines. La Beauce présentant de beaucoup plus grandes surfaces n’en possédait pas non plus.  En revanche, au Canada, ils avaient déjà les premières moissonneuses–batteuses tractées Case et Ferguson. A la ferme de Saint Georges des Sept Voies, il y avait une éolienne monumentale avec, à quelques mètres, un grand bassin couvert : cette éolienne ne produisait pas d'énergie électrique, elle faisait tourner mécaniquement la pompe pour extraire l'eau du puits très profond.

De octobre 1923 à Mars 1924, le programme était identique pour les cours de deuxième année; mais après, au lieu de travailler à la ferme, Papy-Louis a demandé à être affecté au jardin où le travail lui a plu. Au lieu de reprendre la troisième année de cours agricoles, il a pu continuer l’horticulture avec son chef jardinier qu'il appréciait (un jardinier « quatre branches » comme pour l’entretien des châteaux  : légumes, fleurs, arbres et paysage ). 

 

Comme on peut le voir sur les photos, le jardin ainsi que les fruitiers se situaient à la place des espaces vert d'aujourd'hui (ces fruitiers ne faisaient pas l'objet de  cours; en effet, l'arboriculture n'était pas au programme et c'est pour cette raison que Papy-Louis a vite préféré le "jardin" à la ferme. Il devait savoir, du haut de ses treize ans que les bourgeons, les fleurs et les fruits l'emporteraient sur les légumes et les animaux).

 

 

Papy-Louis a fait dans cette école ses premières greffes en écusson qui se pratiquent en pépinières de juillet à septembre. Dans cette école, l'apprentissage ne se faisait pas sur des fruitiers mais sur des rosiers tiges. Le principe est le même, il n'y a que les périodes qui sont différentes.

 

 

le site aujourd'hui

cour intérieure de l'époque

façade aujourd'hui

façade de l'époque

les espaces verts d'aujourd'hui

Un couple habitait à gauche du porche et s'occupait de la ferme. En effet, si les élèves travaillaient à la ferme, il subsistait des travaux, en particulier auprès des animaux qui devaient être soignés et nourris tous les jours, évidemment. Ce couple assurait donc le suivi de ces soins. D'autre part, le jardinier qui, en plus de sa mission pédagogique, entretenait le jardin ou du moins ce qui n'était pas fait par les élèves, habitait à droite du porche.

l'entrée côté ferme

Durant les deux années pendant lesquelles Papy-Louis a travaillé au jardin, le chef jardinier lui donnait l'heure afin d'assurer les sonneries à la cloche de la chapelle. Il se  souvenait très bien qu'il prenait place, pour les offices, dans les bancs de droite. 

Ils fleurissaient cet autel avant la messe grâce aux fleurs du jardin.

La chapelle de l'époque

Évidemment, tous les élèves, y compris ceux résidant à Angers étaient internes; le terme était "pensionnaires". 

Les dortoirs

Papy-Louis avait personnellement planté cette vigne vierge en façade de l'école. Elle avait recouvert la totalité de la façade en 75 ans et a été enlevée vers 2000. Il avait pu le constater lui-même aux dernières "portes ouvertes" auxquelles il lui arrivait d'aller pour voir les transformations et évolutions de cette école qui fut à l'origine de sa vocation.

La vigne vierge qu'il avait plantée.

(merci à l'école de Pouillé qui a bien voulu que Papy-Louis publie les documents et photos de cette époque )

cultures alternatives